« Bibubua Bi Ya O Gabon ! »

jeudi 15 octobre 2015 Speciales


Cette exclamation dans la langue fang du Gabon, nous allons simplement pour éviter d’être orduriers, la traduire par « les faits insolites du Gabon », pays dans lequel la norme semble être tous les jours que Dieu fait et de plus belle être battue en brèches par qui prend le courage de défier jusqu’à la loi. Les faits qui vont vous être relatés n’ont rien d’actes chimériques, mais ont plutôt été vécus par vous et nous. Ou bien ?

Parler comme au quartier n’est pas un péché, ce qui l’est, c’est, nous apprennent les Saintes écritures, le fait que les principes qui régissent la vie en société soient tous les jours battus en brèche par des individus qui se donnent la liberté de violer la loi impunément souvent, ce qui ne manque pas de surprendre et de créer le désarroi qu’accompagne la déception que ressentent de nombreux compatriotes se sentant désabusés ou des sujets qui estiment n’avoir pas commis de faute, mais être punis ou violentés sans raison.

Effarant ce qui se produit sans cesse ces temps derniers dans la cité à l’image de ce sale quart d’heure qu’ont fait subir deux agents de police à deux taximen d’origine étrangère. C’était sur le boulevard du bord de mer face à l’ancien gouvernorat. Alors que les deux chauffeurs s’étaient sagement mis de côté pour céder la voie au cortège présidentiel qui s’apprêtait à déferler, des policiers en faction sur les lieux ne trouvèrent pas mieux que d’aller leur apprendre qu’ils n’avaient pas le droit d’y être à cet instant de la journée, l’on était entre 9 et 10 heures, les rudoyant de coups à l’aide de matraques et les embarquant à bord d’un de leurs véhicules sous les regards pantois des passants ahuris et bénéficiant visiblement de la complicité de leurs collègues également de service là.

 Quelle ne fut pas la surprise des deux taximen de se retrouver en un clin d’œil à la préfecture de police de Libreville où ils durent rester emprisonnés jusqu’aux environs de 18 heures. Le comble, c’est qu’en les faisant sortir d’une prison qu’ils n’avaient pas du tout méritée, les flics se sont mis à leurs trousses à nouveau pour leur demander à chacun de débourser 45.000 francs CFA, l’équivalent d’une recette journalière. Au vu et au su des supérieurs hiérarchiques ? Si oui, pourquoi ? Parce que la réaction des taximen ouest- africains quand elle ne va pas chercher dans des pratiques vodouisantes, consiste à s’empresser de cogner aux portes de la justice, saisir le Procureur de la République qui n’aura pas de peine à mettre le grappin sur les deux indélicats, les taximen les ayant localisé au sens où ils connaissent leur poste d’affectation.

A l’hôpital général, Centre hospitalier universitaire, CHU, devenu, que de scandales ! Même là où l’on donne la vie, entendez « la Maternité », point de places, d’où des futures mamans qui gisent au sol quand elles ne sont pas purement et simplement renvoyées chez elles, le temps qu’elles soient au bord de l’implosion, vous savez de quoi il s’agit.

S’entendant dire par des membres du personnel soignant pour qui Hippocrate n’est plus qu’un vain souvenir : « Amenez vos malades à la maison, vous ne choisissez que l’hôpital général parce c’est pour vous la poubelle, si vous ne le voulez pas, allez dans les cliniques ». Ce type de propos est- il propre à laisser un patient insoucieux ? Dire qu’à ses côtés ne se tient pas un psychologue capable en ces temps de le remonter pour tenter de ramener comme le disait feu général Mobutu du Zaïre son moral au zénith.

N’y-a-t-il pas crainte que chaque fois qu’un tel acte se produit, l’on court le risque de perdre une vie ? Et quand vous sollicitez l’intervention d’un responsable, c’est avec légèreté que l’on vous administre des soins comme si c’est par votre faute qu’ils ont embrassé cette carrière.

 L’on comprend que la vocation ait foutu le camp, mais de là à ne plus tenir compte de ce que la vie ne vaut rien certes, mais que rien ne la vaut, allez- y comprendre ! Ce qui se passe à la maternité, on le vit quotidiennement au service des « urgences » où l’on compte les morts par milliers, « ils » disent « l’issue létale n’est pas à exclure », mais qu’arriverait- il s’ « ils » s’y prenaient à temps ? Comme le monde peut paraître inhumain par moments puisque dans le lot se trouvent bienheureusement de bonnes âmes animées par le désir de procurer du secours à leurs semblables, mais sont- elles récompensées à leur juste valeur ?

C’est comme si depuis la création de la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite, les Gabonais s’étaient permis en l’absence d’une opération « Epervier » de tout racler sur leur passage surtout lorsqu’ils appartiennent à des régies financières.

 Après les anciens qui s’enrichissaient sur le dos de l’Etat allègrement, papa Omar les couvrant de tous ses soins, les jeunes loups aux dents longues entend- on souvent dire, « les nouveaux riches » qui s’assurent bien qu’ils sont en phase avec le credo du président de la République dit de l’Emergence. Et qui à ce titre prennent sans titres fonciers, dans des zones rurales assez souvent maintenant pour être à l’abri de tout regard interrogateur, des portions de terre astronomiques et y installent qui un chalet, qui un bunker, ceinturé par une barrière qui ne laisse parfois pas entrevoir les toitures des maisons d’habitation avec à l’intérieur des véhicules tels des fourmis, des grosses cylindrées aux coût d’usine tout aussi astronomique, comment le comprendre lorsque l’on jette un regard sur leur durée dans la fonction publique ou au sein d’une société fut- elle privée ?

 C’est qu’ici, certains protégés en font un peu trop, certains désinvoltes aussi, et le citoyen de se demander combien de temps la chienlit va-t-elle encore durer ? A ce rythme qu’attendre des promesses du chef de l’Etat dont la principale autour de laquelle gravitent toutes les autres, l’Emergence à l’horizon 2025 ?

Ces trois exemples pris dans le tas ne suffisent- ils pas pour que l’on s’inquiète sur le devenir d’une nation au demeurant paisible ? Qu’attendre des autorités qui devraient prendre ces problèmes à bras le corps afin d’y apporter solution définitivement pourquoi pas, même si la perfection n’est pas de ce monde et des populations qui, parce manquant parfois de soutien de toutes sortes, peuvent être amenées à se faire justice ? Alors tu comprends pourquoi « Bibubua ! »  


JGN

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs