ANIF : Les dernières heures ?

vendredi 10 août 2018 Economie


Née de la volonté de la communauté internationale, particulièrement après la prise de conscience des autorités de la CEMAC qui avaient porté sur les fonts baptismaux le Groupe d’Action de Lutte Contre le blanchissement d’Argent en Afrique Centrale (GABAC) le 14 décembre 2000 à Ndjamena, l’Agence Nationale d’Investigation Financière, (ANIF), à en croire des sources bien introduites, est menacée de fermeture. Pire, l’agence agonise.

Différente des autres agences telles l’ANGTI, l’AGASA…, l’ANIF a été présentée par le Président Ali Bongo Ondimba, lors de son discours prononcé à la 67e assemblée générale des Nations Unis à New York, le 25 septembre 2012. Dans le même temps, il révélait les objectifs et missions assignés à cette nouvelle agence s’inscrivant dans le cadre de la bonne gouvernance. Après les événements du 11 septembre 2001 avec la destruction des tours jumelles par des terroristes à New York qui a engendré d’énormes dégâts matériels et nombreux décès, la tendance a été à la mise en place de cellules de renseignements financiers (CRF) dont TRACFIN en France, le FINCEN aux États-Unis, le CANAFE au Canada, le CENTIF dans les pays de l’Afrique de l’Ouest et les ANIF en Afrique centrale en général et au Gabon en particulier.

Cadre juridique ?

Le dispositif législatif et réglementaire de Lutte Contre le Blanchiment des capitaux et le Financement du Terrorisme (LBC/FT) au Gabon, est constitué : du Règlement n°01/03-CEMAC-UMAC-CM, du 04 avril 2003, portant prévention et répression du Blanchiment des Capitaux et Financement du Terrorisme en Afrique centrale. Ce texte qui a force de loi et qui reprend les 40 + 9 Recommandations du Groupe d’Action Financière (GAFI) dans lesdites matières, est d’application directe dans tous les États membres de la CEMAC. Ledit Règlement institue en son article 25, les ANIF dans tous les États d’Afrique centrale (du Règlement n° 02/02/CEMAC/UMAC/CM du 14 avril 2002, portant organisation et fonctionnement du Groupe d’Action contre le Blanchiment des Capitaux en Afrique Centrale/GABAC).

Ce qui fait du GABAC, la structure sous régionale chargée d’animer, de coordonner et de dynamiser les actions entreprises par les États membres de la CEMAC dans le cadre de la Lutte contre le Blanchiment d’Argent et les produits du crime. En ce qui concerne l’ANIF, le texte organique est le Décret présidentiel N°000739/PR/MEFBP du 22 septembre 2005, portant organisation et fonctionnement de l’Agence Nationale d’Investigation Financière.

Quid des missions de l’ANIF Gabon ?

Mise sur les chapeaux de roue par son ancien Directeur Général Patrick Asselé Ondziani, Inspecteur des Finances, du fait des dossiers sensibles, l’ANIF actuellement dirigée par Jean François Thardin s’occupe essentiellement de la sécurisation des systèmes financiers et la lutte contre le financement du terrorisme. C’est donc un instrument de bonne gouvernance permettant d’endiguer la criminalité organisée et la délinquance financière internationale.

Toutefois, le cursus de l’actuel directeur général, Jean François Thardin, parfait inconnu du domaine, est étonnant à plus d’un titre. En effet, ce dernier est Docteur en immunopathologie, (Ndlr : auteur d’une thèse soutenue en 1993 à l’Université de Toulouse III, et ayant pour thème « Mécanisme de différenciation des macrophages péritonéaux résidents de souris et de rat au cours de l’infection par Toxoplasma gondii : production des prostaglandines et des leucotriènes » ).

Que reste-t-il de l’ANIF ?

Plombée par des difficultés, l’ANIF n’est plus que l’ombre d’elle-même. Et pour cause, depuis 2016, l’agence ne dispose d’aucun budget de fonctionnement. Selon plusieurs sources concordantes, cette situation résulte du fait que l’ANIF est accusée à tort ou raison d’être à l’origine de « l’Opération Mamba », donnant des sueurs froides aux hauts cadres de l’administration. Et dire qu’entre 2013 et 2015, l’ANIF avait pourtant atteint sa vitesse de croisière.

Désormais, les agents y affectés ne disposent même plus des simples fournitures de bureau. Une situation qui fait penser à certains spécialistes de la finance qu’il s’agit ni plus ni moins que d’une mort programmée. Toutefois, quelles sont les conséquences de sa fermeture, notamment en matière de transactions financières internationales ? Quid de l’avenir du personnel ?


Pacôme IDYATHA

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