Crise économique : A-t-on touché le fond ?

mardi 1er novembre 2016 Economie


Le Gabon est-il déjà dans la tourmente ? Jusqu’à quand l’actuel malaise financier sera-t-il « minimisé » par les gouvernants ? Le moins que l’on puisse dire c’est que le quotidien du citoyen lambda devient chaque jour un peu plus difficile.

Le Gabon enregistre un sérieux malaise financier, et le dire ne relève ni de la critique absurde, ni de la mauvaise foi. C’est même un truisme à la lecture de certains indicateurs macro-économiques. On en veut pour preuve, la faillite de certains établissements bancaires, les nombreuses sollicitations du pays sur le marché financier et l’intervention du secteur bancaire national dans la résolution de certaines crises publiques, à l’image de la Postbank.

Aujourd’hui, les indicateurs sont presque tous au rouge. D’ailleurs, les ressources de l’Etat évaluées à 2477 milliards de francs CFA devraient connaître en 2017, une légère baisse de l’ordre 148 milliards contre 2626 milliards de francs CFA en 2016. Idem pour la croissance économique qui, la même année se situera à 4,5%. Ce qui embête tant les gabonais ce ne sont pas ces chiffres mais la gravité des indicateurs de performances. La courbe du chômage stagne depuis 2010. A ce propos aucune politique de recrutement appliquée à ce jour n’a jugulé la situation. A près de 30% il y a quelques années, les chiffres n’ont guère changé, pire la situation pourrait encore s’accentuer, en raison de la continuelle dégradation du climat des affaires.

Selon les statistiques, seul ¼ des jeunes diplômés ou formés accède à l’emploi. Adossé à cette réalité socio-économique, un autre facteur et non des moindres, celui du coût de la vie de plus en plus onéreux, et ce, malgré la mise en place des politiques publiques comme l’exonération des droits de douanes sur les produits de première nécessité.

Sur les traces de 1986

Pour rappel, le boom pétrolier des années 70 avait offert des perspectives encourageantes pour l’économie nationale. Cette manne, pour ainsi dire tombée du ciel, avait suscité d’importantes opportunités économiques. Les recettes d’exportations et recettes budgétaires avaient alors grimpé de façon exponentielle. Même son de cloche pour l’exportation, principale niche des finances publiques. Une plus-value qui aura permis aux autorités de l’époque d’entreprendre des projets de développement et infrastructurels tels le chemin de fer. Dans le même temps, la masse salariale de l’Etat a augmenté. Un conte de fée de courte durée ! Vu que dix ans plus tard, précisément en 1983, le cours du baril chute à 35 dollars. D’où le début de la conjoncture dans le secteur pétrolier.

Un rappel historique qui prouve que le Gabon n’en est pas à sa première crise. Après celle de 1986 et la dévaluation du Franc Cfa au début de la décennie 90, voilà que le pays est de nouveau secoué. Pour les analystes, la situation dans laquelle se trouve actuellement le Gabon n’est pas trop éloignée de celle vécue en 1986.

Les dommages collatéraux de la crise pétrolière ?

La crise pétrolière a conduit à la détérioration du pouvoir d’achat. Entre 2000 et 2015, selon les indications statistiques de la Banque mondiale, la Parité du pouvoir d’achat (PPA) par habitant au Gabon a connu un saut qualitatif passant de 14 090 dollars au départ contre 20 010 aujourd’hui. Une augmentation ne reflétant pas pour autant la réalité, si l’on s’en tient aux cris de détresse des populations. En effet, le PPA du Gabon est loin de la réalité quotidienne des habitants ou de leur capacité d’autofinancement.

Le problème de l’accès aux ressources financières, additionné à la crise actuelle du secteur pétrolier, du fait de la dépendance du pays à la manne pétr olièrese généralise pratiquement à tous les niveaux, (public et privé). Les grèves à répétions, la dette intérieure et extérieure, le retard dans les paiements des salaires, les licenciements et fermetures d’entreprises confortent cette idée de plus en plus murie par les Gabonais.


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