Crise post-électorale : Entre guerre des portraits et résurrection des vieux démons !

mercredi 6 juin 2018 Politique


Alors qu’on croyait la hache de guerre définitivement enterrée entre Jean Ping et Ali Bongo, les vieux démons entre les deux hommes, jadis beaux-frères devenus ennemis irréconciliables dans leur course pour le pouvoir, connaissent une résurrection fracassante depuis quelques jours. A l’origine de l’escalade, le saccage de l’Ambassade du Gabon en France par les jusqu’au boutistes de Jean Ping. Non sans profaner, dans leur rage de résistants, le portrait d’Ali Bongo en bonne place dans les locaux. Réponse du berger à la bergère, à Libreville, les partisans du pouvoir ont arraché le poster géant de l’opposant qui culminait à sa résidence des Charbonnages.

Jusqu’où peut aller la rivalité post-présidentielle entre Jean Ping et Ali Bongo Ondimba ? Jusqu’où les partisans de Jean Ping sont-il prêts à aller pour récupérer une victoire reléguée peu à peu aux oubliettes ? Comment la diaspora pro-Ping, consciente de l’impossibilité désormais de son leader de récupérer sa « victoire volée », choisit-elle de revenir à la charge avec une action aussi brutale que médiatique ? Au fond, les « résistants » de Jean Ping comme on les appelle désormais, sont conscients que les ambitions présidentielles ça en est fini pour l’ancien président de la commission de l’Union africaine. Et le silence absolu de l’intéressé devant les départs chaque jour des siens qui rallient le camp du pouvoir au gré des prébendes en dit long.

Après avoir clamé partout, et à qui voulait l’entendre qu’il mettrait en branle son « plan B » pour renverser Ali Bongo, et « restaurer le vote » des populations, Jean Ping a échoué dans tous les ultimatums proférés en direction d’un pouvoir aussi autiste que sa détermination infructueuse. Devant ce constat amer d’un impossible avènement au pouvoir de leur leader, mais surtout l’essoufflement et le silence de l’opposition radicale face au grossissement du camp au pouvoir, le partisans de l’homme en France, du moins, les irréductibles cherchent désormais à marquer les esprits. Il faut poser des actions qui ravivent la crise pour permettre à Jean Ping de sortir du bois en se remettant au devant de la scène. Sauf qu’une attaque d’un symbole de souveraineté comme une Ambassade à l’étranger ne peut passer inaperçue et provoque l’ire de Libreville qui ne cautionne pas la dérive et le délire contestataire des pro Ping. C’est dire que l’étouffement du désespoir des résistants est aujourd’hui palpable à travers des actions comme celle-là.

Quand Libreville se salit les mains…

Comme il est dans l’ADN du pouvoir de Libreville de répondre à tous les opprobres par les opprobres, « les partisans du palais » n’ont pas hésité à déchirer et arracher le poster de Jean Ping, qui trônait au sommet de sa résidence des Charbonnages en guise d’enseigne politique : « Jean Ping, Président ». Comme un trophée de guerre, la manœuvre a été mise en scène par ses exécutants comme l’ont fait les fanatiques de Ping à Paris. Pour certains, avec cette violation manifeste de domicile et cette riposte ostentatoire, le pouvoir est tombé si bas que la diaspora pro Ping en se salissant les mains dans une démonstration qui n’avait pas lieu d’être. Puisqu’après tout, c’est Ali Bongo Ondimba qui tient les manettes du jeu politique au Gabon, et que ses jurés n’avaient plus besoin de tomber ainsi dans le piège des partisans de Jean Ping qui, dans l’aveuglement de leur désespoir, ont adopté la logique du pourrissement à tout prix.

C’est donc cette réponse du berger à la bergère, qui fait désormais craindre la reprise des hostilités dont nul ne peut, pour l’heure, prévoir les conséquences. Surtout dans la perspective des législatives qui devront redéfinir les rapports de forces politiques au parlement pour la présidentielle de 2023. Une échéance à laquelle, Jean Ping risque d’être, cette fois hors du jeu de l’opposition.


Leno KOLEBA

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