Chronique de l’ Agitateur : A quand la journée du mâle poilu ?

mardi 8 mars 2016 Speciales


Le monde célèbre ce mardi 8 mars 2016 la journée internationale de la femme.

Il pleut des journées de je ne sais plus trop quoi au point que je me perds même tellement il y en a des tas. A l’allure où ces journées sont décrétées par le système des Nations Unies, il ne serait pas étonnant qu’on se retrouve avec toute une cargaison de ces journées parfois inutiles et dont on cerne encore mal le bien-fondé.

Sous d’autres cieux ces journées internationales ont tout leur sens surtout dans des pays où la femme a bataillé dur comme fer pour arracher ses droits civiques dans des sociétés occidentales autrefois foncièrement sexistes. Chez les autres c’est l’occasion de grandes manifs intelligentes, de grandes conférences-débats entre femmes. C’est aussi le lieu d’éveil des consciences et d’inventaires des grandes avancées dans ce qui est des acquis sociaux vus sous le prisme d’une approche genre.

Dans nos pays africains où l’on copie mal et où tout va de travers, un peu comme si, sans être forcément afro-pessimiste, l’Afrique traînait en elle une malédiction congénitale, la journée de la femme est l’occasion des foires culinaires et autres foires aux vêtements ! Une idiotie ferme qui réduit la femme à n’être que cette petite pimbêche destinée à gaver et blanchir son homme. En clair s’occuper de son conjoint passe pour sa principale raison d’exister sur terre. A l’occasion de cette journée, à défaut de chanter et danser ainsi qu’elle ont été dressées sous les régimes totalitaires où elles étaient réduites à leur plus simple expression, elles nous offriront donc une exposition de mets avec le petit sourire en coin qui rappelle tristement leur condition de femme.

Certaines trouveront là une occasion de bringue très arrosée. Et au sortir de là, elles n’auront rien retenu de cette journée internationale qui, pourtant, leur offre l’occasion de dénoncer les violences multiformes, l’injustice que leur inflige la horde poilue et qui sont autant de facteurs inhibant leur totale intégration sociale. Ces espèces poilues ne sont autres que des nostalgiques des sociétés primitives machos dans lesquelles la femme n’avait pas droit au chapitre. Le phénomène est encore palpable dans nos sociétés dites modernes. Nombreux sont ceux-là en effet qui, de nos jours, nourrissent encore des complexes et acceptent mal l’idée d’épouser une femme instruite ou plus instruite qu’eux. De leur point de vue et du haut de leur trône, une femme instruite entraîne forcément l’érosion de leur pouvoir en tant que seigneur de maison.


L’Agitateur

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