Contentieux électoral : Quand la communauté internationale s’en mêle…

samedi 17 septembre 2016 Politique


Depuis l’annonce des résultats de la présidentielle du 27 août dernier, donnant Ali Bongo Ondimba, vainqueur dans la contestation, les réactions et autres prises de positions qui fusent des milieux occidentaux semblent déjà indiquer le positionnement de ces derniers. Si Jean Ping apparaît aux yeux des « Toubabs » comme le vrai Président élu, Ali Bongo est désormais réduit à une simple image d’autocrate cherchant à s’imposer par la force. Un isolement qui peut d’ailleurs contribuer à le radicaliser et donc à le pervertir aussi. Ce qui fait déjà planer sur le Gabon un scénario à l’ivoirienne si l’on y prend garde.

Le scénario de la crise ivoirienne en 2010. Voilà ce qui guette désormais le Gabon, au moment où la Cour constitutionnelle s’apprête à rendre le verdict final de la présidentielle du 27 août dernier. Avec d’un côté l’implication de la communauté internationale qui s’invite à la danse, et qui semble avoir déjà pris fait et cause pour Jean Ping, en raison dit-on du doute qui s’est installé dans la compilation et la proclamation des résultats, et de l’autre un Ali Bongo qui semble de plus en plus isolé, c’est une autre tournure qui risque d’être imprimée au conflit post-électoral. Car le paternalisme néocolonialiste occidental, qui dicte toujours ses vertus démocratiques aux pays en conflit n’a pas fini d’éveiller chez les dirigeants africains un sentiment d’infériorité, qu’ils n’entendent pas cautionner au nom de la souveraineté nationale.

L’intervention de la France en Côte d’Ivoire pour dit-on, rétablir le Président Alassane Dramane Ouattara, à l’aide des soldats de l’opération Licorne, au plus fort de la crise postélectorale en 2010, loin de la résoudre n’a fait au contraire qu’exacerber les tensions. Puisqu’elle a contribué à l’isolement, à la bunkarisation et à la radicalisation du Président Laurent Gbagbo, qui lui se voyait victime d’un complot international, ourdi au premier chef par la France de Nicolas Sarkozy. Et la suite on la connait, trois mille morts.

Trois mille innocents Ivoiriens fauchés, et dont la justice pour certains, tarde à venir. Si le recomptage de voix reste à ce jour l’unique issue pour parvenir à situer la vérité des urnes, et permettre ainsi la résolution pacifique du conflit entre Ali Bongo et Jean Ping, deux ex-beaux-frères, qui s’arrachent les cheveux au goût du pouvoir, cette issue ne doit pas constituer une exigence de la communauté internationale, mais plutôt une émanation des Gabonais eux-mêmes et de l’Union africaine, même si cette dernière ne brille souvent que par son silence assourdissant, en raison d’une rébellion démocratique trop prégnante en son sein.

Car la résolution des conflits par les Occidentaux en Afrique n’est pas souvent la bienvenue pour les parties incriminées, qui dénoncent souvent une sorte d’arrogance et de néocolonialisme acharnés de ces derniers sur leurs ex-colonies africaines. En prenant parti pour Jean Ping et en diabolisant avec des termes savants Ali Bongo Ondimba, il est vrai que la France de François Hollande est en train de réveiller là, et cela sous un autre prisme, les reliques de la vieille Françafrique tant dénoncée. Ce qui d’ailleurs ne ferait qu’envenimer les relations déjà difficiles entre Libreville et Paris, si jamais la réélection contestée d’Ali Bongo venait à être confirmée par la Cour de Mboranstuo.

Intervention oui, mais intervention mesurée, car la radicalisation d’Ali Bongo, si radicalisation il y a, celle-ci ne sera que fatale au pays. Attention donc au bourbier ivoirien, car personne n’en sortira ni vainqueur, ni perdant.


Charles Nestor NKANY

Vos commentaires

  • Le 21 septembre à 12:41, par Paul En réponse à : Contentieux électoral : Quand la communauté internationale s’en mêle…

    Quand le gouvernement a invité la communauté internationale pour observer les elections, nous supposons qu’il avait prévu toutes les dérives que nous observons à ce jour.
    La communauté internationale ne s’est jamais prononcé en faveur de x ou y, mais a constaté des anomaliies évidentes dans les résultats issus de la province du HO.
    Même à l’époque du parti unique les résultats n’ont jamais été de 100% dans une quelconque localité du Gabon, faisons appel au bon sens.

    Répondre à ce message

  • Le 20 septembre à 16:35, par pernot En réponse à : Contentieux électoral : Quand la communauté internationale s’en mêle…

    Le débat n’est pas celui que la France aime ou non...le peuple a voté massivement pour Ping dans les urnes et veut que la vérité des urnes soit rétablie , un point c’est tout.

    Répondre à ce message

  • Le 19 septembre à 17:29, par lazarus zapaterus En réponse à : Contentieux électoral : Quand la communauté internationale s’en mêle…

    LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE INTERVIENT LORSQUE QU UN TYRAN COMME ALI VEUT EXTERMINER SON PEUPLE............

