Consensus politique : Pourquoi le CND ne fait-il pas toujours l’unanimité ?

vendredi 19 février 2016 Politique


Une session extraordinaire, cela suppose souvent qu’il y a dans l’esprit de ceux qui la convoquent urgence ou crise. Celle que convoque actuellement le Conseil national de la Démocratie qui est marquée par un discours très attendu du Chef de l’Etat quelques mois avant l’élection présidentielle d’août en a tout l’air, surtout lorsque l’on note encore des réticences de bon nombre d’opposants et non des moindres, à s’associer aux autres composantes de la classe politique pour débattre très certainement de comment aller au scrutin à venir.

Ils sont certes peu nombreux, les partis et associations politiques qui continuent de bouder le CND au motif qu’il est une caisse de résonnance de plus sur l’échiquier du pouvoir, mais leur poids sociologique, à en juger par la représentativité de leurs membres ou leaders, ceux- là même qui sont conviés à la session extraordinaire de l’organe dirigé par Maître Séraphin Ndaot Rembogo, pourrait constituer un handicap à l’observation dans les normes de la démocratie. De fait, il ne s’agit pas de se contenter de dire que la majeure partie des formations politiques opposées au pouvoir sont présentes dans la salle où leur rôle peut être biaisé comme cela se vit souvent du fait du manque de sincérité dont certains de leurs dirigeants sont affublés, mais il est intéressant en pareille circonstance de se demander avec qui l’on discute et pourquoi l’on échange véritablement, pour se faire une idée exacte de l’Etat de la nation et, à partir de ce moment, tenter de s’acheminer vers la quête de solutions aux maux qui minent l’avancée du pays vers un système de gouvernance fiable, satisfaisant pour tous, débarrassé de toute intolérance, où la contradiction saine qui se fait avec les mots et non avec des gourdins est de mise.

« Non à la « Démocratie apaisée » ! »

Cette expression utilisée par le camp au pouvoir semble ne pas revêtir de sens pour certains opposants qui s’inspireraient du XVIIIème siècle français dit des Lumières, au cours duquel l’on combattit avec la dernière énergie l’obscurantisme et l’intolérance de l’Eglise et de l’Etat, pour donner naissance à une société « conflictuelle » dans laquelle la contradiction entre les acteurs politiques est la règle du jeu, une société en somme démocratique. Il s’agit par leur refus de participer à la session extraordinaire du Conseil national de la Démocratie, d’inviter l’ensemble de la classe politique à admettre leur idée de dialogue national inclusif et sans tabous. Car, cette frange de l’opposition qui pense ainsi considère que l’homme aillant été trop faillible sous nos cieux, si l’on se réfère au propos tenu par feu Omar Bongo Ondimba qui, pour sensibiliser ses collaborateurs sur la gravité de leurs actes, était réduit à leur assener que ‘’Dieu ne leur avait pas permis de faire du Gabon ce qu’ils en ont fait’’, il faut à tous, y compris les opposants, passer par une sorte de tamis qui les laverait de leurs « péchés » et rétablirait leur crédibilité aux yeux de leurs concitoyens de plus en plus désabusés à l’idée de se voir pris en otage. Car, ceux qui pensent ainsi ne comprennent toujours pas que l’on n’ait jamais fait référence à l’opinion publique si tant est que le désir de tous est de gérer demain la cité.Une façon de se demander peut- être si les débats politiques évoluent aujourd’hui vers le recensement des doléances des populations ou campe-t-il comme par le passé sur la surenchère dont beaucoup se sont plaints au sortir des accords de Paris.

« Les mauvaises habitudes ont la vie dure ! »

Cette affirmation que l’on entend souvent de la bouche de compatriotes traduit une réalité bien triste consistant à observer chez des citoyens, surtout les politiques, des pratiques décriées avec récurrence. Comme les années antérieures, certains opposants se disent que l’on risque de vivre du « bis-repetita ». C’est- à- dire que les discussions pré-électorales pourraient encore porter sur l’affectation de prébendes, ne venant alors pas résoudre les questions fondamentales que sont l’ouverture à la Démocratie et la réflexion sur la déclinaison par chacun à armes égales, d’un projet de société qui tienne compte des aspirations populaires dans un pays de plus en plus secoué par une crise du pétrole qui s’enlise.

Aux yeux de l’opposition qui boude la session extraordinaire actuelle, ceux qui justifient le bien-fondé de celle-ci s’installent dans de grands calculs qui arrangent les « politiciens du ventre », las d’être sevrés d’espèces sonnantes et trébuchantes et de postes ronflants qui leur assurent un certain confort. Une famille de l’opposition, nous apprend- on, soutient bec et ongles qu’elle tient à libérer le Gabon du joug d’une bande de « prédateurs » sans bien entendu avoir donné suffisamment de garanties sur sa bonne foi aujourd’hui plus que jamais à l’épreuve. Comparaison n’étant pas raison, on a tous à l’esprit le passage de François Mitterrand à l’Elysée et le constat d’échec des Français sur la gestion de la France par la gauche. Mais il est parfois nécessaire que dans une démocratie vivante, l’on laisse par la voie des urnes d’autres que nous, aller à la découverte du pouvoir pour s’en faire une idée réelle et intégrer les principes d’alternance au pouvoir. Cela suffit- il à appeler leurs adversaires à aller la fleur au fusil ? Bien sûr que non ! Simplement voudrait- on que chacun de son côté se représente qu’il vient aux affaires par la volonté d’un peuple qui attend de lui qu’il soit de tout temps à son écoute, sinon pourquoi parlerait-il en son nom ?


Dounguenzolou

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