CONTRÔLES ROUTIERS INTEMPESTIFS ET RACKET

lundi 6 mai 2019 Société & environnement


La rencontre mardi dernier entre le ministre de l’intérieur et des syndicats des transporteurs terrestres qui venait bien à propos peut être considérée comme une rencontre de trop, tant il nous paraît difficile de considérer qu’en dépit des assurances données à ces derniers, elle viendra complètement mettre fin à des pratiques qui semblent s’être définitivement installées vu qu’elles ont depuis été décriées sans que personne ne s’en émeuve dans les sphères décisionnelles, donnant même l’impression, si cela n’est pas carrément prouvé, qu’une parfaite collusion existe entre la hiérarchie et la soldatesque. Au point de nous laisser avancer que chacun y trouve son compte, ce pourquoi les agents chargés d’assurer le contrôle routier ne s’inquiètent outre mesure.

L’on veut bien croire aux bonnes intentions encore faut- il qu’elles soient suivies de faits. Combien de patrons le département de l’intérieur coiffant les flics n’a-t-il pas connu et combien de fois les problèmes des contrôles intempestifs et le racket n’ont- ils pas été dénoncés sans qu’ils ne prennent définitivement fin ? Surprenant quand l’on se rend compte que des usagers de la route les subissent plusieurs fois dans la journée rien que pour que les agents de faction leur soutirent quelques « roupies » avec leur complicité passive. Ce qui, vous vous en doutez, crée des désagréments aux clients qui voient le temps défiler alors qu’ils font parfois face à des urgences quand ils ne vont pas au travail ou à l’école ou s’empressent de regagner le chez eux après avoir fait un tour à l’hôpital rencontrer un médecin pour un bobo. D’où on les surprend souvent en train de se plaindre de l’attitude de nos braves agents ou de les vitupérer. Ce à quoi ils ont le courage de répondre par un « nous sommes en service ». Si être en service est synonyme de déranger les usagers de la route, alors il serait plus qu’opportun de se demander quelles sont les missions dévolues à la police dans un État moderne.

Ce que nous constatons pour le déplorer, c’est que l’invite du ministre à la cessation de ces actes normalement répréhensibles intervient au moment où dans le ciel se formaient déjà des nuages annonçant l’orage, nous voulons parler de la menace de grève des transporteurs terrestres dès ce lundi 6 mai 2019 comme s’il était simplement question pour lui d’amener les partenaires renoncer à observer le mouvement d’humeur qu’ils comptaient lancer pour une fois de plus manifester leur mécontentement devant ce qu’ils considèrent comme une entrave à l’exercice de leur profession se traduisant par un manque à gagner dans des métiers qui ne nourrissent que très difficilement aujourd’hui leur homme. C’est pourquoi il nous est permis de nous demander jusqu’où ira le département de tutelle qui se veut rassurant en paroles puisqu’il devra nous prouver pour qu’on le croit véritablement qu’il a mis en place des dispositions devant conduire à l’arrêt des pratiques dénoncées.

Ce qui passe nécessairement par la formation et la conscientisation des flics dont bon nombre affichent l’air d’être en manque à moins qu’il soit démontré qu’ils agissent sur ordre de leurs supérieurs comme cela se dit assez souvent au quartier. Qu’est- ce qui peut bien expliquer ces contrôles intempestifs et rackets quand on sait la paix sur les lèvres de tous les dirigeants et la menace terroriste loin de cette terre qui ne demande qu’à être protégée de tous ceux dont le dessein est de se signaler par des actes blâmables ? Dans une ville comme Libreville pour ne citer que cet exemple, la capitale gabonaise accueillant le tiers des populations vivant au Gabon si ce n’est plus, faut- il autant de contrôles au quotidien pour se rassurer que le seuil est atteint et même s’il l’était, serait- ce la meilleure manière d’assurer la sécurité des personnes s’il s’agissait en vérité de cela ? Que dire de l’image qui doit être celle du policier qui souffrirait assurément à être banalisée ?

Nous pensons que le problème qui se pose ici est plutôt un problème de mœurs. Sachant que les mauvaises habitudes ont la vie dure, il faut pour y mettre fin tenter de les traiter en prenant le mal à la racine. Pour les flics, il leur faut connaître et observer leurs missions dans la cité pour qu’ils renoncent à se comporter comme de vulgaires imposteurs. Ce n’est pas parce que quelques supérieurs mal intentionnés désirent se servir d’eux comme on le ferait pour des valets qu’ils doivent aveuglément s’exécuter, sachant que celui qui est exposé c’est celui que l’on voit dans la rue et non celui qui se tient tranquillement dans son bureau cossu et qui n’attend seulement que le pactole amassé sur la voie publique lui soit apporté conformément aux directives reçues. Africains comme nous sommes, ces actes sont souvent punis de malédictions que l’on paie d’une manière ou d’une autre.

Il est cependant des circonstances dans lesquelles l’on a besoin de l’action des policiers postés aux carrefours et grandes artères de nos villes : qui n’aurait par exemple pas besoin d’une intervention policière quand il se trouve encerclé par des voyous ou bandits de grand chemin qui écument nos rues et espaces publics aujourd’hui ? Qui ne voudrait pas que les flics soient prompts à agir lorsqu’il leur est signalé une infraction ? Qui ne voudrait pas, alors qu’il se sait en règle, circuler librement en évitant d’être froissé par ceux qui sont sensés le protéger ? Les transporteurs devraient de plus en plus faire confiance à la police qui devait les rassurer en leur permettant de travailler en toute quiétude, évitant de se demander qu’est- ce qu’ils auront dans leur escarcelle en fin de journée ou rapporteront au propriétaire des moyens de transport qu’ils utilisent quand il faut qu’ils se soumettent tous les kilomètres aux tracasseries policières quand ils savent qu’il y a des contraventions sur lesquelles les flics devaient s’appuyer pour nourrir leur chéchia.


Dounguenzolou

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