Dialogue national : Des résultats à minima pour l’opposition !

lundi 29 mai 2017 Politique


Les rideaux de la grand-messe convoquée par Ali Bongo Ondimba, pour décrisper la tension sociopolitique ambiante, sont tombés. D’où la remise officielle du rapport général du dialogue national au premier Magistrat gabonais, le 26 mai dernier. Lequel dialogue laisse certains observateurs sur leur faim.

Des résultats à minima ! Voici le sentiment qui se dégage des acquis de l’opposition lors du Dialogue national. Laquelle opposition représentée entre autre par René Ndemezo’o Obiang, Pierre Claver Manganga Moussavou qui s’était fixée pour objectif d’obtenir la limitation du nombre de mandats présidentiels, la réforme des Institutions, le redécoupage électoral et tutti quanti, n’a pas ou presque eu gain de cause.

Vers une énième retouche de la Constitution !

A l’issue de plusieurs semaines de travaux, les participants proposent une nouvelle retouche de la loi fondamentale pour intégrer de nouvelles dispositions constitutionnelles voire favoriser l’état de droit. Au sujet de la limitation du nombre de mandats présidentiels, une question qui a d’ailleurs suscité une « guerre froide » entre Renée Ndemezo’o et Maganga Moussavou, les panelistes ont estimé qu’il (Ndlr : mandat présidentiel) doit demeurer de 7 ans renouvelable. Toujours au sujet du mandat présidentiel, il est désormais accessible à tout Gabonais majeur résidant ou non au Gabon. Le mandat des députés court sur cinq ans renouvelable. Idem pour celui des sénateurs.

Signalons que l’option d’augmenter le nombre de siège à l’Assemblée nationale qui compte actuellement 120 députés a été retenue, sans plus de précisions. Par contre le nombre de sénateurs de l’ordre de 99 sera revu à la baisse. Autre mandat, celui des juges constitutionnels qui passe à 9 ans, non renouvelable. Par contre le mode désignation des « 9 sages », membres de la Cour constitutionnelle, sera revu. En effet, trois d’entre eux seront désignés par le Président de la République notamment le président de l’Institution, deux par l’Assemblée nationale et un par le Sénat. Les 3 derniers membres vont êtres choisis par la Haute cour de Justice, un organe n’ayant pas encore vu le jour.

Pour ce qui est de la gestion du contentieux électoral, le pan inhérent à la présidentielle et aux législatives incombera uniquement à la Cour constitutionnelle. Dans la même foulée, le Ministère de l’Intérieur n’annoncera plus les résultats, mieux ses prérogatives dans l’organisation des élections ont considérablement été réduites. La Commission électorale nationale autonome et permanente, CENAP, tout en gardant ses attributions et missions se mue en Centre gabonais des élections, CGE, qui devra entre autres annoncer les résultats des élections. Les membres de cet organe auront un mandat de deux ans renouvelable une fois. Grosso modo, voilà ce qui ressort des tractations d’Angondjé sur la réforme des institutions et du code électoral.

L’échec de l’opposition ?

Au regard des conclusions des discussions, le camp de Jean Ping qui a caricaturalement et ironiquement qualifié les discussions d’Angondjé de « Dialogue-monologue », doit rire sous cape. D’ailleurs Jean Ping doit certainement regarder de haut René Ndemezo’o Obiang, Pierre Claver Maganga Moussavou et tous les autres acteurs de l’opposition ayant participé aux assises d’Angondjé. L’opposition qui au finish n’a pas réussi à imposer la limitation du nombre de mandat présidentiel, tel que désormais édicté un peu partout sur la planète.

Pour sa part, Pierre Claver Maganga Moussavou, président du Parti social démocrate, PSD, qui a conscience de ne pas avoir atteint les objectifs escomptés estime cependant que la configuration du microcosme politique gabonais va considérablement changer. « (…) Le peuple gabonais est suffisamment mature, nous avons mis des conditions de transparence. C’est extraordinaire que désormais le Ministère de l’Intérieur, les préfets, les gouverneurs ne soient plus parties prenantes à l’énoncé des résultats. Vous ne pouvez pas imaginer la révolution que ça représente. Il n’ y a pas beaucoup de pays au monde qui peuvent accepter de mettre un tel dispositif en place  », a déclaré Pierre Maganga Moussavou en marge de la récente remise officielle du rapport général à Ali Bongo Ondimba, avant de rajouter « Vous ne pouvez pas vouloir une chose et son contraire, renforcer la souveraineté d’un peuple et en même temps l’infantiliser en disant on limite ceci. Si le peuple ne veut pas qu’ président le soit pendant deux ou trois mandats, il décidera souverainement de les limiter ».


Yannick Franz IGOHO

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