Can 2017 : Les dessous de la décision gouvernementale relative à l’assouplissement des horaires de travail

vendredi 20 janvier 2017 Politique


Lundi 16 janvier dernier, le premier ministre, Emmanuel Issoze-Ngondet, a signé une note circulaire demandant aux différents employeurs des villes de Libreville, Franceville, Port-Gentil et Oyem de ne laisser travailler leurs employés que de 8 heures à 13 heures. La mesure a pour objectif de permettre aux employés qui le voudraient bien de se rendre aux stades du 14 janvier au 05 février. Seulement, si la mesure peut être bien reçue par les travailleurs concernés, elle ne manque pas d’alimenter la colère de l’opposition, qui y voit là une décision désespérée du pouvoir qui cherche à faire le plein des stades.

Décidément la coupe d’Afrique des Nations de football qu’organise le Gabon n’a pas encore fini de faire parler d’elle, notamment avec le problème de l’affluence dans les stades, qui reste le seul point d’orgue du bras de fer entre Ali Bongo et Jean Ping. Le camp de l’opposant, et un certain nombre d’organisations de la société civile affiliées à sa cause avaient appelé au boycott de la compétition, ou encore à entreprendre des actions allant dans le sens de la troubler. Outre cet appel au boycott, il y a aussi un contexte économique difficile qui ne plaide pas en faveur d’une forte mobilisation des populations enclines à d’autres préoccupations plutôt qu’aller vivre le spectacle dans les tribunes des stades retenus pour la circonstance. C’est ce qui explique certainement cette mobilisation relative des supporters au stade d’Angondje à l’ouverture du match.

Et comme pour enfoncer le clou de la morosité de l’événement, l’équipe nationale, qui joue à domicile n’est pas apte à relever le défis et à démentir les critiques du public. Tous ses deux premiers matchs de poule contre la Guinée Bissau et le Burkina Faso se sont soldés par des scores nuls. Parmi les sceptiques, il y en a qui jurent de ne plus repartir au stade et maudissent une équipe moribonde qui ne peut produire aucun résultat, malgré les moyens dilapidés par l’Etat pour l’organisation de la CAN. Surtout dans un contexte économique difficile où les priorités, disent-ils sont ailleurs.

De peur de se retrouver avec des stades vides, ce qui serait d’ailleurs préjudiciable pour l’image d’un pays organisateur, le Gouvernement par la voix de son Premier ministre Franck Emmanuel Issoze-Ngondet, demande à tous les employeurs des villes concernées par l’événement de limiter le travail de leurs employés jusqu’à 13 heures.

Même si le Chef du Gouvernement a promis que les heures perdues seront récupérées, cette décision qui tombe en pleine crise multiforme, économique surtout où il faut travailler plus et produire la richesse n’est pas de nature à décanter la morosité économique du pays. Voilà ce qui pourrait donner raison aux détracteurs du pouvoir, qui eux estiment qu’il s’agit au fond d’une décision désespérée du pouvoir qui cherche à conduire les gens de force dans les stades. Puisque rien ne prouve que tous les travailleurs qui sont libérés à 13 heures vont tous renflouer les gradins des stades, tous les matchs ou presque se jouant presqu’à huis clos.


Charles Nestor NKANY

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