« Dialogue national sans exclusion et tabou » : Un spécieux prétexte !

mardi 1er septembre 2015 Politique


En recevant certains opposants lors de son séjour au Gabon, la Secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (l’OIF), Michaëlle Jean, a lancé un pavé dans la mare, battant en brèche, subtilement, les mauvais procès d’intention intentés contre le Conseil National de la Démocratie, le CND. Au-delà, des calculs politico-politiciens, le CND ne constitue-t-il pas un excellent palliatif, voire une tribune idéale de concertation et dialogue, tant réclamée par certains leaders de l’opposition ?

« Seul le dialogue national sans exclusion et sans tabou, dont la tenue doit suivre immédiatement votre visite, reste la voie la mieux indiquée pour sortir notre pays de la crise déjà perceptible », des propos tenus par Pierre Claver Maganga Moussavou lors de l’entretien accordé par la Secrétaire Générale de la Francophonie, Michaëlle Jean, aux responsables de partis politiques de l’opposition, le week-end dernier. « Le Dialogue national inclusif et sans tabou » telle est la nouvelle rengaine fredonnée en boucle par certains opposants de la place. Une revendication, de prime abord, légitime ! Mais en regardant de plus près cette ardente demande, une interrogation taraude, tout de même, les esprits des observateurs du landerneau politique. De quel dialogue parlent-ils ?

Le syndrome des conférences et accords !

Bon nombre d’acteurs politiques semblent omettre ou refusent tout simplement de comprendre que la donne a changé ! Ali Bongo Ondimba n’est pas son père ! Du coup sa gestion des crises et conflits est forcément différente. Normal, chaque être humain est unique et particulier ! L’ère des réunions, rencontres et autres séminaires, et ce, au frais du contribuable, est dépassée.

 Depuis 2009, une importante frange de l’opposition appelle à la tenue de ce « dialogue », au point qu’elle a opté pour la politique de la chaise vide, le boycott lors des dernières élections législatives. Conséquence : les portes de l’Assemblée Nationale (le cadre, physique et juridique approprié) leurs sont tout bonnement fermées. On se souvient de la levée de bouclier qu’avait suscité, en son temps, la composition de l’Assemblée Nationale. Certains avaient qualifiés, sans ambages, « la maison du peuple », d’Assemblée monocolore, pire de « caisse de résonance » de l’Exécutif. Devant les nombreuses clameurs et face à l’absence de cadre de dialogue et concertation, Ali Bongo Ondimba a dû ressusciter des « poubelles de l’histoire », le Conseil National de la Démocratie, le CND.

CND, une institution fustigée ?

Malgré la décision du Premier Magistrat du Gabon, Ali Bongo Ondimba de porter sur les fonts baptismaux, la nouvelle version du CND, l’institution ne fait pas pour autant l’unanimité. Dix des cinquante-quatre partis politiques que compte, officiellement, le Gabon tirent à boulets rouges sur l’équipe pilotée par Séraphin Ndaot Rembogo. Certains de ses pairs de l’opposition estiment « qu’il ne fait pas le poids ou tout simplement qu’il roule pour le pouvoir  ».

En fait, les pourfendeurs du CND procèdent à des jugements hâtifs, et ce, sans avoir intégrés l’institution même par simple curiosité ou par doute cartésien. En analysant froidement les arguments évoqués, il ressort qu’il ne peut y avoir de consensus sans dialogue. « Le dialogue est perçu comme condition essentielle pour pouvoir avancer vers des élections et s’assurer que de part et d’autre toutes les préoccupations soient exprimées et entendues », a affirmé Michaëlle Jean au cours de l’entretien accordé aux opposants. Comme quoi, tôt ou tard, il faut taire les égo et se parler, que cela plaise ou pas ! A bon entendeur...


YFI

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