BVMAC- DSX : La fusion est-elle envisageable ?

samedi 27 février 2016 Economie


Les acteurs financiers de la zone CEMAC ne sont pas favorables à l’existence de deux places boursières dans la sous- région d’Afrique centrale. Pour eux, il n’est pas nécessaire que la Bourse des Valeurs Mobilières d’Afrique Centrale (BVMAC) et la Douala Stock Exchange (DSX) soient érigées en une seule entité, venant s’opposer à l’idée d’unification émise lors du Forum international sur le développement du marché financier de l’Afrique centrale tenu à Malabo en Guinée équatoriale et accueillie de manière réservée par le Gabon et le Cameroun qui ne semblent pas prêtsà l’adopter.

Selon le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale, BEAC, Lucas Abaga Nchama, l’étroitesse du marché financier dans la sous- région, le nombre très limité des transactions boursières et le faible nombre d’entreprises cotées en bourse, ne favorisent pas l’expansion de deux places boursières sur lesquelles seulement quatre entreprises semblent avoir pignon sur rue, ce en dépit du fait que leur capitalisation n’atteint pas les 0,4% du PIB des pays de la sous- région. En Afrique, les deux places boursières peinent à servir d’exemple en raison de leur capitalisation trop faible, affirme le gouverneur.

Si le marché obligataire a pu mobiliser entre 2008 et 2015, 419 milliards de francs CFA, cela ne suffit pas à envisager ce type de fusion. Par contre, il serait d’abord nécessaire aux Etats de la CEMAC de développer leurs politiques d’intégration pour rationaliser les principes économiques et être plus pragmatiques, la guerre de leadership des deux bourses ne profitant nullement aux économies de la sous-région, participant plutôt à retarder l’intégration financière dans cet espace économique.

BVMAC vs DSX, une guerre de leadership

La guerre de leadership que se livrent la BVMAC et la DSX ne date pas d’aujourd’hui. Le fait que Libreville ait été désignée pour abriter le siège de la bourse commune aux six Etats membres de la CEMAC, fait des mécontents, côté camerounais, puisque leur pays aurait voulu voir la capitale économique du Cameroun Douala, jouir de ce privilège. D’où la guéguerre entre Gabonais et Camerounais, les seconds ayant opté pour la création de la « Douala Stock Exchange » (DSX) pour concurrencer la BVMAC.

Cependant, les acteurs financiers de la zone CEMAC ne sont pas favorables à l’existence de deux bourses, recommandant leur unification. Le Gabon affirme avoir fait ce qu’il fallait faire pour encourager le développement d’un marché financier unique en Afrique centrale, le Cameroun, lui, campe sur sa position, partant de l’idée selon laquelle il s’est engagé politiquement à développer le marché financier régional, d’où la difficulté qu’il éprouve à laisser tomber ses engagements, car soutient-il : « il y a assez de potentiel économique, assez de ressources et assez de projets pour plus d’une Bourse en Afrique centrale »


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