Combat politique : Pourquoi Léon Paul Ngoulakia devrait-il décevoir ?

jeudi 18 février 2016 Politique


Quand notre confrère « La Tribune » titre « L’opposition maudit Léon Paul Ngoulakia » pour nous apprendre que ses leaders présents à la chambre de commerce le 12 février dernier lors de la conférence de presse du démissionnaire du Parti démocratique gabonais, lui reprochent de n’avoir pas évoqué tout le temps qu’a duré son speech, la question de l’acte de naissance d’Ali Bongo Ondimba, c’est qu’il enfonce une porte ouverte, la question préjudicielle ne relevant pas du tout de la compétence de l’individu, mais plutôt de celle des instances habilitées à en juger. Cela nous donne l’occasion de constater à quel point ce seul problème focalise les énergies de ceux qui disent vouloir diriger le pays, alors que se pose encore avec acuité, celui de la déclinaison de leur projet de société devant des Gabonais de plus en plus dubitatifs.

« J’ai constaté très tôt que nous nous détournions de cet objectif commun. Plutôt que de nous mettre au service du peuple, nous étions en train de privilégier nos intérêts particuliers, en marginalisant l’immense majorité de nos compatriotes, lorsque nous ne faisions pas de chasse aux sorcières ». Plus loin : « J’ai refusé l’esclavagisme familial pour privilégier les intérêts supérieurs de la nation  ». Si ces deux phrases ne relèvent pas de l’hallucination, mais sont plutôt le fait de la réalité, c’est que la République est décidemment en train d’emprunter la bonne voie et d’épouser la pensée de René Descartes pour qui « le bon sens était la chose au monde, la mieux partagée ».

Car, qu’est-ce qui peut bien être présenté aux populations comme mobile d’une activité politique menée par un potentiel présidentiable, si ce n’est le bonheur des compatriotes, voire de toutes les personnes vivant sur le territoire national ? N’est-ce pas cela qui passe avant toutes les autres préoccupations ? Un pays, a beau être dirigé par un étranger ne vaut que par les actes qu’il pose. En quoi être étranger serait- il forcément une infamie ? S’est-on suffisamment interrogé sur les origines d’un Nicolas Sarkozy que les Français ont conduit à l’Elysée pour un mandat ? Il serait par contre plus qu’anormal, que l’on soit affublé du titre d’autochtone ou de citoyen de souche ou que l’on soit traité de sujet expatrié, de s’illustrer auprès de ses concitoyens par des comportements qui frisent l’insouciance et le mépris.

« Qui t’a fait roi ? »

L’homme politique, lorsqu’il est redevable d’une population, devrait sans discontinuer méditer sur ce mot que l’on prête à Abalbert de Périgord qui dans le Moyen Âge en France, répondit ainsi au roi Hugues Capet. Comme pour lui rappeler qu’il l’était devenu suite à un vote des vassaux du roi. Du coup, se met-on à remplacer le terme « vassaux » dans le contexte des Républiques démocratiques par celui de populations. Juste pour introduire la notion d’importance de celles-ci dans le choix de leurs dirigeants et croyons-nous fermement, ce devrait être, plus qu’autre chose, ce qui devait focaliser l’attention de tout prétendant au trône.

La particularité au Gabon, c’est que la plupart de ceux qui prêchent aujourd’hui la bonne parole, sont ceux- là même qui ont contribué à mettre le pays sens dessus-dessous et qui méritent pour cela qu’on leur demande des comptes avant que de s’afficher publiquement comme ceux qui ont la potion magique pour délivrer le peuple outrageusement en captivité comme ils le pensent. Au départ de chacune de leur action devrait être inscrit un examen de conscience sans complaisance du type de celui qui avait conduit feu André Mba Obame, alors en campagne électorale pour la présidentielle de 2009, à s’agenouiller devant un parterre de femmes et d’hommes venus assister à l’un de ses meetings avec à la bouche une phrase restée dans toutes les mémoires « pardonnez- moi ! ».

A voir les politiques gabonais agir, on a l’impression qu’ils ne sont mus que par l’appât du gain, par la satisfaction de leurs bas instincts et la vassalisation des autres « compatriotes ». Est-ce cela faire de la politique ? Si oui, alors chacun irait désormais de sa propre logique et le pays ressemblerait à une jungle dépourvue de règles qui laisserait libre court à la loi du plus fort que l’on dit être hélas la meilleure en pareille circonstance !


Dounguenzolou

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