Candidature d’Ali Bongo Ondimba : Plébiscite ou acte empreint de simple formalisme ?

lundi 14 mars 2016 Politique


Depuis qu’il a à Ozouri dans l’Ogooué- Maritime, annoncé qu’il se portait candidat à la future présidentielle pour répondre favorablement à tous les messages le lui réclamant, il était presqu’acquis que le Congrès extraordinaire n’était organisé que pour enfoncer une porte déjà ouverte. Certaines absences remarquées à la grand’ messe du 12 mars dernier en disent long sur l’état d’esprit qui habite de nombreux camarades.

D’aucuns, même s’ils ont pour beaucoup choisi de se taire ou de se muer en soutiens au chef de l’Etat gabonais quand ils n’ont pas pour une raison ou une autre opté pour la chaise vide, auraient voulu qu’il soit d’abord organisé au sein du PDG, des primaires, avant que d’aller proposer un candidat unique au parti pour la future élection présidentielle. Ce qui de l’avis d’autres était purement et simplement qualifié d’entrave aux dispositions de la formation politique qui reconnaissent à son président le droit d’être le candidat du PDG. Entre ce que l’on a vu au jardin botanique et ce qui se profile à l’horizon, gageons qu’il n’y ait pas de fossé abyssal, car de nombreux citoyens venus s’afficher en faveur d’Ali Bongo Ondimba, pourraient retourner leur veste du fait qu’il n’y ait aucun argument pour réellement convaincre sur la sincérité des uns et des autres, surtout alors que l’on constate une dégradation continuelle du climat au sein du parti au pouvoir qui a tout intérêt à resserrer ses rangs pour ne pas être surpris par le vent de l’histoire.
Nous nous appuyons pour tenir pareil propos sur l’observation de la conférence de presse, la dernière en date, d’« Héritage et Modernité » à laquelle avaient pris part d’anciens barons du régime d’Omar Bongo Ondimba dont certains sont passés depuis à l’opposition et jouissent encore d’une certaine influence sur leurs compatriotes. Au point de nous laisser dire que leurs consignes de vote pourraient avoir des répercussions sur les résultats du prochain scrutin que l’on veut voir se dérouler, dixit l’opposition, dans les règles de l’art, c’est-à-dire dans des conditions de transparence irréprochables. Ces anciens barons qui accompagnent visiblement le « courant » né au sein du PDG comptent parmi eux des fondateurs, même s’il est vrai qu’ils ne se comptent plus que sur les doigts d’une seule main, mais aussi des animateurs de la formation politique depuis sa création, ce qui constitue un danger pour le camp au pouvoir qui, doit-on se méfier, a avec lui toute la machine administrative devant s’occuper de la gestion du scrutin que le PDG ne tient pas, mais alors pas du tout, à perdre pour avance-t-il, poursuivre l’œuvre entamée par son champion Ali Bongo Ondimba.
Oh peuple, toi l’incompréhensible !
Une donnée reste insaisissable jusqu’ici en dépit des assurances dégagées par tous les camps en compétition, c’est les populations qui sont « instables » et peuvent tantôt pencher pour l’un, tantôt pour l’autre selon qu’elles espèrent voir leurs intérêts garantis par celui- ci ou celui-là. Vu sous cet angle, il devient presqu’irréaliste de se prononcer sur l’issue du vote. D’où l’exigence doit être celle qui va dans le sens d’une mobilisation tous azimuts et surtout du fait symbolique dans la communication politique de convaincre en imposant sa crédibilité au grand nombre, l’offre, c’est-à-dire le programme ou le projet ne devant venir qu’en appoint. Comme on l’entrevoit, il y aurait d’ici à quelques mois de chaudes empoignades entre pouvoir et opposition pour se maintenir ou se hisser à la tête de l’Etat. Les gabonais qui voguent entre les deux camps, n’étant pas pour la plupart répertoriés avec exactitude, il est difficile de savoir ce qu’ils pensent généralement de l’état de la nation et de la moralité des hommes politiques tous bords confondus, pour se permettre d’avancer des arguments justifiant leur adhésion à un camp ou à l’autre, malgré leur semblant de mobilisation qui répond souvent à des circonstances bien particulières, les hommes politiques eux- mêmes auraient du mal à nous démentir. Et le PDG d’aujourd’hui, pense-t-il avoir gommé ses divergences internes qui peuvent entacher sa réputation par les fissures qu’il laissera et compromettre sa notoriété ? Au nom de son libre arbitre et de sa liberté, le citoyen peut être amené à s’interroger après avoir donné pourtant des gages d’assurance. Il importe donc d’être prudent !


Dounguenzolou

Vos commentaires

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs