Bienséance : Quand les politiques se fichent de la ponctualité !

jeudi 27 octobre 2016 Société & environnement


C’est devenu la mode : ne jamais respecter l’heure ! Au point que le retard est devenu une pratique bien courante sous nos tropiques. Du sommet de l’Etat au bas de l’échelle, la ponctualité est désormais la chose la moins partagée dans notre société. C’est dire qu’une cure comportementale s’impose !

Au Gabon la ponctualité n’est plus de mise, et ce, même dans la sphère politique. En effet, il est coutume de voir un rendez-vous débuter bien au-delà de l’heure fixée au préalable. Le dernier exemple en date est sans aucun doute le retard accusé mardi dernier par le président de Démocratie Nouvelle. René Ndemezo’o Obiang qui a convoqué les journalistes à 10 h à la Chambre de commerce s’est pointé avec près de deux heures de retard. Pire, ce dernier n’a même pas daigné s’excuser et a ainsi débuté sa causerie comme si de rien n’était.

Plus que lui, il est absolument rare de trouver un homme politique qui respecte scrupuleusement l’heure. Malgré les rigueurs du protocole d’état, le Président de la république est souvent en retard. Idem pour le nouveau Premier Ministre. Lors de la publication de son nouveau gouvernement la presse était convoquée à 18h, c’est finalement sur les coups de 22 h que le chef du Gouvernement a dévoilé la composition de son équipe. Alain-Claude Bilie By Nzé, Porte-parole du Gouvernement détient la palme d’or des excuses, du fait de ses retards répétitifs à ses rendez-vous hebdomadaires avec la presse. Toutefois, le Ministre de la communication prend au moins la peine de s’excuser.Ce qui n’est pas le cas pour d’autres membres du Gouvernement.

Pour rappel, lors de la campagne électorale de la dernière présidentielle, Jean Ping a été un parfait retardataire au même titre que son adversaire Ali Bongo Ondimba. Que dire des autres candidats ? Si ce n’est qu’en la matière ils ont brillé par leur retard. Aucun meeting, aucune causerie, rien n’a débuté à l’heure indiquée.

Dans les administrations, le son de cloche est le même ! Les fonctionnaires arrivent expressément en retard au travail sans que cela n’émeuve personne. C’est pourquoi un document qui peut être établi en quelques heures traine souvent pendant plusieurs jours voire semaines, vu que le retard est désormais consacré en « vertu »cardinale, et ce, avec la sacro-sainte bénédiction des dirigeants.

Pour le communicateur Armand Hakam « Cette habitude gabonaise et africaine doit être proscrite. Les équipes qui entourent les hommes politiques doivent leurs imprimer la notion de temps. » Un avis partagé par la journaliste camerounaise Beatrice Kaze « C’est extrêmement embêtant et pénalisant pour les journalistes qui ont des contraintes de temps. Cela se passe aussi au Cameroun. Ce sont pourtant des rendez-vous fixés depuis longtemps. On n’a pas que ça à faire venir attendre une autorité qui n’a pas le sens de la ponctualité ».

Dans la même veine, le journaliste Ismaël Obiang Nzé se désole. « C’est décevant parce que c’est un signe patent du sous-développement. Voici pourquoi notre pays est sous-développé. Les hommes politiques ont de mauvaises habitudes et pourtant ils aspirent à diriger la société mais ils sont toujours en retard. C’est impressionnant. Ils doivent prendre des bonnes habitudes en commençant par le respect de la ponctualité. Comment pour un papier qui doit être signé à 8h pour faire avancer une administration vous vous pointer au travail à 10h ? C’est vraiment honteux. Du chef de l’état au plus petit citoyen l’africain à un problème avec l’heure », pense-t-il.

« Quand un africain se respecte il arrive toujours en retard à ses rendez-vous. » Ecrivait le journaliste français, Robert Arnaut, dans son livre « L’Afrique du jour et de la nuit ».Le développement de notre société passe par l’axe du respect de l’heure.

C’est ce qui justifie le fait qu’au Sénégal, l’ancien Premier Ministre Me Souleymane Ndéné Ndiaye avait obligé tous les ministres à la ponctualité. Une décision prise par ce dernier à la suite d’un retard accusé par son ministre des Transports, Nafi Diouf Ngom à la cérémonie de lancement de la Décennie mondiale pour la sécurité routière 2011-2020. Face à la grave crise du manque de ponctualité, les dirigeants de notre société doivent agir pour changer la donne et surtout renforcer l’éducation civique qui laisse à désirer aujourd’hui.


YAO

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