Dépôt du rapport de l’UE : Finie la guerre !

mardi 13 décembre 2016 Politique


Au cœur de tous les fantasmes politiques entre les camps Jean Ping et Ali Bongo Ondimba, depuis le terme de la dernière présidentielle, le rapport final des observateurs de l’Union européenne est finalement tombé hier lundi 12 décembre 2016. Ce qui logiquement devrait mettre un terme définitif à la longue bataille électorale vainement entretenue, autour dudit rapport comme si le destin politique de certains acteurs en dépendait largement.

Ce devrait être le dernier acte de la bataille présidentielle qui oppose Ali Bongo Ondimba à son ex-beau-frère, Jean Ping, depuis le terme du scrutin présidentiel du 27 août dernier. Objet de tous les fantasmes, et plusieurs fois différé, le rapport définitif de la mission d’observation électorale de l’Union Européenne (MOE-UE) sur le scrutin présidentiel du 27 août dernier, est finalement tombé hier lundi 12 décembre courant. Et comme on s’y attendait déjà, derrière l’euphémisme diplomatique" ces anomalies mettent en question l’intégrité du résultat final de l’élection", c’est un vrai réquisitoire, sans concession que les observateurs de l’Union Européenne adressent contre la réélection d’Ali Bongo Ondimba.

Une réélection qui pour la mission de l’UE ne reflète pas la réalité du scrutin tel qu’observé par ses 70 observateurs déployés à travers certaines circonscriptions électorales. Concrètement, les observateurs pointent un doigt accusateur sur le système"opaque" qui a régi toute la consolidation des résultats de l’élection. Surtout ceux de la province du Haut-Ogooué, fief natal d’Ali Bongo, à l’origine de cette réélection controversée. « Le nombre d’abstentions et des bulletins blancs et nuls dans une seule des 15 commissions électorales locales de cette province est supérieur à celles annoncées par l’ensemble des 15 commissions électorales locales de la province ». Un constat, qui selon ledit rapport « remet en question l’intégrité des résultats de la province », peut-on lire dans ledit rapport. Un rapport qui ne surprend nullement, car quelques jours seulement après le scrutin, la Chef de la mission d’observation de l’UE, Mariya Gabriel avait déjà regretté d’ « évidentes anomalies » des résultats de la province du Haut-Ogooué, à l’origine de la réélection de l’actuel Chef de l’Etat.

Et maintenant ?

La réponse à cette question rejoint quelque peu les recommandations formulées par la mission de l’UE, qui regrette une forte mainmise du pouvoir gabonais sur les instances chargées de l’organisation des élections. Il s’agit alors de la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP) et de la Cour constitutionnelle, deux organes dont les responsables sont des magistrats directement nommés par le Président de la République, par ailleurs président du Conseil Supérieur de la Magistrature. Ce qui ne garantit pas l’indépendance desdites instances.

Des recommandations qui posent de facto, s’il en était encore besoin, la question du dialogue politique national, l’objectif étant de remettre à plat toute la législation électorale en vigueur au Gabon. Notamment sur les questions d’élection à deux tours, la limitation à deux du nombre des mandats présidentiels, le mode de désignation des présidents de la CENAP et de la Cour constitutionnelle. On pourra par exemple les choisir dans les milieux ecclésiastiques, en les faisant assister d’experts techniques. Cela permettra d’assurer leur indépendance vis-à-vis du pouvoir politique. Globalement c’est un rapport qui devrait mettre un terme définitif à une élection présidentielle à tout point de vue chaotique.

Car s’il est vrai que les observateurs de l’UE se montrent très critiques sur l’opacité ayant conduit à la réélection d’Ali Bongo, ils ne disposent d’aucun pouvoir de sanctions politiques. Tout dépendra désormais de l’attitude de chaque pays membre de l’UE, surtout de la France, mais au regard des intérêts en jeu, il ne faudrait pas s’attendre à un coup d’éclat de la tutelle coloniale qui a déjà pris acte des faits. Alors finis les fantasmes, le dernier acte du chapitre électoral étant désormais joué.


Charles Nestor NKANY

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