CNJG : « Je dénonce l’acharnement du ministère vis-à-vis de ma personne et de l’institution du Conseil National de la Jeunesse », dixit Andy Nziengui

mercredi 1er mars 2017 Société & environnement


Président du Conseil national de la Jeunesse du Gabon, (CNJG), Andy Nziengui s’est exprimé sur l’organisation de l’élection mettant fin à ses fonctions par le Ministre de la Jeunesse et des Sports, Dr Nicole Asselé qu’il accuse de fouler au pied les orientations de la Charte africaine et la vision du Chef de l’Etat en matière de politique de la jeunesse.

Gaboneco (Ge) : Concrètement qu’est ce que le Conseil National de la Jeunesse du Gabon ?

Andy Nziengui (AN) : Le Conseil National de la Jeunesse, c’est le rassemblement de l’ensemble des associations et mouvements de jeunesse, des coopératives scolaires, des mutuelles universitaires, des fédérations, des réseaux et toute autre organisation de jeunesse. Les organisations de jeunesse des partis politiques sont aussi au sein du Conseil National de la Jeunesse, mais elles sont là en qualité d’observateurs. Le Conseil c’est aussi l’interface entre la jeunesse et le Gouvernement. Nous sommes en un mot l’organe consultatif du Gouvernement qui est là pour suivre et évaluer la politique de la jeunesse.

Ge : Le Ministre de la Jeunesse met tout en place pour l’arrivée d’un nouveau bureau du Conseil de la Jeunesse, pourquoi n’êtes-vous pas avec elle ?

AN  : Je dénonce l’acharnement du ministère vis-à-vis de ma personne et de l’institution du Conseil National de la Jeunesse. Le souci de faire dégager l’équipe actuelle pour installer des jeunes instrumentalisés qui ne peuvent rien faire d’eux même pour l’organisation. Je constate également que le ministère a voulu faire comprendre aux jeunes que j’ai détourné 100 millions de FCFA que le ministre Blaise Louembet m’aurait remis pour le fonctionnement du siège. Je dis que c’est archifaux, le Ministre Blaise Louembet est encore vivant et au Gouvernement. Pourquoi elle ne présente pas les éléments prouvant qu’il m’a donné de l’argent ? Cette stratégie consistant à instrumentaliser les associations n’a pas marché.

Autre ineptie c’est l’accusation selon laquelle je ne participe pas aux réunions convoquées par le Ministre de la Jeunesse et des Sports alors qu’au lendemain de sa nomination j’étais rentré en contact avec elle pour l’informer de la situation générale du CNJ. Après, grande a été ma surprise de voir son directeur de la jeunesse venir vers moi pour me dire que le Ministre a dit qu’elle ne nous recevra jamais parce qu’elle ne nous reconnait pas comme structure sous tutelle, car trop autonome et que nous fonctionnons en électrons libres. Autre fait c’est que nous avons constaté avec amertume que le Ministre convoque les associations et le conseil national en soirée, alors que le matin certaines d’entre elles ont été reçu connaissant même l’ordre du jour de la rencontre que nous responsables de l’organisation qui les regroupons ne connaissons pas.

Puisque l’ensemble de ses manigances ont été vouées à l’échec, le Ministre nous a convoqué pour mettre en place une commission ad hoc qui donne pouvoir au ministère d’organiser une élection du Conseil national de la jeunesse. Nous ne nous reconnaissons pas dans cette organisation parce que notre conseil juridique n’a pas pris part à la rédaction des termes de référence de cette commission ad hoc. Aussi nous ne nous reconnaissons pas parce que les personnes qui s’y trouvent sont pour la plupart de moralité douteuse et manquent d’éthique. Et donc nous ne pouvons pas accepter une telle mascarade.

Ge : Certains membres de la commission ad hoc vous accusent d’avoir géré le conseil avec vos amis et de vous arroger tous les voyages à l’international avec eux ?

AN  : Pour répondre à cette question allez demander au ministère combien de voyages ils ont financé pour Andy Nziengui ? Je crois qu’ils font une confusion, le Ministre Nicole Asselé est allé jusqu’à dire qu’Andy devrait payer le fonctionnement du conseil avec l’argent de ses voyages. Ce que je trouve incongru, moi je suis invité à l’international non pas en tant que responsable du Conseil national de la jeunesse, mais en tant qu’expert international et consultant sur les politiques et programmes jeunesse dans le monde.

Je suis ambassadeur de la jeunesse des Nations Unies pour les objectifs de développement durable, c’est un titre que j’ai obtenu à New York sur la base d’un concours. A l’époque lorsque nous voyagions, allez demander au ministère, nous n’avions pas de budget au Conseil national de la jeunesse, c’est le Ministre de l’époque qui payait les frais à titre personnel. Sur cette question vous constatez que c’est un mensonge de plus sur lequel ils s’appuient pour berner certaines associations et jeunes à l’international. Ce qu’ils oublient c’est que je ne suis pas connu aux yeux du monde qu’à travers le Conseil de la jeunesse. Je suis dans les évènements de la jeunesse depuis 2003 avec le prix international que j’ai remporté au deuxième Sommet Panafricain des Jeunes Leaders tenu à Ifran, au Maroc, en 2005 etc.

Ge : Que représente à vos yeux l’élection organisée par le ministère ?

AN  : C’est une mascarade, je ne me reconnais pas là-dedans parce qu’on veut prendre certains jeunes pour les placer. Ce n’est pas celle-là notre vision, celle impulsée par le Président de la République qui avait été clair lors du forum national de la jeunesse en disant qu’il voulait une jeunesse réunie autour du Conseil national de la jeunesse pour qu’elle soit une et indivisible. Durant le magistère de Blaise Louembet, nous étions amenés à intervenir lorsqu’il y avait des grognes de jeunes. Nous servions alors d’interface pour discuter avec les autorités afin de trouver des solutions. Avec Mme Nicole Assele on ne discute pas, elle est militaire, c’est elle qui impose. On ne peut pas fonctionner comme ça. Elle devrait écouter la jeunesse et non se fier à la Direction générale de la jeunesse qui est entrain de l’induire en erreur.

Ge : Avez-vous les moyens nécessaires pour engager un bras de fer avec la tutelle ?

AN  : Nous ne faisons pas un bras de fer, nous dénonçons simplement les injustices. Moi je suis menacé de partout. On m’appelle pour me demander pourquoi je me dresse contre le Ministre. Je le répète je ne suis pas contre le Ministre. Je suis avec mon bureau pour une vision claire du Chef de l’Etat sur la politique de la jeunesse.
A cet effet, je compte organiser samedi 4 mars une Assemblée générale extraordinaire durant laquelle je m’exprimerai longuement sur cette situation.


Propos recueillis par PIN

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