BR Sarl : L’affaire portée à l’international

vendredi 15 juillet 2016 Société & environnement


Après près de neuf mois de vaine bataille, le collectif des investisseurs floués par l’établissement de microfinance Bâtisseurs de Richesse (BR Sarl) déporte l’affaire vers les tribunaux internationaux.

On croyait cette affaire laissée aux oubliettes et que les clients lésés avaient consommé leur échec. Il n’en est rien. Neuf mois après, malgré la lenteur d’avancement du dossier, les investisseurs floués par le Bâtisseur de Richesse (BR Sarl) espèrent toujours le remboursement de leurs fonds. « Quel que soit le temps, cette histoire ne peut se terminer de cette façon  », a déclaré au cours du point de presse tenu hier, jeudi 14 juillet au sein des locaux de la Société civile Libre, Agondjot Franck président du collectif des clients.

Le collectif s’est allié aux ONG Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG) et « On ne m’achète pas » dont les axes d’intervention touchent justement les questions de blanchiment des capitaux ou encore de corruption, pour donner une autre allure à leur bataille. Cette alliance vise à porter l’affaire vers des tribunaux internationaux pour que justice soit faite. Des démarches ont été lancées en France et auprès de Transparency International pour que l’Etat gabonais prenne ses responsabilités. « Nous allons nous attaquer à ce gouvernement devant les juridictions internationales », annonce Georges Mpaga du ROLBG.

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Vue de l’assistance lors de la conférence de presse du collectif des clients spoliés par BR SARL le 14/07/2016

Pour Ndong Aboghe, spécialiste des questions de droit, par ailleurs dirigeant de l’ONG « On ne m’achète pas », le tort de l’Etat dans cette affaire a été d’avoir laissé prospérer une institution de microfinance dirigée par un « voyou » qui avait déjà fait de la prison. « L’Etat, est responsable par ce qu’il n’a pas utilisé les mesures prudentielles mise en place par la Cobac » estime le spécialiste. Selon lui, c’est donc à l’Etat d’endosser l’entière responsabilité de cette affaire.

BR Sarl produit de la « théorie de l’apparence »

Non sans omettre de relever la naïveté des Gabonais devant l’arrivée de cette IMF, le spécialiste des questions de droits fait remarquer qu’à la naissance de BR Sarl, il n’y croyait pas et pour lui, cette entité n’était pas fiable. Aujourd’hui, on lui donne raison.

BR Sarl état un pur produit de la « théorie de l’apparence » dont les fondements juridiques étaient douteux. De plus, son gérant, Yves Mapakou était fiché auprès des services judiciaires. Il avait fait de la prison pour avoir agressé sexuellement une fille, puis avait été gracié par décret présidentiel quelques années plus tard. Comment est-il parvenu des années plus tard à monter une telle structure ? C’est la question que se posent bon d’investisseurs adhérents au mouvement. « Tout était minutieusement planifié  » selon Georges Mpaga. Pour les responsables des ONG, il s’agit d’un acte de « crime financier organisé » dans lequel certains dirigeants actuels seraient impliqués. Si non comment comprendre, la lenteur d’aboutissement de ce dossier ?

Dans leur bataille judiciaire internationale, le collectif compte interpeller les institutions internationales comme la Cemac, l’Umac, la Beac, la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International (FMI), la Banque Africaine de Développement (BAD) et les Tribunaux Arbitraux de Paris, Bruxelles et Genève.


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