Caricature/« Nom : Gabon », « Prénom : Xénophobe » : Grosse polémique sur la toile !

mercredi 6 février 2019 Société & environnement


« Nom : Gabon », « Prénom : Xénophobe », la caricature du dessinateur gabonais de bande dessinée, Pahé, publié sur sa page officielle Facebook dénonçant le caractère « xénophobe » des Gabonais fait débat sur la toile.

En Afrique, qui est xénophobe et qui ne l’est pas ? Alors que la question se pose pour comprendre les spécificités qui font les différences culturelles de chaque territoire, le Gabon, pays longtemps qualifié d’« hospitalier » pour son ouverture au reste du monde se retrouve au-devant de la scène et pas de manière agréable. A tort ou à raison, les Gabonais sont accusés d’alimenter un comportement de rejet de l’autre, étranger, venu des pays voisins du continent. Après Jeune Afrique en 2015 (« Gabon : le poison xénophobe ») qui critiquait déjà cette ‘’prétendue’’ attitude dans un de ses articles, le dessinateur de bande dessinée et caricaturiste, Pahé, dans un post sur sa page officielle Facebook, ressuscite le débat autour de la question en accusant ouvertement les Gabonais d’être xénophobe.

Sur une image simple, illustrative de son point de vue, on peut apercevoir de haut en bas, les graphismes : « Nom : Gabon », « Prénom : Xénophobe ». Au milieu de l’image, le drapeau gabonais, placé en plan incliné sur lequel deux personnages, un homme et une femme de droite à gauche occupent le milieu du drapeau. Très symbolique, cette image caractérise la mixité de genre qui fait la nation gabonaise. C’est-à-dire, l’homme et la femme qui sont à l’origine du Gabon en tant que composantes du peuple. Le choix de ces deux êtres caractérise également la mixité des opinions qui fondent le contenu linguistique informatif source de l’actualité. Une profondeur d’esprit qui accuse ouvertement les gabonaises et les gabonais d’être les auteurs de la cabale menée contre les étrangers, en dépit des lois internationales.

Une indignation artistique qui manque de preuve, s’indigne l’opinion qui refuse de généraliser des « points de vues de quelques personnes ». « Un pays xénophobe n’a pas une caste étrangère aux commandes et dans les hautes fonctions (de la République). Sauf si votre appréhension de la xénophobie est différente de celle généralement connue », fait remarque RHN sur Facebook qui remet en cause la caricature de Pahé. Pour MM, si ce fait est prouvé alors, « les Gabonais ne sont pas plus xénophobes que certains pays africains » qu’il manque de citer. « Il faut voyager pour le constater. On est mieux que certains » ajoute-t-il avant d’être soutenu par FE qui montre que le « vivre ensemble » caractérise les relations de proximité entre les gabonaise et les autres nationalités. Autant de preuve qui réfutent l’idée d’un comportement gabonais xénophobe.

Mais « que peut-on reprocher à un ‘’étranger’’ qui fait bien son travail et qui participe au développement du pays ? », c’est la grande question que pose MB qui voit en l’enracinement, un principe infaillible d’appartenance à une nation, un pays. « Ces étrangers n’empêchent pourtant pas les autres de travailler » soutient-elle. Il faut dire que devant la vague des réactions contre la caricature, le post au moment où nous rédigeons cet article est un des rares qui penche en faveur de la question, la généralité étant contre. Mais quel est donc l’élément déclencheur de ce débat et comment comprendre qu’au fil des années, après le passage de l’ancien Directeur de campagne du Président de la République, Maixent Accrombessi, la question demeure toujours aussi vive dès qu’elle est évoquée ?

Même si les desseins du caricaturiste Pahé ne sont pas avoués, les tensions autour de la question se sont exaspérées lorsqu’il y a quelques jours de manière inattendue, la secrétaire nationale chargée de la communication du Parti démocratique gabonais (PDG) , après des années d’existence au Gabon, a été taxée d’étrangère. Sur la toile, les critiques ont fusé de part et d’autres en faisant de cette dernière, le bouc-émissaire d’un échauffement verbal. Alors que le débat se refroidissait, la caricature de Pahé reconfigure l’univers. Mais cette fois-ci, qui paiera les pots cassés d’une aussi tranchante et dangereuse valse ?


Michaël Moukouangui Moukala

Vos commentaires

  • Le 8 février à 20:30, par Hans En réponse à : Caricature/« Nom : Gabon », « Prénom : Xénophobe » : Grosse polémique sur la toile !

    Le sujet est très intéressant dans le contexte de globalité où nous sommes plongé. Les gabonais sont ils xénophobes plus que les autres humains ? Je serai tenté de dire non. Je m’explique. L’histoire de l’humanité nous enseigne que les hommes ont toujours leur Instinct animal en avant pour faire face à l’adversité. Le Gabonais n’y échappe pas : il urge de faire une psychanalyse de l’histoire du Gabon. Primo, le référentiel culturel dans lequel s’est effectuee notre éducation détermine fortement nos stéréotype à l’endroit de notre environnement. Rappeler vous qu’à l’époque coloniale et jusqu’aux années 1970 , Le peu d’ empathie que manifestait les uns les autres les groupes ethniques du Gabon selon que l’on est du sud ou du Nord. Cette attitude s’est illustrée jusque dans l’arène politique gabonaise à l’orée des indépendances. La seconde évolution vers la xénophobie ’est apparue après le boom pétrolier des années 70 et le recours à la main d’oeuvre étrangère à été un terau pour l’enracinement et l’afflux des étrangers au Gabon. En sus de ce cocktail, de nombreux épisodes d’expulsion de vague d’étrangers a fini par nourrir l’inconscient du peuple Gabonais quand à leur prétendu supériorité sur l’être étranger.
    Le Gabonais a été nourri sur plusieurs générations sur ce complexe de supériorité jusqu’à croire qu’il n’est fait que pour travailler au bureau. Pendant ce temps, Le discours politique était en parfait contradiction avec les faits. Car, il suffit de regarder les ménages de ces hommes politiques pour voir qu’ils on pour compagne une ou plusieurs étrangeres et plusieurs travailleurs à plus de 90/100 des étrangers.
    En somme la xénophobie du Gabonais actuellement est le relant des années d’incorporation dans la manière de penser des gabonais. Le retour de bâton sur les hommes politiques actuellement au regard de leur volonté d’inclure les nationaux d’origine étrangère à des postes politiques est mal vécu à cause de leurs machination Passées à prendre les étrangers pour des alibis de tout le mal Gabonais.

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