Au gabonais, « il faut Etre pour mieux Paraître » !

mardi 9 février 2016 Société & environnement


On entend souvent dire que l’homme ne vaut que par ce qu’il possède. Faux ! Rétorquent les spécialistes des sciences humaines dont les philosophes en première ligne qui recommandent, en dehors de l’humilité, à l’homme de se connaître lui-même « Homo cognosco te ipsum » pour reprendre René Descartes, aux fins de se réaliser et amener les observateurs établir aisément la différence entre lui et toutes les autres espèces. Autant dire que l’Emergence dont on parle tant est d’abord un comportement.

Le goût du luxe et du lucre, de ce qui est ronflant et de l’argent facile, semble être l’une des principales caractéristiques de notre société. Pas un jour ne passe sans que l’on assiste à un défilé de grosses cylindrées dont certaines viennent juste d’être sorties des chaînes de montage automobile de par le monde. De même que l’on assiste à une sorte de concurrence qui ne dit pas son nom quand l’on constate que des fortunés sous les tropiques se mettent à construire des châteaux du type de celui de Versailles sous Louis XIV, dire que nous sommes sous un climat équatorial chaud et humide dont les conséquences sont tout de suite palpables avec ces problèmes d’étanchéité et de moisissure guettant les différents édifices en matériaux dits durables, mais en vérité inadaptés à notre climat. Dans les rues, les restaurants, un peu partout, l’on voit des femmes et des hommes voulant à tout prix appâter les passants comme s’ils étaient en concurrence avec eux. Pour ce faire, chacun veut et rapidement s’en mettre, même illicitement, plein les poches au motif qu’il accuse un certain retard dans ce qu’il considère être son développement à lui. Et le pays, que devient-il dans tout cela ? Une vache laitière, n’est- ce pas ? C’est qu’où on se trouve, tant que l’on n’a pas réalisé la prouesse d’amasser des fortunes, on ne se sent pas vivre. Adieu le bon sens que René Descartes, encore lui, considérait comme la chose du monde la mieux partagée.

Osons changer de paradigmes !

Certes, il est réel de reconnaître qu’il fut un temps l’Europe a vécu à notre rythme, mais faut- il pour cela que l’on s’achemine sur la même voie qu’elle aujourd’hui, alors que l’on sait les principes et valeurs régissant la vie d’ensemble ayant mué ? Le mimétisme, s’il est de rigueur, ne devrait concerner que les aspects en rapport avec le développement intellectuel et technologique, les seuls qui font l’unanimité, car que l’on soit pauvre ou développé, les critères d’évaluation restent les mêmes quel que soit l’hémisphère dans lequel l’on se trouve. C’est pourquoi, l’on recommande aux pouvoirs publics d’investir énormément sur l’homme pour le transformer positivement et lui donner une impression d’existence face aux autres. Ceci passe par l’Education qui revêt des domaines variés, mais se résume à la construction d’un Etre social et sociable qui épouse les joies et les peines de la communauté pour donner l’air de quelqu’un qui ne vit pas en dehors, comme on l’entend souvent susurrer ci et là, de la société. L’avantage dans la construction de l’Homme est manifeste dans ce qu’il devient un référentiel aux yeux d’autrui et peut de ce fait représenter un exemple vivant pour qui est à la recherche d’un modèle. Pourquoi les américains sont prêts à nous vendre jusqu’à la pacotille made in America ? C’est justement fort de cela ! La culture de chacun doit constituer un élément d’élévation spirituelle et comportementale plutôt que d’être conçue comme un objet d’apparat qui, au contact d’un autre, est menacé de disparition. Que dire du sens communautaire bien reconnu aux africains ?

« Eveille- toi Gabon ! »

Ce n’est pas en s’illustrant par des attitudes insolentes et grandiloquentes que l’on méritera l’Emergence que l’on recherche, mais plutôt en revenant nous interroger sur la place que nous occupons dans le concert des nations aux fins de rétablir d’abord notre vécu et oser nous lancer sereinement dans l’univers du « rendez- vous et du recevoir » qu’envisageait Léopold Sédar Senghor, un peu comme le canadien Marshall Mac Luhan parlant du village planétaire. Développer le Gabon ne passe pas par l’affolement qui se traduit par l’exubérance sans cesse affichée, y compris par des parvenus, mais par ce que l’on classe dans les œuvres de l’esprit pour ne citer que des exemples aussi simples que le « parler toli bangando » qui est l’expression d’une jeunesse gabonaise qui veut marquer son territoire et se distinguer de « la vieille garde » recroqueviller sur le grand français de Molière au moment où l’académie française, elle- même, décrète l’ « assouplissement » de l’orthographe qui permettra entre autres à tous ceux que la langue intéresse de choisir entre écrire maîtresse avec ou sans accent. C’est que où que l’on soit, l’on doit aujourd’hui plus qu’hier faire appel à notre imagination et nous inviter sur le terrain de la recherche et de la découverte pour être capable le moment venu de proposer un modèle qui soit attractif. Nous ne devons pas pour cela nous accommoder de la seule aisance matérielle qui ne traduit pas souvent notre probité ou notre niveau d’acquisition des connaissances, encore faut-il également nous soumettre à un inventaire au sujet des procédés utilisés pour parvenir à l’accumulation des biens qui devaient pour certains nous conduire à être discrets pour éviter de paraître ridicules aux yeux de ceux pour qui les valeurs ont encore un sens en temps qu’ensemble de principes que l’ on a en partage dans la société. Pour y arriver, il est des textes qui pourraient nous servir d’aiguillon, tel est le cas de l’Hymne national « la Concorde » que l’on fredonne sans souvent en évaluer la portée. « Etre gabonais » devrait en d’autres termes revêtir un sens.


Dounguenzolou.

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