De l’UPG à l’ACR : La fin des haricots !

mercredi 19 octobre 2016 Politique


Ecartelée entre plusieurs factions rivales depuis la disparition en 2011 de son leader naturel, Pierre Mamboundou, l’Union du peuple gabonais (UPG) vient de rendre définitivement son dernier soupir. Et pour cause, la sortie de Bruno Ben Moubamba à l’assaut d’un poste dans le Gouvernement Issoze-Ngondet et la mutation de son morceau UPG en Alliance pour le Changement et le Renouveau (ACR) auront suffi pour donner un coup fatal au parti de Mamboundou en proie à une guerre des chapelles. C’est la fin de tout…

La fin de tout, est-on tenté de dire de l’Union du Peuple Gabonais (UPG), mais aussi de Bruno Ben Moubamba comme opposant. En effet, connu pour son activisme acharné en France contre le régime Bongo, Ben Moubamba a été repéré par bon nombre d’opposants gabonais comme une véritable étoile filante à courtiser. Parachuté à l’UPG comme un vrai militant opposé au régime Bongo, et après la mort de Pierre Mamboundou, le nouvel arrivant ne tardera pas à livrer une bataille sans merci contre les anciens, Thomas Ibinga, Mathieu Nziengui Mboumba, etc...Une bataille qui visait essentiellement le contrôle de l’Union du Peuple Gabonais. Le parti des cravates rouges part ainsi en lambeaux entre plusieurs factions rivales qui ne se regardent désormais qu’en vrais ennemis.

Naissent alors l’UPG Légaliste de Dieudonné Moukagni Iwangou, Loyaliste de Bruno Ben Moubamba, d’Awendje de Mathieu Nziengui Mboumba et l’aile de Thomas Ibinga. Au total quatre chapelles politiques dans un même parti. S’ensuit une bataille entre les chapelles au tribunal pour la reconnaissance juridique. Bataille remportée par l’aile d’Awendje pilotée par Mathieu Nziengui Mboumba. Avec l’entrée au Gouvernement Ona Ondo III de Nzieungui Mboumba, au poste de Ministre de l’Agriculture, chargé du programme Graine, les antagonismes reprennent de plus belle entre les factions, allant jusqu’aux affrontements physiques. C’est le cas de la bagarre de Ndendé pendant la campagne électorale écoulée entre les partisans de Bruno Ben Moubamba et ceux de Mathieu Nziengui Mboumba, les premiers accusant les seconds d’avoir vendu le parti en soutenant la candidature d’Ali Bongo Ondimba.

Quid de l’ACR de Moubamba ?

Drôle d’histoire que ce soit Moubamba qui accusait en août dernier Nziengui Mboumba de traîtrise et de collusion avec Ali Bongo, qui se retrouve quelques semaines plus tard dans le premier Gouvernement postélectoral. C’est pourquoi, de peur d’être accusé à son tour de traîtrise, l’ancien gréviste de la faim a préféré créer, sur les cendres de son UPG loyaliste, l’Alliance pour le Changement et le Renouveau. Et c’est désormais sous ce label politique qu’il entend prendre part à toutes sortes de marchandages politiques puisque les partis politiques au Gabon deviennent de véritables mangeoires pour leurs fondateurs, y compris même pour ceux qui ne pèsent que 0% sur l’échiquier politique national.

Mais si Bruno Ben Moubamba a accepté le compromis avec le régime Bongo qu’il a toujours combattu comme étant un des plus diaboliques au monde, et créé ainsi l’ACR, l’objectif étant d’effacer toute trace de traîtrise, l’ancien opposant signe là la fin des haricots. La fin de l’UPG de Pierre Mamboundou qui n’est plus que l’ombre d’elle-même, la fin de sa propre carrière d’opposant, et par delà même de son ACR nouvellement créée, puisqu’il ne sera désormais regardé que comme un profito-situationniste à l’assaut des prébendes.


Charles Nestor NKANY

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