Conteneurs disparus : Mapangou et Maganga Moussavou emportés par le Kevazingo

mardi 21 mai 2019 Politique


C’est par un décret d’Ali Bongo qu’ont été démis hier de leurs fonctions, le Vice-président de la république, Pierre Claver Maganga Moussavou et le ministre des Eaux et Forêts, Guy Bertrand Mapangou. Les deux hommes soupçonnés d’être impliqués, comme bien d’autres dans l’affaire de la disparition des 353 conteneurs du bois précieux du Kévazingo, avaient pondu, chacun, un communiqué pour contester les soupçons émis à leur encontre.

Maganga Moussavou et Mapangou paient certainement leurs déclarations au lendemain du communiqué gouvernemental appelant tous les ministres impliqués dans l’affaire du Kevazingo à démissionner. Un appel à la démission rejeté par le désormais ancien ministre des Eaux et Forêts qui clame son innocence dans ce dossier, estimant que les vrais coupables étaient ailleurs. L’homme de Fougamou qui doute de l’indépendance même de la justice estime être un bouc-émissaire, pour avoir occupé un ministère où coule à flot, l’argent de la corruption dans les couloirs. Mapangou a donc eu, selon ses propres dires, la malchance d’avoir été au mauvais endroit et mauvais moment.

Pour Guy Bertrand Mapangou, il n’y avait qu’Ali Bongo Ondimba et lui seul pour le démettre de ses fonctions, lui qui l’y avait nommé.Une prise de position vécue au palais comme un acte de défiance contre l’autorité même du Chef du gouvernement, Julien Nkoghe Bekalé. Il faut dire que depuis cette défiance, de nombreuses voix s’étaient levées ces derniers temps dans les rangs du pouvoir pour appeler Ali Bongo à prendre ses responsabilités et virer le ministre récalcitrant. Désormais c’est chose faite, Guy Bertrand Mapangou n’est plus ministre des Eaux et Forêts où il n’y aura passé que quatre mois, alors que le trafic du bois dans les coulisses de ce ministère est une pratique qui a cours depuis des lustres.

Le limogeage de Mangaga Moussavou et de Mapangou intervient non pas à cause de leur implication avérée ou supposée puisque les autres ministres comme ceux de l’économie et des transports , qui auraient dus aussi être démis, eux n’ont pas été touchés. Il est plutôt la conséquence de leurs déclarations qui n’auraient pas certainement plu au palais. Et ce limogeage en plein flottement du pouvoir dû à l’affaiblissement physique et peut-être même intellectuel du président Bongo, n’est pas certainement de nature à calmer le jeu, surtout quand on sait le tempérament des deux hommes qui ne se laisseront pas faire aussi facilement.

Et même s’ils ont été écartés, l’affaire du Kevazingo est loin d’avoir connu son épilogue, alors que certains crient déjà au complot dans le cercle même du pouvoir, qui a déjà commencé à se fissurer dans la perspective de la succession d’Ali Bongo Ondimba en 2023.


Leno KOLEBA

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs