Crise post-électorale : Jean Ping entretient le flou

jeudi 3 novembre 2016 Politique


Déclaré perdant de l’élection présidentielle du 27 août dernier au profit de son rival, Ali Bongo Ondimba, Jean Ping se trouve depuis quelques jours en France. Et cela dans le cadre d’un séjour à l’étranger qui le mènera jusqu’aux Etats-Unis. Invité sur le plateau du journal Afrique de nos confrères de TV5 Monde, l’ancien président de la commission de l’Union africaine a juré qu’il ne dialoguera jamais avec Ali Bongo, tout en restant évasif sur la façon dont il compte évincer son ex-beau-frère du pouvoir.

Comme l’on pouvait s’y attendre, devant la question du présentateur qui lui a demandé s’il était prêt à dialoguer avec son rival Ali Bongo Ondimba, Jean Ping, a réaffirmé son jusqu’au boutisme, en récusant tout compromis avec ce dernier. Non sans rappeler que c’est bien lui qui a gagné le scrutin présidentiel d’août dernier. « J’ai gagné les élections. C’est clair ! La France le sait, l’Union européenne le sait, l’Afrique le sait, les Etats-Unis le savent, Ali Bongo lui-même le sait », a martelé l’ancien fonctionnaire de l’Union africaine.

Toutefois, même si Jean Ping maintient son refus catégorique à toute idée de dialogue avec son concurrent, il reste néanmoins évasif sur la question du présentateur qui lui a demandé comment il comptait s’y prendre pour destituer Ali Bongo au pouvoir. « Je crois que cette question ne nécessite pas une réponse naturelle. Il est là, il se maintient par la force. Pour nous, il doit partir  », a répondu Jean Ping, sans aucune précision.

Avant de menacer : « (…) Si le peuple gabonais qui appelle au secours n’est pas écouté, n’est pas respecté, et qu’on le contraint à une solution qu’il n’accepte pas, ce sera un problème de rapport de forces ». A y regarder de près, il s’agit bien là d’une insurrection populaire à grande échelle qui doit lui permettre de chasser l’actuel Président de la République.

Ce qui semble relever pour l’heure de l’illusion dans la mesure où Ali Bongo est désormais installé au pouvoir, avec toutes les mannettes en main. C’est toute l’ambigüité, ou même le flou du fameux plan "B" dans l’éviction d’Ali Bongo du pouvoir. Lequel plan "B" suscite désormais de vives critiques de la part de certains de ceux qui ont mouillé le maillot pour la campagne de l’opposant comme René Ndemezo’o Obiang, le président de Démocratie Nouvelle, et même par certains militants de l’Union Nationale, à l’exemple de Mike Jocktane, un des vice-présidents du parti qui se dit désormais prêt au dialogue avec le bord de mer. Car pour eux, il est clair que l’exécution du plan "B" a déjà montré ses limites.

Reste donc la seule voie du dialogue pour désamorcer la crise qui agite le pays depuis le terme du scrutin. Des critiques qui, logiquement risquent de fragiliser davantage la position de Jean Ping, qui lui ne privilégie que le statu quo en comptant vainement sur une hypothétique intervention de la communauté internationale. Laquelle communauté internationale semble avoir déjà pris acte de la situation,alors même que de son côté, son ancien beau-frère,assoit chaque jour son pouvoir depuis son investiture le 27 septembre dernier.


Charles Nestor NKANY

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