    ALORS CETTE COMMUNAUTE INTERNATIONALE , AGIT EN SAGE ,ELLE SAVAIT QU APRES LA MORT D OMAR BONGO,LA TRANSITION LA MOINS GRAVE ETAIT LA VALIDATION DE LA FRAUDE D ALI OU LE COUP D ETAT ELECTORAL DE 2009

    MAIS MAINTANANT ELLE NE PEUT PLUS FAVORISER PENDANT 2 FOIS UN TRICHEUR.
    NOUS SOMMES EN DEMOCRATIE ,SI ALI GAGNAIT LES ELECTIONS ,LA COMMUNAUTE INTERN NE PEUT RIEN DIRE

    ELLE N INTERVIENT QUE DANS LES CAS DE FORCE MAJEUR D UN PEUPLE DESARME FACE A UN TYRANT .

    S IL VOUS PLAIT NE L ACCUSEZ AUCUNEMENT .........ELLE N EST QU UN ARBITRE

    Répondre à ce message

  • Le 19 septembre à 15:53, par howard En réponse à : Contentieux électoral : Quand la communauté internationale s’en mêle…

    que voulez vous que la France face applaudire ali et voir les gabonais etre massacrer par les forces du mal crees par ali ? la communaute internationnal doit intervenir car les gabonais seulent ne peuvent rien contre ali et son armee .de plus la communaute international nous prete de temps en temps son fric ils faut quil sache qui doit le dirriger c,est aussi simple que bonjour

    Répondre à ce message

  • Le 19 septembre à 10:34, par ortegus En réponse à : Contentieux électoral : Quand la communauté internationale s’en mêle…

    l’ingérence de la communauté internationale est légitime car le peuple a choisi son champion mais se voit massacré tué et torturé par une légion étrangère soutenue par des autochtones assoiffés de pouvoir .
    il est plus que diabolique de penser que boa gagné l’élection , mais d’en être convaincu relève de "gabsurdite" diabolique !

    Répondre à ce message

  • Le 19 septembre à 09:37, par Titus En réponse à : Contentieux électoral : Quand la communauté internationale s’en mêle…

    La Franceafrique n’a plus raison d’être aujourd’hui.

    Répondre à ce message

  • Le 18 septembre à 13:19, par Walter En réponse à : Contentieux électoral : Quand la communauté internationale s’en mêle…

    Que de la distraction pure et simple aux vrais problèmes du Gabon. Le peuple a voté un président parmi les 10 candidats, mais l’organisateur dudit scrutin n’ayant pas eu gain de cause, décide tout bonnement de se maintenir de force, sort tout son arsenal de répression et de guerre et on en compte plusieurs morts et des enlèvements et autres emprisonnements en réponse aux manifestations légitimes d’un peuple désabusé mains nues.
    Alors, l’aide de la Communauté internationale est la bienvenue pour équilibrer les forces puis ce que c’est dans cette logique que le pouvoir se campe : la force du fusil. Alors, il devra marcher sur le peuple gabonais et la Communauté internationale pour réellement parvenir à l’émergence en 2025.

    • Le 18 septembre à 23:14, par ndong En réponse à : Contentieux électoral : Quand la communauté internationale s’en mêle…

      Où était la France en 2010 en CI lorsque les ivoiriens demandaient le recompte des voix ? Eh bien, la France était à droite et devinez qui était le patron ? Qui avec sa bande a imposé Ali au gabonais en 2009 ? Ne feignez pas d’ignorer que la France est Une, mais que les idéologies en son sein sont très différentes. Si ce n’est pas trop vous demander comme effort intellectuel, revisitez l’histoire de la France et de ses ex colonies d’Afrique.

    Répondre à ce message

  • Le 17 septembre à 23:44, par Bon Afric En réponse à : Contentieux électoral : Quand la communauté internationale s’en mêle…

    Je ne savais pas que la France pouvait suggérer un recomptage des voix à une élection présidentielle.
    Ou était-elle en 2010 quand Laurent GBAGBO avait évoqué cette belle option démocratique ?

    Répondre à ce message

  • Le 17 septembre à 18:43, par Jones En réponse à : Contentieux électoral : Quand la communauté internationale s’en mêle…

    Au nom du droit d’ingérence, la communauté internationale peut interférer dans les affaires gabonaises. Il ne faut pas attendre des situations similaires à celles du génocide rwandais pour reprocher à cette dernière son inaction.

    Répondre à ce message

  • Le 17 septembre à 15:54, par SEMA En réponse à : Contentieux électoral : Quand la communauté internationale s’en mêle…

    Voyez vous,s’il s’agissait des heurtes,qui n’auraient d’ailleurs jamais eu lieu,occasionnées par une succession de la chefferie bantu on aurait jamais fait appel à la communauté internationale,car nous avons nous même les moyens pour faire respecter la norme.
    Ici nous sommes dans une conséquence de la colonisation et de sa démocratie hélenique,ayant eu pour corolaire le bongoïsme pendant 42 ans,pour les raisons que tous connaissons.Ali est venu dans le sillage de ces même raisons.
    C’est n’est donc pas un signe d’enfantillage des gabonais quand on demande à la communauté internationale de venir nous aider à résoudre ce problème causé par l’histoire de la bulle papale de Nicolas V.
    Quand on aura à la tête de notre pays des dirigeants que nous aurons nous même choisie,des institutions dont le peuple à la maîtrise nous pourrons alors régler nos problèmes par nous même.Pour l’heure demandons qu’on nous aide à corriger les errements du système importé.
    Ali doit être défait avec l’aide de la communauté internationale parce que le peuple veut qu’il s’en aille.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs