Dialogue politique national : Et ces soupçons de mangeoire ?

lundi 10 avril 2017 Politique


Tandis que la phase politique est prévue pour commencer ce mardi 11 avril, après l’étape dite de la société civile, les échos du dialogue politique national exhalent déjà des odeurs de beuverie récréative. Avec les indemnités des participants, la restauration et autres per diem pour un budget global estimé à plus de 12 milliards, certains n’hésitent plus à dénoncer un scandale financier. Surtout dans un contexte économique douloureux où les priorités semblent se situer ailleurs. Ce qui donne du grain à moudre au camp Jean Ping, qui dénonce un divertissement politique.

« Rendez-vous du manger et du boire  », le «  bal des sorciers », « dialogue du fait accompli  », etc... Les échos qui émanent du dialogue politique initié par Ali Bongo Ondimba, laissent déjà présager d’un simple rendez-vous dispendieux entre copains. C’est du moins l’avis des opposants sur ces assises. Car avec un montant de plus de 12 milliards pour quelques 30 jours seulement de discussions politiques, 12 milliards dans un contexte économique difficile, cela ne fait que renforcer les soupçons d’une bonne partie de l’opinion qui ne voit rien d’autre dans ces assises qu’une grosse mangeoire.

Une mangeoire destinée à engraisser les différents participants, surtout les facilitateurs (leaders religieux), les représentants de l’opposition et de la majorité, les responsables de panels et autres, qui devront rentrer chaque jour, et ce pendant un mois, les poches pleines d’indemnités, après avoir bien sûr fait ripaille. Un peu comme lors de la phase dite citoyenne où les différentes associations, y compris même celles qu’on montait sur le champ et qui n’avaient rien à proposer, venaient percevoir leurs per diem après des journées de présence gratuites.

D’ailleurs comment pouvait-il en être autrement dans un pays qui a la mauvaise culture du milliard pour pareil événement, et qui n’a jamais su rien organiser à moindre coût pour des rendez-vous qui pourtant n’en demandent pas autant ? Puisque même pour une simple discussion destinée à la résolution des problèmes du pays, il faut toujours dégager des sommes considérables, le plus souvent au mépris des priorités du moment. Alors que le secteur de l’éducation nationale, malgré le versement effectif des primes et vacations des années 2015 et 2016 depuis jeudi dernier, traverse une crise majeure due à l’incapacité gouvernementale à solder une bonne fois pour toutes les problèmes des enseignants, on trouve aisément 12 bons milliards à distribuer à tout vent aux participants du dialogue. 12 milliards pour seulement, tenez-vous bien, trente petits jours.

Voilà ce qui donne raison à ceux qui pensent qu’il s’agit avant tout de retrouvailles entre amis qui vont manger, boire et se divertir. Et le dialogue sans doute influencé par le pouvoir des enveloppes sous les casiers, risque de faire chou blanc et n’aboutir à rien comme tous les autres qui l’ont précédé jusqu’ici, les mêmes causes produisant les mêmes effets.


Charles Nestor NKANY

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