Crise post-électorale : Possible dégel des relations entre Ping et Ali ?

jeudi 1er juin 2017 Politique


L’éventualité d’une « paix des braves » entre Jean Ping et Ali Bongo Ondimba, principaux rivaux à la dernière présidentielle, est de plus en plus agitée çà et là. Tandis que certains politiques et pas des moindres appellent à la tenue d’un « troisième dialogue », (Ndlr : après celui de Jean Ping et le récent d’Ali Bongo), d’autres, par contre, sont d’avis qu’il s’agit d’un simple coup de pub. Toutefois, l’une des pistes de sortie de crise passe inévitablement par cet échange entre celui qui est assis sur le fauteuil présidentiel et l’autre qui se réclame être le Président élu du Gabon.

Tout le monde est unanime : le Gabon traverse une crise tous azimuts sans précédent ! Laquelle crise est exacerbée par les résultats du denier scrutin électoral avec d’un côté Jean Ping qui continue de revendiquer sa victoire et de l’autre Ali Bongo Ondimba en exercice. C’est donc, comme le mentionne bon nombre d’analystes, le combat de la légitimité contre la légalité. A cela s’ajoute la mauvaise passe économique résultant de la dégringolade du cours du baril de pétrole. Un véritable cocktail Molotov ! Pendant ce temps, le peuple subit quotidiennement les affres de cette crise multiforme, au point que la rengaine : « le pays va mal » est prononcée par toutes les lèvres ou presque.

Une médiation souterraine ?

Face à l’enlisement dans lequel se trouve le Gabon, plusieurs acteurs politiques sortent du bois et appellent Ali Bongo et Jean Ping à dépasser leur égo. Premier à avoir clairement défendu cette position, Me Louis-Gaston Mayila, de l’UPNR qui en s’appuyant sur le contexte de 1994, a ressorti l’appel à « la paix des braves », comme l’avait fait en son temps feu Pierre-Louis Agondjo Okawé. Une position qui a suscité moult railleries en raison des nombreux revirements de l’avocat-politicien, et ce, depuis l’ère Omar Bongo Ondimba.

Le 26 mai dernier à la Chambre de commerce de Libreville, après avoir longuement épilogué sur l’actuel contexte sociopolitique, des plus tendus, Casimir Oyé Mba, l’un des candidats à la dernière présidentielle s’étant rétracté au profit de Jean Ping, a lancé à la surprise générale : « (…) A l’évidence, ils interpellent d’abord M. Ali Bongo et M. Jean Ping. Ce sont en effet les deux protagonistes de la crise actuelle ». Ce dernier de rajouter : « Les Gabonais regardent AIi et Ping. C’est à eux de donner le LA. C’est à eux de prononcer les mots, de faire les gestes, de poser les actes qui enclencheront dans les esprits le processus de l’apaisement et de la sortie de crise. ». S’ensuivra notamment du côté de l’opposition dite radicale une volée de bois verts, au point que certains ont affirmé urbi orbi que Casimir Oyé Mba est en quête de privilèges.

Et de trois avec le patron des « Démocrates », Guy Nzouba Ndama qui dans une récente interview publiée sur le site Gabonreview, a déclaré : « (…) J’affirme que le pays est bloqué, le gouvernement est obligé de recourir aux emprunts obligataires pour payer les salaires des fonctionnaires, le gouvernement est obligé de créer des taxes pour faire entrer de l’argent dans les caisses de l’État. Mais, les entreprises répercutent ces taxes-là sur les prix des produits de consommation courante. Devant cette situation, je dis qu’il faut que la coalition et le pouvoir puissent se rencontrer pour discuter des problèmes du Gabon. Nos personnes sont en dessous des intérêts supérieurs du Gabon ».

L’histoire nous enseigne que sous nos cieux, lorsqu’une idée est agitée avec par plusieurs vieux briscards de la politique, c’est que des accords voire pactes souterrains ont été passés nuitamment, avant d’être portés sur la place publique. On est donc tenté de croire qu’Ali Bongo et Jean Ping sont en passe de fumer le calumet de la paix.

Le oui, mais…

Ces deux acteurs sauront-ils revoir leur copie ? Voici la question qui taraude l’esprit de nombreuses personnes. Surtout quand on connaît le déterminisme, mieux, le côté idée-fixe de l’un et de l’autre. Deux protagonistes, aujourd’hui, « pris en otage » par leur propre entourage. C’est pourquoi, le recours à un médiateur neutre est de plus en plus plausible. Serait-ce Alpha Condé, Président en exercice de l’Union Africaine où le jeune Emmanuel Macron qui vient de prendre les commandes de la France ? L’avenir nous le dira.

Dans tous les cas, tôt ou tard qu’ils le veuillent ou non Jean Ping et Ali Bongo seront obligés de dialoguer pour ramener l’accalmie dans le pays. La maxime philosophique ne nous enseigne-t-elle pas que « du débat jaillit la lumière » ?


Yannick Franz IGOHO

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