Chorégraphie : 5ème édition du Plateau jeune création Libreville !

lundi 27 mars 2017 Culture & people


Du 25 au 29 avril prochain, Libreville abritera la 5éme édition du Festival de danse Plateau Jeune Création. A ce propos, les promoteurs dudit événement ont organisé au début du mois en cours des auditions qui ont permis de sélectionner les 8 compagnies nationales qui prendront part à ce rendez-vous culturel. Latif Ogoula, Directeur du Festival Plateau Jeune Création Libreville revient largement sur le déroulement de ce festival de chorégraphie.

Gaboneco (Ge) : Le Festival Plateau Jeune Création en est à sa 5éme édition cette année. Que doit-on savoir au sujet de ce festival ?

Latif Ogoula (LO)  : Merci Gaboneco pour l’intérêt accordé à la culture. Le Festival Plateau Jeune Création Libreville initié par CAE Culture en est à sa 5ème édition. Au Gabon, c’est l’unique plate-forme de détection de talent, formation, production et diffusion en danse de création. Il permet également l’administration des compagnies et des projets culturels au Gabon et en Afrique. L’objectif est donc de permettre aux danseurs et compagnies d’avoir une écriture chorégraphique contemporaine en danse de création en ayant la capacité de créer, raconter leur histoire et partager leurs émotions. Il faut retenir que l’évènement n’est pas que du divertissement, car il répond aux normes professionnelles via sa structuration et une démarche artistique précise.

Ge : Pourquoi avoir initié le Festival Plateau Jeune Création ?

LO : Nous avons initié le Festival Plateau Jeune Création Libreville pour promouvoir la plateforme en danse de création au Gabon, en encourageant les danseurs et compagnies à l’écriture chorégraphique, car lors de nos différentes tournées à travers le monde sur les projets culturels et festivals, nous avons constaté l’absence des compagnies et danseurs professionnels du Gabon. Le paradoxe est que nous avons des bons danseurs et de bonnes compagnies. La question était donc pourquoi ne sont-ils pas présents comme le Sénégal, le Burkina Faso, l’Afrique du Sud, le Cameroun et le Maghreb ? Il m’a fallu prendre une décision très lourde. Celle de rentrer au Gabon définitivement, pour travailler et palier cette carence artistique et professionnelle. L’objectif est donc de faciliter la diffusion des productions gabonaises sur les scènes internationales afin de contribuer au développement de l’Économie Créative via la Danse de Création.

Ge : A quoi devraient s’attendre les festivaliers présents à cette 5éme édition en termes de programmation d’activités ?

LO : Pour cette 5ème édition, nous avons plusieurs activités au programme, notamment un atelier de formation en mise en scène pour les danseurs et compagnies du 15 au 20 Avril, un atelier de formation pour les journalistes culturels gabonais du 20 au 25 Avril, un atelier de formation en écriture chorégraphique pour tous les danseurs et compagnies et un regard extérieur sur les créations sélectionnées aux auditions du 15 au 29 Avril, une exposition photo, conférences et échanges, Cinéma Danse, ainsi que la présentation au grand public des 8 spectacles en scène In, des 6 spectacles en scène Basko et la scène des Jeux de la Francophonie.

Ge : Quel est le profil des différentes compagnies sélectionnées ?

LO  : En général, le profil des compagnies sélectionnées est de base Hip Hop (Danse Urbaine) et de danse patrimoniale (Danse traditionnelle).Ces différentes compagnies utilisent leur base pour créer en écrivant leur propre danse et raconter une histoire tout en transmettant les émotions.

Ge : Qui sont les professionnels et formateurs attendus ?

LO  : Pour cette édition nous recevons d’abord le metteur en scène, homme de théâtre Michel NDAOT, directeur artistique de l’atelier YENO, pour former et surtout donner les outils aux danseurs et compagnies dans la mise en scène afin d’enrichir leurs créations et comprendre le rapport entre la danse et le théâtre. Ensuite, Meryll MEZATH, Rédactrice en Chef aux Dépêches de Brazzaville, entrepreneur dans la Mode et présentatrice de télévision. C’est l’une des figures emblématiques du paysage culturel et médiatique congolais. Véritable passionnée d’art et de culture, formée au CFPJ, elle animera l’atelier de formation en journalisme culturel destiné journalistes gabonais qui s’intéressent aux questions culturelles, afin d’avoir les outils et analyse qui s’y rapporte au culturel. Enfin, le chorégraphe Franco-Allemand Tchekpo Dan AGBETOU directeur artistique de Tchekpo Dance Company, de DansArtTanznetworks, DansArt Theater, de Tanzfestival Bielefeld, des Biennales Passages et Artist in Fusion. Il sera chargé d’une part de former l’ensemble des 14 compagnies et danseurs qui ont postulé. D’autres part, il sera le regard extérieur des 8 projets et compagnies de la scène In (la Scène Officielle) et 6 projets de la Scène Basko (cette scène est réservée aux danseurs et compagnies qui n’ont pas été retenus pour la scène officielle, mais à qui nous donnons la possibilité de présenter leurs projets hors des salles).

