Démocratie : Les libertés individuelles bafouées au Gabon ?

lundi 10 décembre 2018 Politique


Tous les Hommes sont par nature libres et égaux, nous rappelle le principe du droit fondamental. Pourtant au Gabon, ce principe semble être piétiné. De 90 points l’an passé, les libertés individuelles ont fait un bon de 5 points cette année dans le dernier rapport de Legatum Prosperiy, publié il y a quelques jours. Ce rapport masque un mal commun à l’ensemble des composantes de la population. De fait, les libertés individuelles se présente comme le maillon faible de la ‘’Démocratie’’ gabonaise.

L’article 4 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1789 confère aux Hommes, la pleine mesure de jouir de leur liberté dans le respect toutefois des libertés de l’autre. Le Gabon, signataire des conventions internationales depuis les indépendances, fait profiter à ses citoyens, le cadre normatif de cette règle de droit. Pourtant parsemé d’embuches au regard des tensions politico-sociales nées des contestations postélectorales (Ndlr : la dernière présidentielle) et des abus de pouvoir en direction des personnes vulnérables qui ont entachées l’histoire du Gabon, l’expression des libertés qu’elle soit collectives ou individuelles n’a jamais été un long fleuve tranquille où, à l’exemple d’autre cieux, les citoyens Gabonais peuvent se prévaloir de jouir en tout temps de ces droits-libertés qui ont souvent fasciné les ‘’arrivées’’ de la classe sociale, réconfortée par le confort économique et social.

Sous la colère de la rue qui au sortir des différentes élections présidentielles du nouveau siècle a souvent manifesté son mécontentement face à la fraude manifeste durant les différents scrutins présidentiels qui ont poussé le pays vers le chao, les libertés individuelles et collectives ont été éprouvées par une prétendue « démocratie » qui a levé l’équivoque sur une notion longtemps entretenu. Les cas des échauffements sociaux nés des irrégularités de la présidentielle de 2005, les conflits post-électoraux de 2009 et 2016 à l’issue desquels, l’actuel Président de la République, Ali Bongo Ondimba, avait été donné vainqueur montrent quelques égarement qui remettent en cause l’idée de ces libertés au Gabon et pour les gabonais en tant que ‘’Homme’’ et ‘’Citoyen’’.

De 90 points, il y a seulement un an, les libertés individuelles, bien que légèrement en nette amélioration dans le dernier rapport de Legatum Prosperiy, publié il y a quelques jours, sont symptomatiques d’une démocratie à deux vitesses pour ne pas dire le maillon faible de la bonne gouvernance gabonaise. Et, cette décroissance est symbolique d’un mal bien plus profond.

La part moins belle à la liberté d’expression ?

La liberté d’expression est un corpus du droit fondamental constitué par l’ensemble des libertés qui permettent à l’homme en tant qu’individu d’agir sans être inquiété sous conditions, toutefois limité. Ce corpus étendu à une série de comportement prend en compte, les libertés d’expression, de conscience, de religion, d’opinion, de pensée, de circulation et bien d’autres reconnues par le droit et garanti par la démocratie. Si au Gabon, le respect d’une liberté peut-être à l’opposé de l’autre du fait des contraintes qu’implique l’émancipation de ces libertés, la liberté d’expression se présente souvent comme le parent sacrifié des libertés individuelles. Les statistiques de Legatum Prosperiy et le cri-d’alerte incessant de Reporter sans frontière (RSF) témoigne de l’érosion de ce maillon important de la démocratie au détriment d’une légitimité constitutionnelle.

En effet, la constitution gabonaise comme le droit international d’ailleurs, garantissent à l’individu, « la liberté de conscience, de pensée, d’opinion, d’expression, de communication, la libre pratique de la religion (…) sous réserve du respect de l’ordre public ». Les répréhensions de la force publique en direction des manifestations, et ‘’la chasse aux sorcières’’ voilée, livrée dans le plus grand secret par cette même force publique contre une catégorie de citoyens hostiles au système politique en place, maquillé par des mobiles peu pertinent de ‘’violation des lois en vigueur’’ tendent à remettre en cause l’expression de ces libertés. Pour contourner ce bâillonnement verbal, le citoyen s’offre un terrain de jeu plus paisible.

Les réseaux sociaux, lieu d’expression individuelle

Pour contourner ces manques au respect des libertés individuelles et collectives, les citoyens se sont vu obligé de transposer la ‘’démocratie participative physique’’ à une ‘’démocratie participative virtuelle’’ qui a pour terrain d’émancipation de la pensée, les réseaux sociaux notamment Facebook et WhatsApp. Sur ces deux plateformes, avec une certaines dextérité certains citoyens se livrent à la pratique d’une liberté d’expression aux antipodes de ce que recommande la loi avec un élargissement du débat sur des questions difficilement discutables dans la vie courante.

Muette sur l’existence de ces nouveaux lieux d’échange, le droit ou du moins la constitution assiste avec faiblesse à son émancipation quand bien l’expression de ces libertés est une entorse à la liberté d’opinion, au respect de la vie privé, au droit à l’image et au respect de la dignité de la personne, des droits qui limitent l’expression des libertés individuelles. Jusqu’où ira cette liberté ? C’est peut-être la question que l’on peut se poser quand on constate ses errements.


Michaël Moukouangui Moukala

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