Crise de l’enseignement : Le spectre de l’année blanche

samedi 14 janvier 2017 Société & environnement


Ce qui se produit cette année scolaire et académique 2016- 2017 n’a rien à avoir avec les crises précédentes dont la suspension par les syndicats après négociations avec les autorités ayant donné des assurances sur le respect et l’application du cahier de charges à elles remis par les représentants du monde éducatif, n’a pas suivi pour satisfaire les attentes des enseignants dont les revendications portent essentiellement sur de meilleures conditions de vie et de travail. Quoi qu’on dise aujourd’hui, le rythme dans lequel se déroule l’école au Gabon, du moins là où elle semble être effective, n’augure pas de lendemains prometteurs si l’on tient compte du calendrier d’organisation des examens nationaux ou du nombre d’heures indispensables pour la validation d’une année académique dans le supérieur. L’année blanche est- elle à nos portes ?

D’aucuns, y compris chez les enseignants, avancent que, malgré le mouvement de grève illimité lancé par la Conasysed et le Sena d’une part et par le Syndicat national des enseignants et chercheurs d’autre part, l’année blanche peut être évitée si les autorités se montrent plus pragmatiques que dans le passé, en résolvant tous les problèmes auxquels font face les personnels de l’éducation, problèmes maintes fois évoqués lors des échanges entre les différentes parties concernées par les questions en rapport avec l’amélioration des conditions d’enseignement dans le pays. Mais, quand vont- elles se mobiliser pour se mettre enfin au travail et de quels moyens disposent- elles pour trouver des solutions pérennes dans l’immédiat ?

A entendre quelqu’un poser la question, on est en droit de se demander si, tant que les syndicats camperont sur leur position et le gouvernement bégaiera devant la foultitude des problèmes sur sa table, il ya lieu de penser que l’année scolaire et académique peut être validée. Ce d’autant plus que le premier trimestre s’est déjà écoulé sans que la situation en général ne se soit améliorée. Certes, il faut que ce soit elles- mêmes les autorités gabonaises qui consentent à déclarer une année blanche, mais des exigences académiques font que l’on ne se fi pas qu’à la déclaration politique pour prendre les choses comme tel, puisque nous sommes arrimés au standards internationaux, nous apprend- on souvent, et que de ce fait, le respect des obligations en matière de choix d’enseignements, de quantification de ceux- ci et d’organisation des examens, de leur validation, sont partout les mêmes. Ce qui fait que si le Gabon ne s’y conforme pas, il court le risque de ne pas voir ses diplômes par exemple être pris en compte sous d’autres cieux, à moins d’un miracle. Que dire des étudiants en fin de cycle et qui désirent poursuivre leurs études hors du pays ?

Pour ne prendre que cet exemple… La liste des revendications est tellement longue que l’on a du mal à imaginer comment le gouvernement qui avance à tout bout de champ que l’année sera difficile, eu égard à la mévente de nos matières premières sur le marché, s’y prendra pour évacuer autant de problèmes : Primes d’incitation à la performance, Pip, Primes d’incitation à la fonction enseignante, Pif, construction de salles de classes supplémentaires, revalorisation du statut de l’enseignant, etc. Autant dire que nous ne sommes là ni plus ni moins que dans un cercle vicieux et qu’au rythme où vont les choses et les réformes au Gabon, il y a fort à parier que le statu- quo risque à nouveau de prévaloir, ce qui représenterait une sérieuse menace pour l’école qui a déjà par le passé souffert de bien de maux, si ce n’est des mêmes maux. A y regarder de très près, on ne voit pas les enseignants desserrer l’étau tant que le gouvernement ne traduira pas ses paroles en actes. Il y a donc lieu de dire qu’en l’état, la balle est donc dans le camp des gouvernants qui doivent plus que jamais aller au- delà du discours politicien qui consiste à gagner du temps.


Dounguenzolou

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