Ge : Cette année le festival n’accueillera pas de compagnies étrangères comme vous l’aviez annoncé sur la page Facebook du festival, pouvez-vous nous en dire plus sur les véritables raisons de ce choix ?

LO : Effectivement, le festival n’accueillera pas de compagnie étrangère pour des raisons de financements, car nous fonctionnons sur fonds propres. Notre budget ne nous permet donc pas de prendre en charge les compagnies extérieures. Pourtant, nous avons reçu près de 5 candidatures de l’international, que nous avons finalement annulé parce que nous espérions que des partenaires nous soutiennent en les prenant en charge, au moins en matière d’hébergement et de restauration, mais rien de tout ceci n’a été possible malheureusement.

Ge : Un tel événement a forcément l’adhésion des autorités. Qu’en est-il exactement du ministère en charge de la culture et des arts ?

LO : Logiquement, un tel événement devrait avoir l’adhésion des autorités, mais ce n’est pas le cas. Ce qui est véritablement triste car ils connaissent très bien le projet et chaque année ils sont invités en première loge comme partenaires parce que nous faisons notre devoir d’acteur entrepreneur culturel et agitateur en donnant une visibilité à notre Ministère de tutelle. C’est justement parce que nous faisons un véritable travail professionnel et de fond que les experts sélectionnent nos productions après audition pour défendre les couleurs et la culture gabonaise sur les scènes internationales. C’est le cas par exemple des jeux de la Francophonie 2013 à Nice, en France et les prochains à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Mais, malheureusement malgré toute cette reconnaissance internationale nous n’avons toujours aucun retour de notre ministère de tutelle.

Ge : Qu’attendez-vous des autorités ?

LO  : Nous attendons de nos autorités qu’elles passent de la parole aux actes. Notamment, à travers un engagement fort et concret pour la culture au Gabon afin que l’économie créative apporte son impact sur notre PIB et PNB. Nous ne demandons pas aux dirigeants d’organiser des événements, nous avons juste besoin qu’ils nous accompagnent et qu’ils encouragent les projets crédibles qui existent par leur fort impact. Après 10 ans d’expérience et 7 en tant que porteurs de projet culturel au Gabon, nous sommes chaque année entrain de rechercher le financement comme si nous n’avons jamais rien organisé et pourtant nous avons des chiffres qui parlent : 250 jeunes danseurs gabonais formés, 30 créations produites et coproduites et prêtes à diffuser, 15 danseurs gabonais formés dans les grands centres de danse en Afrique (Sénégal, Ecole des Sable, Burkina Cdc La Termitière, Mali Donko Seko, Afrique du Sud Dance Project), en Europe et aux USA, 10 danseurs professionnels gabonais travaillent actuellement avec des compagnies professionnelles en Afrique et dans le monde, 2 danseurs professionnels gabonais (Amaël Mavoungou et Essiane Kaisha Mpini) sont titulaires d’un master 2 en Danse.

Nous avons également des danseurs professionnels à l’exemple de Basko, lauréat du 1ere Prix Miami Go Talent aux Etat Unis 2015 et Djaroule MKG, finaliste de l’Incroyable talent Afrique 2016 à Ouagadougou à la Triennale Danse l’Afrique 2016. Nous avons accompagnés pour la première fois 5 projets Gabonais en coupe d’Afrique de Danse sous la Direction Artistique de Salia Sanou, d’Irène Tassambedo et de Seydou Boro. En ce moment, la danseuse gabonaise Gaelle Ikonda est en tournée européenne avec la création WeAlmost Forget, une coproduction franco-allemand-igériane perdue pour des raisons financières dont le chorégraphe est Qudus Onikeku qui a été l’invité et le regard extérieur de la 3ème édition de Plateau Jeune Création.

GE : Un appel à lancer ?

LO  : Cette 5ème édition porte sur le Thème « Générosité Artistique ». Nous profitons pour lancer un appel aux personnes de bonne volonté et surtout aux mécènes pour qu’ils nous aident dans le cadre de l’épanouissement et la créativité culturelle des jeunes professionnels gabonais via cette plateforme. Nous poussons surtout un cri d’alarme en direction des autorités pour qu’elles concrétisent la politique culturelle et la diplomatie culturelle en mettant en place un véritable accompagnement pour les projets et évènements culturels via les aides à la production, à la création et à la diffusion.


Propos recueillis par Waris Moulenda Fatombi

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