Coalition de l’opposition : De la mobilisation radicale au déclin !

lundi 12 février 2018 Politique


A l’approche des législatives d’avril, la coalition de l’opposition soutenant Jean Ping, montre de signes d’essoufflement de sa solidarité radicale jusque-là brandie contre le pouvoir d’Ali Bongo. Les uns après les autres, les partis politiques et autres personnalités qui la composent, prennent position en faveur d’une participation au scrutin qui sera organisé par un gouvernement « illégitime » des « putschistes ». Le tout au détriment de Jean Ping, embarrassé par son échec de prise du pouvoir fin janvier dernier.

Après le radicalisme et la solidarité affichés par l’éphorie contestataire des résultats du scrutin présidentiel d’août 2016, l’heure est désormais et progressivement à la démobilisation de la coalition de l’opposition pour une nouvelle république. Deux raisons principales pourraient expliquer ce déclin progressif d’une opposition qui s’est targuée jusque-là de tenir la dragée haute à Ali Bongo Ondimba au plus mal des critiques de la communauté internationale, qui doutait de la sincérité de sa réélection.

L’échec du trône présidentiel

Après avoir déclaré à plusieurs reprises, sans succès qu’il prendra le pouvoir, Jean Ping a réussi à semer le doute dans les esprits de certains de ses partisans. Lesquels, lassés d’entendre des ultimatums sans lendemain, mettent de l’eau dans leur vin et adoptent progressivement une position un peu plus modérée en s’approchant du pouvoir. C’est le cas de Louis Gaston Mayila, président de l’Union pour la Nouvelle République (UPNR), de David Mbadinga de l’Union des patriotes gabonais (UPG-L) de Pacceli Bikoro, l’ancien leader des jeunes pros Ping. Avec la date butoir de fin janvier annoncée sans succès pour la prise de pouvoir, Jean Ping n’a fait que mettre en mal la crédibilité de sa parole vis-à-vis des partisans qui espéraient au moins que cette fois serait la bonne. Conséquence : Ali Bongo est toujours là, indéboulonnable. Mieux sa position s’est même renforcée.

Marginalisé et affaibli par les soupçons évidents de fraude caricaturale et artisanale au terme du scrutin présidentiel, il a réussi à reprendre la main et s’impose à la communauté internationale comme le seul maître à bord du navire Gabon.

Le vent impétueux des législatives

Convaincus que leur leader ne prendra plus le pouvoir, et face à l’évidence politique, surtout aux conséquences fâcheuses d’un éventuel boycott du palais Léon Mba, les autres membres de la coalition comme Guy Nzouba Ndama des « Démocrates », Alexandre Barro Chambrier d’ « Héritage et modernité », Zacharie Myboto ont déjà annoncé qu’ils iront bel bien à l’assaut des sièges à l’Assemblée nationale, même s’ils se disent toutefois solidaires du natif d’Omboué. Seule solution selon eux, pour éviter d’être des opposants de la rue comme ils le sont actuellement suite au boycott de 2011. L’objectif est d’empêcher Ali Bongo de s’accaparer de tous les leviers du pouvoir.

L’incohérence politique

Il y a dans tout cela, une incohérence politique notoire du discours de radicalité extrême, jusque-là axé sur le rejet systématique de la légitimité des autorités en place. Et de prendre en même temps part aux élections organisées par ce même pouvoir « illégitime » des "putschistes". Et cela d’autant plus que Jean Ping avait affirmé, lors d’un meeting : « en 2018, c’est nous qui allons organiser les élections ». L’histoire retiendra que ce n’est pas lui qui les aura organisées. Dans tous les cas, avec cette participation de la coalition de l’opposition au législatives, elle n’aura pas tenu sa promesse de « résister » par tous les moyens au pouvoir "usurpé" d’Ali Bongo Ondimba. C’est le début de la démobilisation politique.


Leno KOLEBA

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