Edito : Démocratisons !

lundi 30 mai 2016 Speciales


D’aucuns parmi les hommes politiques gabonais n’ont pas encore compris que signifie « la Démocratie ». Définie par le politique américain Abraham Lincoln comme « le Gouvernement du peuple par le peuple », ce modèle de gouvernance tarde à s’enraciner dans notre pays, faute d’acteurs volontaires et capables de s’y adapter. D’où l’appel formulé avec insistance par les populations en faveur de la démocratisation de la société en proie aux humeurs des politiques.

Que de titres d’articles ou d’œuvres, traitant de l’effet zéro de nos textes de loi sans cesse bafoués. C’est à croire que le temps mis par le législateur pour doter notre pays d’une batterie de mesures devant non seulement mettre tous les citoyens sur le même pied d’égalité, mais aussi permettre à chacun de tirer profit de ses capacités intellectuelles, morales et physiques, est de nul et de nul effet.

Pourquoi mettre sur pied des organes compétents chargés de veiller à asseoir la culture démocratique si l’on n’est pas prêt à adopter le comportement qui sied à celle-ci ? Autant, l’on peut reprocher à l’opposition certains égarements, autant le pouvoir faiblit en se conduisant comme s’il n’avait pas le contrôle des situations. A quoi lui sert-il de répondre à toutes les attaques, même les plus anodines ? Pourquoi donner du grain à moudre à l’adversaire, surtout lorsque l’on sait sa posture, un ancien camarade passé de l’autre côté pour, à juste titre, vous rappeler qu’il s’agit désormais de gérer autrement ?

Le Professeur Pierre-André Kombila-Koumba, ancien ministre de feu Omar Bongo Ondimba, l’ex- chef du gouvernement sous le magistère de son successeur, Raymond Ndong-Sima, Alfred Nguia Banda, j’en passe, font partie de ces gabonais qui ont osé critiquer la gouvernance actuelle en proposant des pistes de solutions pour guérir des maux multiples qui minent la santé du pays. C’est qu’ils se conduisent parfois comme des personnalités qui s’opposent, parfois comme celles qui proposent.

Qu’attendre de mieux, si ce n’est tenter lorsqu’on est aux affaires de s’essayer dans les genres que ces illustres fils de la République proposent ? Un proverbe africain nous apprend que tant va la cruche à l’eau qu’elle finit par se casser. Comme pour nous signifier qu’à force d’accumuler des erreurs, on finit par le payer par des catastrophes criardes.

Le pays n’est la chasse-gardé de personne, mais plutôt l’espace où doivent vivre en harmonie et en paix tous les fils de la contrée dans le respect des uns et des autres qui ont chacun besoin d’un minimum de dignité, c’est en cela qu’ils sont appelés citoyens. Ne pas le leur accorder ou reconnaître devient un parjure. Que l’on soit donc de l’opposition ne devrait pas vouloir dire que l’on est un sous-homme, surtout lorsque l’on aspire à imprimer sa marque et à diriger le pays.

Démocratiser, qu’est- ce à dire ?

Cela mérite bien que l’on soit pris au sérieux et non que l’on soit tourné en dérision, comme si la vérité n’était l’apanage que d’un groupe d’individus. D’ailleurs, les déboires connus dans la gestion d’un pays ne sont-ils pas là pour nous le rappeler ? Au-delà des querelles politiciennes dans lesquelles les populations ne comprennent parfois rien ou ont du mal à comprendre quelque chose, il faut considérer la gouvernance d’un Etat comme un sacerdoce que si l’on n’est pas prêt à remplir, on abandonne courageusement, le peuple vous le revaudra toujours. Car c’est pour lui que l’on travaille et non pour soi- même comme hélas, cela se vit souvent.

D’aucuns se posent une foule de questions depuis que l’on est presque entré dans la période préélectorale au sujet des dispositions prises par les autorités afin de nous garantir une présidentielle apaisée, juste et crédible aux yeux des communautés nationale et internationale. Ces derniers partent de rumeurs faisant par exemple état de la délocalisation de certains organes chargés de centraliser les opérations de vote. Si cela était prouvé, à quoi cela pourrait-il rimer dans un environnement où l’on recherche avec insistance une nouvelle manière d’entreprendre peut-être avec les mêmes hommes, mais autrement nécessairement pour que le peuple y trouve enfin son compte ?

Là n’est pas la préoccupation à proprement parler du moment, celle qui fait et refait surface ces temps derniers étant la déviation langagière des acteurs politiques tous bords confondus, alors que les populations attendent du pouvoir qui vient de gérer le pays sept ans durant qu’il vienne justifier sa gestion en dressant un bilan sur lequel elles le jugeront et de l’opposition qu’elle nous fasse des propositions à travers un projet de société crédible qui pourrait à nouveau redonner du rêve aux gabonais affaiblis pour la plupart, allez à Port-Gentil pour le comprendre, par le spleen qui s’empare d’elles, eu égard au fait qu’elles soient, pour les travailleuses, en train de vivre le calvaire en perdant leur emploi, leur raison de vivre.

Ce que les Gabonais devaient le plus attendre des hommes politiques, ce ne sont pas les beaux et mielleux discours, mais l’affirmation d’une volonté de réaliser les promesses tournant autour des questions essentielles que sont celles de l’emploi, de la santé, de l’éducation, du logement, … Combien parmi les candidats sont convaincus d’être ceux par qui le bien du peuple se fera réalité ?


Dounguenzolou

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