Conjoncture économique : S’endetter pour relancer l’économie

jeudi 20 juillet 2017 Economie


Le Plan de relance économique (PRE) connaît une petite bouffée d’oxygène avec l’implication des bailleurs de fonds internationaux comme le FMI. Si la pratique du financement est basée sur le modèle d’emprunt, la stratégie visée au bout du compte est avant tout celle de permettre au Gabon de financer son économie.

Avec une économie foncièrement morose, un PIB en baisse, des investissements publics en déclin et une croissance en berne, le recours constant à l’endettement demeure pour le Gabon une alternative pour échapper à la crise et financer son économie. « On s’endette pour payer la dette mais ce que nous payons en dette intérieure, cela relance l’économie. Cela crée aussi les revenus et cela augmente aussi le PIB nominal parce que le ratio de la dette par rapport au PIB a aussi augmenté à cause de la baisse du PIB nominal », explique le ministre de l’Economie, Régis Immongault. Selon ce dernier, en s’endettant cela permet d’agir sur la « stabilité macroéconomique » donc, de réguler selon les ambitions du gouvernement.

Le Plan de relance économique en cours, présenté comme l’issue de secours économique du Gabon fait partie des leviers jouissant de cette politique intentionnelle. C’est d’ailleurs pour financer ce programme que le pays s’acharne à solliciter sur le marché financier des fonds avec notamment récemment, un accord de prêt d’une enveloppe de 642 millions de dollars soit, plus de 350 milliards de francs CFA consenti par le FMI et étalé sur une période de trois ans. « Le Plan de relance économique (PRE) permet au Gabon de pouvoir relancer l’activité économique (…) Il est clair qu’à cause de la crise, nous avons eu plusieurs déséquilibres macroéconomiques. La balance de paiement est déficitaire. Le budget aussi est déficitaire. Donc il faut stabiliser le cadre macroéconomique  », indique le ministre de l’Economie. L’un des enjeux recherché est de viabiliser les finances publiques. Cela suppose de ramener le niveau de dépenses publiques de 65% du PIB à 40% des recettes fiscales comme le suggère le Premier ministre, Emmanuel Issoze-Ngondet. Pour convenablement agir sur les dépenses publiques liées à la rémunération des agents il faut de ce fait, estime le ministre, « une réduction des dépenses et une mobilisation des recettes ». « Il y aura un gel de recrutement de fonctionnaires, à l’exception des secteurs prioritaires (comme la santé et l’éducation)  », confirme dans une interview accordée à Jeune Afrique, le Premier ministre, Emmanuel Issoze-Ngondet.

Payer la dette, pour booster l’économie, voici la nouvelle ligne d’orientation de la stratégie d’endettement du Gabon. « Cela impulsera une meilleur fluidité des règlements en ce qui concerne les entreprises et nous permettra d’être crédible dans nos engagements extérieurs  », rassure Régis Immongault. Si le ratio de cette dette, évalué à 64% du PIB peut paraître démesuré suivant les logiques économiques et financières, le ministre de l’Economie tient à indiquer que l’Etat maîtrise pleinement sa dette.


Michael Moukouangui Moukala

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