Crise au PDG : Faustin Boukoubi poussé à la démission

mardi 15 août 2017 Politique


L’ancien secrétaire général du Parti démocratique gabonais, Faustin Boukoubi a été remplacé mardi 15 août par Eric Dodo Bounguendza, à l’issue d’une réunion du comité permanent du Parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir. Mais une démission qui intervient dans un contexte de tensions politiques interne au PDG, c’est un malaise de trop pour un parti déjà affaibli depuis quelques temps par une vague de démissions sans précédent.

C’est l’un des derniers vestiges d’Omar Bongo Ondimba, qui quitte la direction d’un parti affaibli par les querelles internes. Sans surprise, puisque la rumeur courait depuis quelques temps, Faustin Boukoubi n’est plus le secrétaire général du PDG. La décision a été actée par le comité permanent du parti, qui s’est réuni hier mardi 15 août à Libreville. Désormais, c’est Eric Dodo Bounguendza, jusque-là directeur du centre d’études politiques du PDG qui le remplace. En principe, le désormais ex-secrétaire général du PDG aurait dû démissionner de son poste depuis juillet dernier, suite aux actes d’indiscipline du mouvement des amis d’Ali Bongo, le MOGABO.

Une démission qui n’est autre que la conséquence d’une lutte d’influence au sein du parti au pouvoir. Lutte d’influence entre d’un côté, un secrétaire général du parti dont l’autorité est depuis bafouée, et de l’autre, le groupe des amis du Chef de l’Etat qui prétend agir pour défendre l’image d’un président en mal de reconnaissance depuis le terme de la dernière présidentielle. Même si officiellement il dit vouloir se reposer, Faustin Boukoubi paie là sa sortie de recadrage à l’endroit des ministres de la Communication, Alain Claude Billie By-Nze, de l’Egalité de chances, Blaise Louembet, du secrétaire général du gouvernement, Ali Akbar Onanga, de l’ancien ministre du Travail, Simon Ntoutoume Emane, dont il a dénoncé dernièrement l’indiscipline par rapport aux instances dirigeantes du parti notamment lorsque le groupe réuni au sein du MOGABO s’est retrouvé à l’hôtel le Radisson Blu le 28 juillet dernier pour, disent-ils, défendre la légitimité contestée d’Ali Bongo.

La rencontre n’avait pas plu à Boukoubi, qui avait dénoncé un « contournement » du parti par le groupe des amis de Bongo. Une sortie sans effet puisque le MOGABO s’était réuni quelques jours plus tard comme pour braver un secrétaire général en mal de pouvoir. Depuis lors, Boukoubi s’est senti comme seul et abandonné dans une guerre intestine avec des ministres qui se réclament ‘’amis du président’’. Seul et abandonné, il le sera jusqu’à son départ.

Avec cette démission sur fond d’un malaise profond, c’est désormais une redistribution de cartes au niveau du PDG, un parti secoué depuis quelques temps par une vague de démissions sans précédent. Car en sept ans de mandat et de nouveaux arrivants au pouvoir, c’est de l’essentiel de ses cadres les plus influents que le parti s’est déjà vidé. Faustin Boukoubi ira-t-il se convertir à l’opposition comme l’ont fait tous ceux qui l’ont précédé jusque-là, ou décidera-t-il de rester fidèle au parti ? Question qui vaut son pesant d’or...


Charles Nestor NAKNY

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