Baccalauréat 2019 : Chantons un cantique nouveau !

mardi 16 juillet 2019 Société & environnement


Si l’on comprend aisément la satisfaction de la Direction générale des examens et concours (DGEC) pour avoir cette année réussi l’exploit de battre à l’examen du Baccalauréat le record de la précédente, dire qu’il y avait des décennies, l’on n’avait plus vu pareil succès, qu’il nous soit également permis démocratiquement d’apporter notre point de vue face à une situation qui soulève moult commentaires. En effet, il aurait été déjà préjudiciable pour les responsables de l’Education nationale et par ricochet les autorités du pays d’endosser des résultats catastrophiques, eux contre qui les parents d’élèves ne cessent de se plaindre à juste titre d’ailleurs, parce qu’il leur est reproché de ne point prendre au sérieux les missions à eux dévolues dans la formation et l’insertion d’une jeunesse dont beaucoup d’éléments sont aujourd’hui aux abois.

Quel qu’en soient les raisons ayant milité en faveur de ce taux de réussite à la limite extraordinaire par des temps de régression visible du niveau scolaire, la réalité à laquelle nous devons nous conformer est celle qui fait état d’un nombre de plus en plus grandissant d’étudiants dans nos universités publiques, alors que celles-ci sont confrontées, nous en voulons pour preuve les affirmations du Recteur de la plus grande d’entre elles, le Professeur Marc-Louis Ropivia de l’UOB, à un réel problème de capacité d’accueil qui obère sérieusement l’élan mis dans la formation des futurs cadres.

De plus, l’Etat a presque souvent, sinon toujours brillé par son incapacité à tenir ses engagements vis-à-vis de ses partenaires privés de l’Education, ce qui s’est ces temps derniers traduit par l’incapacité de certains d’entre eux à subvenir aux charges qui sont les leurs, d’où leur fermeture ou leur impossibilité à payer les vacations d’enseignants pourtant dévoués à la tâche dans un univers où la précarité est courante et où l’on doit s’évertuer à multiplier les efforts pour remplir ses besoins au quotidien ou joindre les deux bouts.

Dans un pays où la natalité est parmi les plus élevées du monde, ne doit-on pas prévoir qu’il y aurait d’année en année plus d’élèves inscrits au Baccalauréat et qu’il faille pour cela réfléchir aux moyens de les contenir dans les différents établissements devant les accueillir au supérieur, mieux de penser à instituer une politique devant leur permettre d’avoir accès à des filières non seulement prometteuses, mais répondant aussi à leurs aspirations, leurs aptitudes et aux besoins du pays ?

Pour leur éviter les errances souvent observées qui ne leur sont pas forcément imputables au vu des curricula proposés et des options prises par les institutions qu’ils fréquentent. D’où se pose inéluctablement la question de l’adéquation formation-emploi qui est pourtant souvent revenue lors des états-généraux initiés par les responsables de l’Education au Gabon, états-généraux qui sont jusqu’ici malheureusement restés lettre morte pour des raisons que nous ignorons, même s’il nous est brandi l’argument financier qui a du mal à convaincre nombre d’entre nous observant avec assiduité la façon dont les choses sont faites.

Loin de nous l’idée d’avancer qu’il n’est plus utile à notre pays d’ouvrir ses formations aux enseignements généraux dans lesquels fourmillent des chercheurs et enseignants dont il a besoin pour son développement, mais faut-il que l’on procède peut-être à une limitation des quotas en fonction de l’évolution de la société et de ses besoins. Peut-être faut-il que l’on oriente vers des secteurs technologiques et techniques beaucoup plus d’élèves et que l’on implique davantage les employeurs dans les politiques de formation pour que l’on vive de moins en moins ou ne les vive plus du tout les phénomènes auxquels nous assistons régulièrement de diplômés sans emploi ou en quête d’un premier emploi, si tant est qu’il n’est pas dans l’idée des autorités gouvernementales de s’atteler de manière efficiente à résoudre ce casse-tête en trouvant la formule leur permettant de s’orienter vers de nouveaux métiers après leur avoir bien entendu assurer une formation, pour éviter que l’on ait continuellement à voir des jeunes laissé-pour-compte.

Face à la mondialisation impitoyable, que nous inspire un tel relâchement ou une telle négligence quand on sait celle-ci exigeant de chacun qu’il soit compétitif au cas où ça lui dirait d’affronter l’international avec ses armes et bagages pour se frayer une place au soleil ? Certes, il est normal de former puisque cela relève des obligations d’un Etat dit responsable, mais comment faut-il assurer la formation des futurs cadres, telle semble être la question fondamentale aujourd’hui, question à laquelle les autorités gabonaises n’ont pas encore semblé accorder d’importance.

Comment ne pas l’affirmer lorsqu’il est de notoriété qu’elles ne s’inscrivent que très rarement dans les politiques prévisionnelles et futuristes, pour ne pas dire qu’elles semblent en vérité négliger ce qui relève de la planification, sinon devrait-on, après plus d’un demi-siècle d’indépendance, en être encore là ? Comme nous avons coutume de le dire, plutôt que de continuer à nous bassiner les oreilles avec des affaires de politique politicienne qui ne nous apportent rien ou presque, militons à asseoir celles qui privilégient le devenir et l’avenir du pays si tant est que, comme l’affirmait feu Omar Bongo Ondimba, « la jeunesse est sacrée ».


Dounguenzolou

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