Crise post-électorale : L’opposition sur un nouveau front

samedi 28 janvier 2017 Politique


La bataille est menée cette fois devant les institutions européennes par Séraphin Moundounga, ancien puissant ministre d’Ali Bongo, qui a quitté la barque du pouvoir en pleine tourmente postélectorale. Pour cet ancien enfant du sérail devenu opposant en l’honneur de Jean Ping, l’Union européenne doit prendre de sanctions ciblées, afin de punir Ali Bongo Ondimba pour son "élection volée" au risque de voir les jeunes gabonais devenir des terroristes. La guerre post-présidentielle est donc loin d’avoir livré son épilogue.

Jusqu’où ira le bras de fer entre les pros Ping et Ali Bongo dans cette bataille post-présidentielle ? Question apparemment difficile surtout pour une bataille aussi riche en rebondissements. Rebondissements de la part de l’opposition regroupée autour de Jean Ping, qui refuse d’abdiquer devant le fait accompli de l’investiture d’Ali Bongo Ondimba au pouvoir pour ce deuxième mandat âprement controversé. Et cela d’autant plus que l’ancien président de la commission de l’Union africaine lui-même avait comme pour slogan de campagne ‘’J’irai jusqu’au bout’’, sans pour autant indiquer clairement ce bout.

C’est le bout de la contestation, même si jusque-là l’opposant n’a pas encore posé d’acte concret qui participe réellement de la prise du pouvoir, qu’il continue à revendiquer, eu égard au chaos et au doute qui ont entouré la dernière présidentielle. Jusqu’au bout c’est aussi l’objectif que Séraphin Moundounga, un transfuge du pouvoir actuellement en asile politique en Europe, qui a retourné sa veste contre son ancien maître, Ali Bongo qu’il jure désormais de punir avec la dernière énergie pour avoir, dit-il usurpé la victoire de son nouveau patron, Jean Ping.

Après avoir affirmée urbi et orbi qu’il détenait les preuves irréfutables de la défaite de l’actuel locataire du palais du bord de mer, Séraphin Moundounga est désormais à la tête d’un groupe d’opposants en Belgique, capitale européenne où ils tentent de faire pression sur le parlement européen, afin qu’il prenne des sanctions ciblées contre le pouvoir d’Ali Bongo.

Ils comptent pour cela sur la prochaine session parlementaire européenne qui devrait se tenir à Strasbourg en janvier courant. Logiquement il s’agit d’une stratégie de l’opposition pro Ping qui préfère prendre les devant auprès des institutions européennes, surtout après l’échec d’une résolution commune contre le pouvoir du Gabon, lors de l’Assemblée paritaire ACP-UE de Nairobi en décembre dernier.

On comprend donc la mobilisation de l’opposition, qui craint que les Européens ne parviennent pas, une fois de plus à se mettre d’accord pour sanctionner Ali Bongo. Ce qui serait en quelque sorte un camouflet et donc un revers de la communauté internationale, qui se serait certainement résolu à la realpolitik en cours dans le pays.

C’est donc un enjeu majeur pour l’opposition qui espère au moins une victoire après le revers de la Cour constitutionnelle et les atermoiements de Jean Ping, qui a annoncé à l’issue de son dialogue politique pour l’alternance, qu’il prendrait le palais de marbre de Libreville, après avoir épuisé toutes les voies légales de recours. Mais les simples sanctions de l’UE, si sanctions il y a, suffiront-elles vraiment à évincer Ali Bongo du pouvoir au profit de Jean Ping ? Quelle part représentent-elles réellement dans le budget gabonais ? Le Gabon est-il un pays fondamentalement dépendant de l’aide européenne comme l’est le Burundi qui en pâtit aujourd’hui ? La bataille est ailleurs, à moins que l’on veuille faire de ces sanctions un sésame pour la prise du pouvoir.


Charles Nestor NKANY

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