Angola : Large victoire du MPLA à l’horizon

lundi 8 septembre 2008 Speciales

Le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA) aurait remporté 81,65% des suffrages aux premières élections législatives depuis la fin de la guerre civile en 2002. Le scrutin a suscité un grand engouement de la population, obligeant les autorités à prolonger d’un jour l’ouverture des bureaux de vote dans la capitale pour permettre aux circonscriptions les plus peuplées de recueillir les votes de chacun. Même si les observateurs ont relevé de lourdes insuffisances, la commission électorale rejette l’idée d’une reprise du vote arguant un manque de moyens humains

Le président José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 29 ans sans avoir jamais reçu l’adoubement d’élections crédibles, devrait disposer d’une vaste majorité au Parlement à l’issue des premières législatives organisées depuis la fin de la guerre civile en 2002.

Le scrutin organisé le 5 septembre sur l’ensemble du territoire et qui s’est poursuivi le 6 septembre à Luanda, a donné le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA, d’origine marxiste) large vainqueur avec 81,65% des suffrages selon des résultats partiels portant sur la moitié des bulletins dépouillés.

Le MPLA aurait obtenu la majorité dans les 18 provinces du pays tandis que l’ancienne rébellion, l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita), a été très largement devancée jusque dans ses anciens fiefs et seuls 10,59% des suffrages se profilent pour eux à l’horizon.


Les premières élections législatives en Angola depuis la sortie de 27 ans de guerre civile en 2002 se sont déroulées dans une grande confusion dans les bureaux de vote de la capitale, contraignant la commission électorale à proroger le scrutin pour permettre à tous les électeurs de voter.

Si l’initiative est une réussite en soi, le déroulement du scrutin a accusé de lourdes insuffisances dans l’organisation technique et le protocole électoral. Le manque de matériel, les vices de procédures et les échauffourées dans certaines circonscriptions de la capitale n’ont pas permis à tous les électeurs de Luanda, où sont inscrits 21% des huit millions de votants, de déposer leurs bulletins dans les urnes.

Les huit millions d’électeurs inscrits, qui doivent choisir 220 députés parmi les 14 partis et coalitions politiques du pays, votaient pour la première fois en temps de paix, alors que tout le monde garde vif en mémoire les violences post-électorales au Kenya en décembre dernier, puis au Zimbabwe depuis le mois de mars.

Le leader de l’Unita, le principal parti d’opposition, Isaias Samakuva, a estimé le 5 septembre que le processus électoral « s’était effondré » et a réclamé l’organisation de nouvelles élections.
Une idée rejetée par le président de la CNE qui affirme que « nous n’avons pas les ressources humaines pour le faire ». La loi électorale stipule que la CNE peut prendre jusqu’à 15 jours pour annoncer les résultats.

Ces législatives ont valeur de test pour le chef de l’Etat Jose Eduardo Dos Santos, 66 ans dont 29 au pouvoir, avant un scrutin présidentiel annoncé pour l’année prochaine.

Le MPLA, le parti au pouvoir, a largement dominé la campagne électorale, avec une couverture quotidienne des activités du président par les médias publics. Le président Dos Santos a multiplié les inaugurations d’infrastructures publiques dans le cadre de sa campagne basée sur la reconstruction du pays.

Isaias Samakuva avait quant à lui déclaré que si l’organisation de ce scrutin historique constituait une victoire en soi, « le résultat de cette élection ne sera pas équitable ».

A la fin de la campagne, l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) avait exprimé ses « doutes quant à l’organisation d’élections libres et équitables en Angola » en raison de « l’intimidation des partis d’opposition et des médias ».

Un scrutin avait été organisé en 1992 lors d’une trêve dans la guerre civile qui avait éclaté lors de l’indépendance mais n’avait pas pu être mené à terme. Les rebelles de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita) avaient rejeté le résultat du premier tour et repris les armes. La CNE doit tout faire pour que le scénario de 1992 soit rejoué.


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