Après la publication de « Ces masques blancs qui enjolivent l’image du chef » de La lettre du continent, nous nous demandons à quoi sert donc le peuple en Afrique ?

vendredi 16 octobre 2015 Speciales


On ne le dira jamais assez, la colonisation a cédé la place à la néo-colonisation. L’assertion pour vraie qu’elle puisse paraître vient une nouvelle fois d’être étayée par la feuille de choux paraissant un mercredi sur deux « La Lettre du continent » dont le penchant pour les nouvelles sensationnelles est connu de tous. « Ces masques blancs qui enjolivent l’image du chef », l’on a manqué de souligner du chef africain parce qu’il s’agit bien de cela, que nous inspire cet article scandaleux pour qui croyait déjà être sorti du joug colonial ?

Chaque fois interpellé sur les affaires de leur continent, les Africains rétorquent qu’ils n’ont plus de leçons à recevoir de personne plus d’un demi- siècle après l’acquisition de leur indépendance. Et pourtant, des preuves de leur volonté de s’assujettir nous sont au quotidien servies telles celles qui nous sont à nouveau apportées par les écrits de « La Lettre du continent » dans sa parution du 14 octobre dernier qui laisse apparaître le clientélisme qui lie les agences situées dans l’Hexagone et les chefs d’Etat africains en quête de popularité outre-atlantique, alors que leur peuple sans cesse sevré des richesses du pays ne leur demande qu’à être honoré pour leur rendre la politesse de la manière la meilleure qui soit.

 Pense-t-on que c’est loin d’Afrique que l’image d’un chef africain sera soignée si de l’intérieur elle est déjà écornée par sa propre faute ?

Et pourquoi manquer cruellement de stratégies au point de laisser penser que l’on se fout de ses compatriotes ? Aujourd’hui plus qu’hier, des agences de communication, à moins que ce ne soit que de sulfureuses affaires, fleurissent sur le continent à grand renfort de publicité, avec à leur tête de jeunes africains dit-on rompus à la tâche, mais alors pourquoi ne pas leur faire confiance quand il s’agit de périodes qui impliquent le plus les nationaux ?

Le constat souvent fait est que les Patricia Balme, Stéphane Fouks, Anne Méaux, Marie- Lucie Skraburski et autres Anne Lauvergeon, ont pour ainsi dire pignon sur rue, alors qu’ils sont souvent détachés des réalités, ne s’appuyant sur rien d’autre que la vente de leurs illusions, car comment justifier la défaite d’Abdoulaye Wade en 2012 au plus fort de la confiance qu’avait installée dans « le vieux » Anne Méaux depuis en disgrâce ?

 Sait- on qu’aujourd’hui, les populations sur le continent jugent les dirigeants selon les actes qu’ils posent et se détachent de plus en plus des clichés présentant l’ancienne puissance colonisatrice comme la seule à l’origine de ses malheurs ? Serait-ce cette assurance placée en ces vendeurs d’illusions occidentaux par les chefs africains qui les conduit à ne pas se soucier du bien- être des populations qui en demandent ?

 Il se disait que la « France- Afrique », c’était du passé, mais à la lecture, l’on se rend bien compte que c’est du pipeau et que les Jacques Foccart en herbe, il y en a encore, pourvu que cela serve les intérêts égoïstes ou ceux de la France en général. Mais, cette attitude, loin d’être la seule affaire des Français, est également celle d’Africains boulimiques qui ne rêvent que de pouvoir, d’autorité, d’argent, de prébendes, que sais- je ?

 Quel sens finalement donner aux élections sur le continent quand on les sait non seulement truquées, mais aussi banalisées du fait de l’intrusion en amont de sujets étrangers qui manipulent les opinons fragiles et font basculer l’électorat au point de faire reculer l’Afrique ?

 Mais que se cache-t-il derrière l’article de « La lettre du continent » ? Peut- être serait-ce l’insatisfaction de certains mercenaires en quête de clients qui aurait conduit à cette sortie même si force est de reconnaître que des faits du genre sont pour le moins habituels ? Décidemment, nos chefs ont, semble-t-il, ouvert la boîte de Pandore, menaçant même leur réputation d’hommes politiques aimés et vénérés chez eux et laissant plutôt transparaître celle de personnalités éloignées du peuple et extraverties pour la bonne cause, car ne sachant pas souvent sur qui compter au pays, si ce n’est sur des sbires qui leur font miroiter maints avantages au cas où ils les gardaient à leurs côtés pour longtemps.

Cela ne traduit-t-il pas une sorte de manque de confiance envers les compatriotes qui, parce qu’ils se sentent sans cesse abusés, menacent par moments de rendre le pays ingouvernable ? Cela justifie-t-il pour autant le recours systématique aux agents extérieurs pour tenter de redorer son blason ?

Autant de questions qui taraudent les esprits qui estiment qu’il faut un minimum de connaissance du terrain pour oser s’improviser devin dans un milieu que beaucoup d’autres connaissent mieux que vous. Ne dit- on pas qu’à beau mentir qui vient de loin ? La Fontaine ne révélait- il pas à la face du monde que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ? Peut-être faut- il à de nombreux dirigeants africains reprendre réellement langue avec le peuple pour éviter ce que certains qualifient de fâcheuse déconvenue. Tenir ce type de langage peut être assimilé à prêcher dans le désert tant les habitudes, les mauvaises, ont la vie dure, mais attention, « tant va la cruche à l’eau qu’elle finit par se casser … »


JGN

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