Dialogue National : « Ce dialogue est l’occasion rêvée de discuter des sujets hors champ politique et institutionnel qui divisent la société gabonaise », d’après Brice Laccruche Alihanga

mercredi 29 mars 2017 Politique


Prenant une part active au Dialogue National qui vient de s’ouvrir, Brice Laccruche Alihanga, président de l’Association des Jeunes Emergents Volontaires (AJEV), voit dans cette rencontre la gestation d’une nouvelle configuration sociopolitique. Sans aucune langue de bois, il fonde de réels espoirs quant à l’issue des discussions. Interview.

Gaboneco (Ge) : A la tête de l’AJEV, une plateforme associative qui s’est fortement impliquée durant la dernière présidentielle, comment appréhendez-vous ce dialogue ?

Brice Laccruche Alihanga (BLA) : Dans le principe, le dialogue est une excellente chose ! L’élection présidentielle d’août 2016 a laissé des traces, les partisans des deux camps (majorité et opposition) se sont affrontés. L’heure désormais est venue de se retrouver autour d’une même table afin de rapprocher nos points de vue, estomper nos divergences. Autre point de satisfaction : la participation de la société civile à ce dialogue. C’est la condition sine qua none pour que ce dialogue ait un caractère inclusif. Cela permet non seulement de lui donner une meilleure représentativité mais également de mieux prendre en compte les différentes sensibilités, les différents points de vue présents dans la société gabonaise. C’est important !

Ge : A vous écouter la configuration et le déroulement du dialogue national vous conviennent ?

BLA : Presque ! Je pense que pour être pleinement réussi, le dialogue national ne doit pas se limiter à aborder les seules questions politiques et institutionnelles. On peut s’attendre à ce que 3 sujets monopolisent le débat institutionnel et politique à savoir : le retour ou pas à un système d’élections politiques à 2 tours, les réformes des institutions en charge de l’organisation des élections et les mandats politiques. Il faudra tout mettre sur la table, sans exclusive. Par exemple, sur les mandats politiques, il faudra aborder la question de tous les mandats politiques depuis celui de conseiller municipal, jusqu’à celui de Président de la République en passant par ceux de député ou de sénateur.

Il ne faut pas se voiler la face, il existe un risque de suspicion, comme dans le passé, que cela ne débouche que sur un partage des postes. Ce dont les Gabonais ne veulent plus. Ce dialogue est l’occasion rêvée de discuter des sujets hors champ politique et institutionnel qui divisent la société gabonaise et aggrave le divorce entre la classe politique, toute tendance confondue, d’une part, et la population gabonaise, d’autre part, qui ne voit pas son quotidien s’améliorer suffisamment.

Ge : Selon vous quels sont les sujets prioritaires à aborder durant ce dialogue ?

BLA : Un peu comme les sept plaies d’Egypte, ce sont sept fléaux qui minent la société gabonaise de l’intérieur et nuisent à sa cohésion. Ils sont à la fois économiques et sociaux à savoir une éducation à deux ou trois vitesses, un chômage des jeunes terrible, le mal-logement, l’inégalité des chances qui façonne une société du non-mérite, la fracture territoriale et enfin l’absence d’implication de la jeunesse dans les prises de décision. Ces problèmes sont de véritables défis qui nous sont lancés. Le dialogue national, qui est l’occasion de tous nous retrouver, est le lieu idéal pour discuter de tout cela, poser les problèmes et surtout trouver des solutions.


Propos recueillis par Tony Muru

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