Dépravation des moeurs : Quel avenir pour la jeunesse gabonaise ?

jeudi 28 avril 2016 Société & environnement


Une chose est d’élever la jeunesse, une autre est de l’éduquer. Donner à manger par exemple est différent de servir de modèle en inculquant des valeurs culturelles qui relèvent de notre substrat, par forcément civilisationnelles qui impliquent celles empruntées aux autres qui ne sont pas toutes bonnes et qui pour cela doivent passer au tamis avant que d’être introduites, comme c’est le cas dans la société.

Si l’écrivain et homme politique français Alain Peyrefitte écrivait « Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera », ce n’était pas seulement pour mettre en avant les richesses du sol et du sous-sol et l’usage qui pouvait en être fait, mais d’abord pour vanter le mérite du peuple chinois qui, comme son voisin japonais pour ne prendre que cet exemple en Asie, a su préserver sa culture et l’imposer à autrui. Quels ne sont pas les effets positifs de cette attitude que le Gabon n’arrive pas à copier et coller pour reprendre ce geste informatique bien connu ? Les deux pays suscités ne sont-ils pas cités parmi ceux qui sont aujourd’hui regardés comme des modèles de développement ?

Et les latins avaient-ils tort de recommander à l’Homme : « homo cognosco te ipsum », « homme, connais- toi, toi- même ! » ? C’est dire que tout être humain doit commencer par se connaître pour oser affronter avec assurance autrui, s’imprégner de ce qui fait sa force afin de s’en inspirer. Pour ce faire, il se doit de travailler à l’affirmation de soi. Or, c’est visiblement le contraire chez nous où le constat est que la jeunesse qui croit évoluer au rythme de la société, société occidentale s’entend, perd, comme on le dit, les pédales, s’illustrant beaucoup plus par des actes blâmables que par ceux qui valorisent l’homme, tels le banditisme, l’alcoolisme, le mimétisme, le manque de civisme, l’irrespect, le suivisme en ce qui concerne les mauvaises habitudes dont certaines ont pour nom : vol, viol, gangstérisme avec le phénomène « coolmondjers » durant les années 90 par exemple.

Comment entrevoir un avenir meilleur quand ceux qui sont censés l’impulser, les jeunes, font fausse route, alors qu’aujourd’hui où la mondialisation s’impose comme une véritable réalité que l’on ne peut donc occulter, les Etats sont en compétition à travers leur jeunesse qu’ils s’emploient du mieux qu’ils peuvent à instruire et moraliser surtout pour en faire des cadres imbus de patriotisme qui sauront se servir des legs des anciens et perpétuer le statut reconnu à leur pays à l’échelle internationale. Ainsi, ils continueront à dominer sur les plans politique, économique, culturel et sportif, et oui, sportif, car, sait-on par exemple qu’aux Etats- Unis, les champions proviennent des grandes écoles et universités ?

« Comme on fait son lit, on se couche ! »

Ce qui démontre qu’elle est, la jeunesse américaine, soucieuse, bénéficiant bien entendu de l’encadrement des plus grands, entendez des décideurs, du « mens sana in corpore sano », d’avoir donc une âme saine dans un corps sain. Or, l’on semble constater le contraire chez nous où cette jeunesse que l’ancien président Omar Bongo Ondimba qualifiait de sacrée est presque vouée aux gémonies, délaissée qu’elle semble être, même si l’on affirme dans les milieux les plus huppés qu’on lui prépare un avenir radieux. Du coup, observe-t-on des déviances dans les comportements qui vont de la débauche à la déperdition dans les études dans un pays où l’on clame pourtant haut et fort que l’on a l’un des taux de scolarité les plus élevés du continent. A cette allure qui laisse les jeunes presque face à leur destin, les parents, enseignants et autorités ayant dans la plupart des cas démissionnés, que penser de « l’avenir en confiance » et des lendemains ? Surtout devant le quotidien fait de paupérisation aussi bien au niveau financier, matériel qu’intellectuel de ceux qui sont sensés jouer le rôle de locomotive…

Le risque est qu’alors que les autres pays amorcent le développement en mettant au-devant de la scène l’homme, le citoyen, pour corroborer l’idée du scientifique américain « il n’est de richesse que d’homme », travaillant à la socialisation de l’être qui passe par une valorisation de son statut, l’on en est encore ici à se complaire des ratés dans l’éducation du gabonais de demain qui parfois, parce qu’il manque de repères et d’idéal, se lance dans les travers les plus décevants au point de se constituer à notre grande déception loque, ne manifestant que très peu d’intérêt pour le respect du drapeau, malgré la réinstauration de l’instruction civique dans les établissements où ceux qui sont chargés de l’enseigner ne brillent pas par des comportements « haut de gamme », pour celui des personnes âgées auxquels l’on n’ose pas céder le siège comme au bon vieux temps lorsqu’elles se tiennent debout dans une embarcation tout à côté de jeunes assis fièrement dans leur fauteuil, pour leurs parents diminués pour certains par les souffrances découlant des inégalités sociales et/ ou du chômage ambiant les écartant des pôles de décision.

Il y a des moments où l’on est tenté de paraphraser l’écrivaine camerounaise Callixte Beyala en nous exclamant : « et si le Gabon refusait le développement ! »


Dounguenzolou

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