Corruption/CNLEI : Un gouffre à sous inutile !

jeudi 13 juin 2019 Economie


Créée en 2003 pour lutter contre la corruption au Gabon, la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLEI) a visiblement failli à ses missions. L’érection dans le nouveau gouvernement d’un département ministériel consacré à la lutte contre l’enrichissement illicite sonne certainement le glas de cette institution.

Après près de 16 ans d’existence quel bilan retenir de la CNLEI ? Mieux, quel a été durant cette période, l’implication de cette commission dans le processus de lutte contre l’enrichissement illicite au Gabon ? Alors que le phénomène gangrène toujours la société gabonaise et partant l’administration publique, on est tenté de répondre par la négative à ces questions. Mise à part la production de quelques rapports, sans grand intérêt, pour éradiquer le ‘’fléau’’ de la mal gouvernance dont le corolaire n’est autre que la corruption, l’action de la CNLEI durant ces quinze dernières années n’a aucun mérite. La corruption, la question au centre de la création de cette commission fait toujours débat dans une société qui se veut pragmatique et désormais tournée vers l’efficacité et l’efficience de la gouvernance.

Le 8 juin dernier, le rappel à l’ordre lancé par le Président de la République, Ali Bongo Ondimba à l’occasion de la commémoration des dix ans du décès de feu Omar Bongo Ondimba, face à la gravité de ce phénomène au Gabon en dit long sur l’ampleur de la question et sur l’inefficacité des actions de cette administration dont l’existence est aujourd’hui sujette à caution. Faut-il supprimer cette administration ? Unanimement, l’opinion répond par l’affirmative. La raison est toute simple : les résultats manquent à l’appel, alors que de nombreux cas de fraudes et malversations financières sont constamment constatés dans le pays.

Avec la création d’un ministère dédié à la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance au Gabon, la question que bon nombre des gabonais se posent, et peut-être légitimement, est celle de savoir le sort de la CNLEI ? Car, l’existence de ces deux entités pour lutter contre un même problème pose non seulement un problème d’adéquation de la coexistence de ces deux entité mais également de fonds alors que le gouvernement dit à tout vent, être en incapacité financière pour assumer certaines charges. Mettre fin à l’existence de cette commission est une alternative à laquelle le gouvernement devrait songer.


Michaël Moukouangui Moukala

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