Cycle de grèves à l’université Omar Bongo : vers un bicéphalisme affiché au sein du bureau de la mutuelle

samedi 19 décembre 2015 Société & environnement


La mise en place par les autorités rectorales d’un bureau de la mutuelle estudiantine, afin de regrouper tous les étudiants au sein d’une organisation légalement constitué fin 2014 n’a pas réussi à éradiquer l’émergence des factions d’étudiants, enclins aux grèves continuelles dans ce « temple de savoir ». Au contraire elle n’a fait que les favoriser. Deux bureaux successifs en une année, les rivalités entre présidents estudiantins s’accentuent à la vitesse du désordre.

Depuis plus de 20 ans, il faut bien en convenir, les grèves sont cycliques à l’université Omar Bongo. Chaque année, on enregistre une moyenne de l’ordre de 2 à 3 grèves, perturbant ainsi le déroulement normal du calendrier académique. Et ce, alors même que les textes prévoient que pour qu’un semestre soit validé il faut 13 semaines de cours ininterrompus. Ce qui pose un problème dans l’achèvement des programmes, et rend ainsi problématique la validité de la formation reçue par les apprenants.

Et même si certaines grèves peuvent être jugées légitimes au regard de nombreux problèmes inhérents au fonctionnement de l’institution, d’autres sont parfois taxées d’inopportunes par manque de mobiles valables qui les justifient. Et la dernière sortie des étudiants en début de semaine pourrait être rangée dans ce dernier registre, même si les responsabilités peuvent être situées de part et d’autres.

Une grève aux relents conflictuels entre l’ancien et le nouveau bureau de la mutuelle

Il n’est plus un secret pour personne que depuis le début de cette nouvelle année 2015-2016, la faction menée par Nicolas Ondo Obame (groupe de la mutuelle dissoute) passe d’amphi en amphi pour tenter de rallier à sa cause un certain nombre d’étudiants prêts à aller « au front », présentant le nouveau bureau conduit par Makaya, dont il conteste la légitimité parce qu’agissant comme des sbires à la solde des autorités rectorales. A y regarder de près, il s’agit plutôt d’une crise née du limogeage par l’administration rectorale au milieu de l’année en cours, du bureau de la mutuelle mise en place en 2014. Nicolas Ondo n’a toujours pas digéré cette éviction qu’il présente comme une manœuvre du recteur pour le bâillonner et l’élection en juin dernier d’un nouveau bureau est pour lui un affront qu’il ne peut pas permettre, car lui seul demeure le président légitime des étudiants.

 Même si la revendication principale mise en avant par les grévistes reste le passage sélectif aux cycles master et doctoral, revendication somme toute légitime dans la mesure où les responsables de l’institution ont manqué de communication et de sensibilisation sur la décision contestée.

12/20 comme moyenne conditionnant le passage de la licence aux cycles supérieurs, la décision parait justifiée, surtout qu’on enregistre une baisse quasi généralisée du niveau des apprenants dans notre pays. Et à l’heure de la compétitivité intellectuelle, l’université Omar Bongo étant ouverte à l’universalité du savoir ne peut plus s’accommoder des oripeaux et autres orgies médiocres de l’à peu près, et de l’approximatif.

Quid de la réaction des autorités rectorales

Suite à la démarche du groupe déchu de Nicolas Ondo, l’administration rectorale a publié, en novembre dernier un communiqué dans lequel il accuse ce dernier qui n’a plus « qualité à agir au nom des étudiants » de recruter des gens ‘’au quartier’’, afin dit-elle de « perturber les activités académiques et pédagogiques au sein du campus ». Au regard de tout ce désordre, « le conseil rectoral, engagé à accompagner l’œuvre de redressement moral de l’Institution (…) réitère (…) sa détermination à éradiquer les germes de la chienlit que tentent désespérément de disséminer la « bande des six » », qui fait déjà l’objet d’une procédure disciplinaire dans les deux facultés que compte l’UOB. « C’est pourquoi, attaché aux valeurs de compétitivité et d’excellence, gage de crédibilité dans un univers académique national et international de plus en plus concurrentiel et exigeant, le conseil rectoral réaffirme son attachement au principe de la sélection comme modalité d’accès aux cycles supérieurs (Master, Doctorat) ». Allusion faite explicitement au maintien des 12 de moyenne comme condition d’accès aux cycles supérieurs.


CNN

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