Après le 11 congrès ordinaire : Le changement reste de façade au PDG

jeudi 14 décembre 2017 Politique


C’est l’impression générale qui se dégage des résolutions du rapport du 11e congrès ordinaire avancé du parti démocratique gabonais (PDG), tenu du 8 au 10 décembre courant à Libreville. Si la plupart des caciques et non des moindres ont été mis au banc, les nouveaux arrivants, pour la grande majorité novices en politique et même au fonctionnement du parti, n’inspirent pas pour autant le changement tant prophétisé. Et avec une telle régénération dite de façade, une débâcle du parti n’est pas exclue aux prochaines législatives.

La razzia que nombreux des partisans aveuglés par un excès de fanatisme chantent ici et là, mérite qu’on s’y arrête un peu. En effet, cloué au pilori par l’opposition mais aussi par certains de ses alliés de la majorité, qui le rendent responsable, sinon "danger" numéro un du Gabon pour mauvaise gestion du pays depuis près d’un demi-siècle, le PDG a fixé le congrès qui vient de rendre ses conclusions comme celui de la revitalisation et de la régénération. Ali Bongo Ondimba, le président du parti et Éric Dodo Bounguendza, le secrétaire général, pour sauver la face, ont décidé que le choix des membres du bureau politique, du conseil national et du comité central ne se ferait dorénavant que par élection de la base. Ce qui, de facto met fin au mode de désignation par consensus qui a toujours prévalu jusque-là.

Certains y ont vu une volonté du parti d’œuvrer désormais à la démocratie directe. D’autres, les plus avisés, ont très vite senti un piège tendu par Ali Bongo, afin de se débarrasser des caciques. D’autres encore, plus crédules, ont tout de suite pensé qu’en prônant l’élection des responsables politiques locaux par leurs bases, et le choix des candidatures des députés par l’organisation désormais des primaires, Ali Bongo allait enfin mettre fin au principe du candidat naturel du PDG à la course présidentielle. Ce qui, théoriquement leur permettrait de le concurrencer en interne le moment venu.

La désillusion

Mal leur en a prit, car le congrès qui vient de s’achever n’a pris aucun texte faisant mention d’une quelconque primaire au scrutin présidentiel. Mieux, l’éventualité même d’une telle possibilité n’a pas été envisagée. Pour mieux verrouiller la possibilité d’un tel scénario, Ali Bongo a procédé à un nettoyage presque complet du secrétariat exécutif du parti. Même Paul Biyoghe Mba que l’on considérait comme le dernier baron des populations fang de l’Estuaire n’a pas résisté à la puissance destructrice de ce qu’il est désormais convenu d’appeler tsun’Ali. Il a été déraciné du comité permanent du PDG. Partout ou presque, Ali Bongo a préféré promouvoir d’autres militants dont certains novices du parti à l’instar d’Eloi Nzondo.

Ce qui donne à la notion de changement, un changement de simple personnes, et donc de façade et non des textes. D’ailleurs les deux thèmes du congrès l’avaient déjà prédit : Revitalisation et Régénération. C’est-à-dire un changement de visage et rien d’autre. Le malaise reste entier et dans cette gouvernance du parti confiée aux mains des amis inexpérimentés, la débâcle du PDG aux prochaines législatives n’est pas à exclure. C’est un changement a minima.


Leno KOLEBA

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