Arène politique : L’opposition gabonaise a-t-elle l’apanage de la vérité ?

jeudi 12 mai 2016 Politique


Depuis un certain temps, l’on constate qu’autant les hommes du pouvoir démontrent qu’ils tiennent à reconduire avec le soutien de leurs compatriotes Ali Bongo Ondimba au pouvoir, autant l’opposition parle, elle, d’alternance. Ce qui surprend, c’est que certains de ses leaders, sortis du Parti démocratique gabonais suite aux déchirures internes qui se sont faites jour au sein de la formation politique, jouent les saints, surfant sur leur « nouvelle identité » pour tenter de convaincre les Gabonais d’accepter qu’ils sont blancs comme neige et que l’enfer se trouve de l’autre côté.

Sauf amnésie, tout Gabonais connait qui sont ces leaders politiques, de même qu’il a une idée du parcours de chacun depuis Omar Bongo Ondimba. Un proverbe bien de chez nous dit que ‘’la durée d’un tronc d’arbre dans l’eau ne suffit pas pour qu’il se transforme en crocodile’’. Nous ne doutons pas qu’une mue s’est peut-être opérée dans certains esprits chez ceux qui reconnaissent après Omar Bongo Ondimba que le Gabon a été mal géré, ce peut être le cas de Jean Ping et Guy Nzouba Ndama, les deux personnalités les plus en vue du moment sur l’échiquier qui semblent représenter les principales menaces au pouvoir, si l’on s’en tient à leurs déclarations qui ne sont pas jusqu’ici prises au sérieux par nombre de gabonais qui doutent encore de leur bonne foi, habitués, disent- ils, qu’ils sont de se faire flouer depuis les années 90, suivez notre regard !

Certes nous savons que désormais, les populations auxquelles l’ancien président de la Commission de l’Union africaine rend visite, sont renseignées sur son projet pour le pays, mais cela n’empêche pas d’émettre quelques réserves sur l’applicabilité de son contenu. Car, une chose est d’avoir ou d’être animé de volonté, mais une autre est de se mettre au travail une fois le vote en votre faveur.

D’abord, rompre avec les vieilles habitudes…

Le problème n’est pas ainsi posé fortuitement, c’est qu’il y a parmi les gabonais, notamment dans le camp du pouvoir, ceux qui ont du mal à croire que c’est avec du vieux que l’on fera du neuf. D’où les hésitations qui se font insistantes quand il leur est demandé de gagner ce que l’on désigne ici par l’expression « l’autre camp ». D’aucuns vont pour étayer leur prise de position jusqu’à se demander pourquoi l’ancien Président de l’Assemblée nationale qui, comme beaucoup de ses congénères, « traine des casseroles », n’a pas daigné décliné l’offre d’« Héritage et Modernité » d’être porté candidat à la présidentielle, au profit d’un Alexandre Barro Chambrier par exemple qui, mieux que lui, selon certaines indiscrétions, représente les aspirations populaires. Ils y voient, disent-ils, une insistance à ne pas vouloir changer de paradigmes.

Les anciens toujours aux commandes, les plus jeunes toujours à la remorque, fussent-ils, dixit, ses créations. Comment les jeunes qui constituent la classe d’âge la plus importante vont-ils interpréter ce geste ? Question qui vaut son pesant d’or… On comprend à partir de la restitution de certaines vérités que l’on est parfois encore loin du compte en dépit du populisme ambiant qui caractérise ces temps derniers l’opposition qui n’a qu’un seul langage, celui qui consiste à pointer d’un doigt accusateur les seuls dirigeants du pays, oubliant qu’elle a, elle aussi, contribué au mal gabonais et que pour penser réparer les erreurs du passé, il vaut mieux qu’ils le fassent ensemble, plutôt que de passer le temps à distraire les gens.

Ensuite, donner l’impression que l’on veut servir le Gabon

Le sang risque de ne faire qu’un tour dans les « petites têtes » des Gabonais si tous, pouvoir et opposition, se mettaient à nous servir quotidiennement le « comment le Gabon a été dépecé » ! Ce que l’on attend de tous ces responsables du malheur des compatriotes, c’est qu’ils s’amendent en tenant déjà un discours de rupture avec les vieilles habitudes axées sur les invectives et autres médisances et nous promettent de respecter le peuple en commençant par exemple par organiser des élections transparentes, libres et crédibles, les seules, qui feraient qu’ils soient placés dans l’obligation de comprendre que c’est grâce au peuple qu’ils accèdent au pouvoir et que pour cette simple raison, ils se doivent de lui être fidèle, tout comme ils se doivent de l’être pour le pays qui leur offre tout ce qu’ils lui demandent.

Certes, c’est là plutôt un idéal, mais osons rêver pour changer le monde. Les Gabonais sont fatigués de voir des femmes et hommes qui ont ensemble comploté pour faire croire qu’il n’y avait pas lieu de parler du génie gabonais et exporter l’essentiel de leurs avoirs vers l’étranger, dans des paradis fiscaux souvent, continuer à s’agiter quand, eux, pensent à rattraper le retard qu’ils accusent face aux autres africains, parfois moins nantis, ironie du sort !

Nous avions peut- être en d’autres termes dans une précédente parution dit qu’il faut à la classe politique gabonaise faire preuve de patriotisme pour éviter aux compatriotes pas nécessairement concernés par ses querelles politiciennes au centre desquelles des affaires de prébendes souvent, de verser dans la violence aveugle dans laquelle ils devraient par expérience faire les frais.


Dounguenzolou

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