Dialogue national : Quand l’opposition s’enflamme…

lundi 24 octobre 2016 Politique


Accusations contre accusations, dénonciations contre dénonciations, comme à sa tradition, c’est une opposition gabonaise complètement clivée qui a désormais cours sur la scène politique nationale. Et pour cause, le dialogue politique tel que souhaité par Ali Bongo Ondimba depuis le terme de la présidentielle 2016 achève de diviser Démocratie Nouvelle et l’Union Nationale, les deux grands partis ayant soutenu la candidature de Jean Ping. Si le premier a dit sa disposition à prendre par aux discussions, le second quant à lui rejette tout compromis avec Ali Bongo.

C’est à une bataille d’accusations à laquelle nous assistons désormais entre d’un côté Démocratie Nouvelle (DN), le parti de René Ndemezo’ Obiang et de l’autre l’Union Nationale (UN) de Zacharie Myboto. La pomme de discorde entre ces deux appareils qui ont soutenu sans relâche la campagne de Jean Ping se situe dans la participation au dialogue politique, voulu par Ali Bongo Ondimba, après le scrutin présidentiel du 27 août dernier. Si Ndemezo’o, ex-directeur de campagne de Jean Ping à la dernière présidentielle se montre favorable au dialogue qu’il considère comme l’unique solution de sortie de crise, Zacharie Myboto pour sa part ne l’entend pas de cette oreille. Pour le président de l’UN, il n’est pas question de dialoguer avec Ali Bongo, qui longtemps après avoir refusé tout appel au dialogue national montre subitement un engouement pour ces assises auxquelles il s’est pourtant refusé. Pour Myboto, il ne s’agit là ni plus ni moins que d’une stratégie d’Ali Bongo, qui conscient de sa défaite électorale, cherche désespérément un faire-valoir à son coup de force.

Accusations et soupçons

Ainsi les camps de Ndemezo’o et de Myboto affichent leurs différences sur la question, tout en se lançant mutuellement des vertes et des pas mures. En effet, le camp René Ndemezo qualifie désormais les actions de Jean Ping « d’aventurisme, teinté de populisme ». Mieux, le président de DN estime que le camp de l’ancien président de la commission de l’Union Africaine et autres réfractaires au dialogue, de vouloir « déclencher des actions aventureuses qui n’auront pour conséquences qu’une répression accentuée et finalement le recul, pour de très nombreuses années, des forces démocratiques ».

Le camp de Jean Ping, lui, accuse René Ndemezo’o de haute trahison. Pour les radicaux regroupés autour de l’ancien diplomate, la stratégie du président de Démocratie Nouvelle ne vise ni plus ni moins qu’à obtenir des postes dans le régime d’Ali sous le paravent d’un dialogue national. Des soupçons et accusations qui en réalité ramènent la démocratie au ras des pâquerettes dans notre pays où toute prise de position sur tel ou tel sujet vous vaut tous les noms d’oiseaux. Car si pour Jean Ping et tous ceux qui l’entourent, la solution de sortie de crise réside dans la résistance et autres déclarations enflammées, alors il leur appartient, au nom de la liberté d’expression de résister et d’attendre les résultats au terme de leur résistance.

Si le camp de René Ndemezo’o pense que seule la discussion entre fils et filles du Gabon permettra de libérer les rancœurs, et élaguer ainsi toutes les questions taboues qui nous ont conduit au drame post-électoral du 31 août dernier pour enfin asseoir définitivement une constitution et un code électoral apaisés dans la perspective de 2023 et d’autres échéances à venir, alors il leur appartient, au nom de la liberté d’opinion, d’aller discuter avec Ali Bongo pour le seul intérêt du Gabon. Voilà la logique démocratique dans laquelle devraient s’inscrire les deux camps de l’opposition. Toute autre démarche de harcèlement et de délation serait vaine et inutile.


Charles Nestor NKANY

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