Biodiversité : Le « bon accord » de Nagoya

samedi 30 octobre 2010 Speciales


Les délégués des 193 pays du Nord et du Sud ont adopté le 29 octobre à Nagoya, au Japon, trois volets de la Convention et un nouveau protocole visant à mieux protéger les espèces et les écosystèmes de la planète et à en partager plus équitablement les bénéfices.

A l’issue de deux semaines d’intenses négociations, les délégués de 193 pays ont adopté un accord jugé déterminant pour lutter contre la perte accélérée de la biodiversité sur la planète. Il s’agit de trois volets de la Convention et un plan stratégique pour 2020 fixant 20 objectifs pour protéger la nature et freiner le rythme alarmant de disparition des espèces, avec en particulier un objectif d’extension des aires protégées à travers le monde, sur terre comme en mer.

Les trois volets de la Convention ont été adoptés par l’assemblée. De même, le protocole ABS sur l’accès et le partage des ressources, qui était au cœur du débat de cette 10e conférence, a été également adopté et concernera l’ensemble des molécules et leurs dérivés pour lesquelles ont été proposées une définition comme le demandaient les pays en développement. Selon la présidence japonaise de la dixième réunion des 193 Etats signataires de la Convention sur la diversité biologique « nouvelle ère de vie en harmonie avec la nature est née à Nagoya

Ce protocole de Nagoya va désormais régir à partir de 2012 les sensibles relations commerciales et scientifiques entre les pays du sud détenteurs de la plupart des matériaux biologiques issus de la faune et de la flore et les pays du nord utilisateurs de ces molécules, extraits naturels et gènes dont les industries pharmaceutiques et cosmétiques sont friandes.

Toute industrie ou organisme de recherche devra désormais déposer une demande d’accès au pays fournisseur, obtenir un consentement éclairé des populations autochtones, respecter les savoirs traditionnels, et rédiger un contrat qui stipule le partage des bénéfices espérés par l’exploitation de futurs brevets. Chaque pays devra mettre en place une procédure de surveillance des canaux commerciaux et scientifiques.

Les 193 Etats se sont également entendus sur la stratégie 2010/2020 qui doit permettre d’en finir avec l’érosion de la biodiversité et la disparition accélérée d’espèces. Ce plan stratégique en vingt points comprend notamment, la division par deux voire quand c’est possible, l’arrêt total de la destruction des habitats naturels parmi lesquels les forêts. Un objectif de 17% d’aires terrestres protégées et de 10% de zones marines et côtières est fixé aux Etats (contre respectivement 10% et 2% actuellement, les ONG réclamant pour leur part 25 et 15%). Des « efforts spéciaux » devront être menés sur les récifs coralliens. Et les subventions néfastes pour l’environnement devront être éliminées ou réduites progressivement.

Enfin sur la question du financement, il a été décidé d’augmenter l’aide aux pays en développement à l’horizon 2020, sans qu’un niveau de cette aide soit précisé par le texte, qui cependant met en place une stratégie de mobilisation des ressources. Le texte demande aux pays du Sud de faire pour 2015 une évaluation de leurs besoins financiers.

Si la Nagoya a réussi à obtenir un consensus sur les trois points clés des négociations, rien n’indique cependant que cet accord salué par tous, va produire les effets escomptés sur le terrain. Son efficacité sera jugée à l’aune des résultats, notamment le volume des financements et surtout l’application du régime ABS.


Gaboneco

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