Agriculture : Plus de 50 ans d’immaturité économique !

jeudi 13 décembre 2018 Economie


La découverte du pétrole a constitué un frein au développement de l’agriculture au Gabon. Malgré les efforts consentis et les fonds investis, le secteur ne représente que 3,5% du PIB national après plus de 50 ans d’indépendance et la courbe n’est pas prête de s’inverser de sitôt.

Le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) consacre une part conséquente au développement de l’agriculture locale. Mais comment y parvenir sans une réelle volonté politique et une conscience collective citoyenne ? Au Gabon, le sous-développement de l’agriculture est le reflet même de l’échec des politiques publiques menées depuis les indépendances. Malgré les efforts consentis et les fonds investis, le secteur ne représente que 3,5% du PIB national à l’heure actuelle, soit plus de 50 ans après les indépendances. Et la courbe n’est pas prête de s’inverser maintenant. L’inexistence d’une véritable trajectoire de développement retarde le dynamisme du secteur auquel s’ajoute, le manque d’industrialisation d’un secteur sensé prendre le relais du pétrole.

De nature vivrière, « l’agriculture gabonaise demeure peu développée (…) ce qui met le Gabon en situation de dépendance agricole, avec une importation massive des produits agricoles », estime le directeur général de la statistique, Francis Thierry Tiwinot. A l’exemple des engagements de Maputo au Mozambique de 2003 qui ont failli dès leur naissance, le développement de l’agriculture locale requiert un sursaut national d’une part, parce que la vente à l’international du pétrole s’effrite et que ce secteur pourrait être demain, un réservoir de financements pour le Gabon. Et d’autre part, parce que la situation économique actuelle du Gabon l’oblige.

L’échec de la Gabonaise de réalisation des initiatives des gabonais engagés (Graine) à peine lancé en 2015 et dont la maturité devrait permettre de réguler la dépendance du Gabon aux produits extérieurs, les ambitions manquées de l’Institut gabonais de développement agricole (IGAD) et les programmes connexes financés avec l’appui de l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) montre que tout est à refaire si le Gabon veut réellement parvenir à se doter d’un secteur agricole solide et générateur de revenu au-delà des rencontres de haut niveau sans lendemain pour le secteur. C’est la seule façon de parvenir à la « transformation du secteur » telle que voulu par le ministre de l’agriculture, Biendi Maganga Moussavou, alors que le pays aspire à participer au jeu commercial mondial.


Michaël Moukouangui Moukala

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