Après son éviction : Quel avenir politique pour Maganga Moussavou ?

lundi 27 mai 2019 Politique


Aussi prétentieuse qu’elle puisse paraître, la question mérite désormais d’être posée, alors que le désormais ancien vice-président de la république a été démis de ses fonctions mardi 21 mai dernier par Ali Bongo Ondimba. Une démission intervenue dans le sillage de l’affaire de la disparition au port d’Owendo, de 353 containers chargés du bois de Kevazingo, il y a quelques temps.

Délesté de ses fonctions, que va devenir politiquement Pierre-Claver Maganga Moussavou ? Comment va-t-il faire pour remonter la pente après être tombé de si haut ?
Voilà les quelques questions qui agitent certainement l’esprit de celui qu’il est désormais convenu d’appeler ancien vice-président de la république, depuis qu’il a été viré, comme un malpropre par Ali Bongo, en pleine tourmente du scandale du Kevazingo, enfin… si scandale il y a bien sûr. Surtout quand on sait la manie du pouvoir à fabriquer des scandales dans le seul dessein parfois de susciter l’émotion populaire et en profiter pour régler des comptes aux adversaires politiques, ou du moins, à ceux dont les visages ne plaisent plus à un moment donné de sa marche à tâtons.

Car, de nombreux scandales enregistrés jusque-là, restent sans lumière. La découverte en avril 2015 d’une importante cache d’armes, l’affaire Aba’a Minko Juin 2017, le coup d’Etat en janvier dernier de Kelly Obiang. Difficile donc de ne pas voir dans l’échec répété de ces enquêtes, des situations créées de toutes pièces pour salir et nuire aux adversaires politiques. Et c’est justement ce que Maganga Moussavou a lui-même dénoncé dans sa conférence de presse organisée au lendemain de son éviction. Eviction liée à ce "scandale" du Kevazingo.

Pour Maganga Moussavou, qui nie farouchement son implication dans l’affaire, il s’agit tout simplement d’un complot savamment ourdi par le palais du bord de mer pour le jeter en pâture avec autant de salissures. Comble de l’humiliation, il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que tous ses collaborateurs soient à leur tour chassés du bord de mer.

L’homme comme on le sait n’a pas hésité à citer nommément les auteurs des manigances qui ont cours ces derniers temps dans les coulisses du palais présidentiel, l’objectif de ce dégagisme absolu des « encombrants » étant selon lui, le calendrier de la présidentielle de 2023. Ou plus exactement la perspective d’une présidentielle anticipée en cas de vacance du pouvoir, surtout que le président, toujours reclus au palais ne dit aucun mot malgré la succession des situations qui auraient nécessité qu’il parlât aux Gabonais, ne serait-ce que pour quelques petites minutes.

Avenir brouillé

C’est un peu ce qu’on est tenté de dire puisque même avant son entrée à la vice-présidence, l’homme connu pour son instabilité politique, du genre de la trempe de Bruno Ben Moubamba, souffrait déjà d’un discrédit effarant sur la scène politique nationale. Une minorité politique d’ailleurs confirmée par le résultat des dernières législatives où le parti n’aura récolté que deux petits députés sur les 143 que compte le palais Léon Mba. Mais surtout de la présidentielle de 2016 où il n’aura même pas dépassé la barre de 0%. Un bien maigre résultat pour un vieux parti comme le Parti social démocrate (PSD) qui peine à dépasser les frontières de la Ngounié.

Mais le discrédit, visiblement a atteint son comble, lorsqu’après avoir reconnu la victoire fortement contestée d’Ali Bongo Ondimba, il a accepté le partage du gâteau sur l’autel du dialogue politique d’Angondje, en incluant dans la distribution des morceaux, le fils, Biendi Maganga Moussavou, qui a hérité du poste de ministre de l’Agriculture. Désormais renvoyé à son errance politique, sali par le Kevazingo, il ne lui reste presque plus rien, même si l’homme affirme qu’il a repris sa liberté. C’est une liberté bredouille et aphone.


Leno KOLEBA

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