Agriculture : Le nouveau souffle financier de Graine

vendredi 1er décembre 2017 Economie


Le programme de la Gabonaise de réalisation agricole des initiatives des nationaux engagés (Graine) vient de bénéficier d’un appui financier d’une valeur de 64 milliards de francs CFA pour soutenir et accélérer son développement. Des fonds qui offrent un nouveau souffle à l’engagement économique et social de ce programme alors que la poursuite des activités tâtonne sur le terrain.

Du fait du silence autour, ils sont nombreux au Gabon, à se demander ce qu’il advient du Projet Graine, ce vaste programme de promotion agricole lancé en 2015, matérialisé dans plusieurs localités du pays et destiné à permettre au Gabon de rompre avec sa dépendance alimentaire en produits agricoles étrangers. Le manque de communication alors que la pratique était courante lors du lancement du programme et la non visibilité sur le marché local des produits issus de ce programme suscitent des interrogations sur son avenir. En effet, en dépit des avancées notables soulignés il y a quelques mois par le ministre de l’Agriculture, Yves Fernand Manfoumbi, le programme rencontre plusieurs écueils liés au manque d’infrastructures routières qui rendent difficile l’accès aux zones d’implantation des sites de culture du programme, la faible participation de la jeunesse dans l’implémentation de ce programme, le conflit homme-faune et bien d’autres question qui hypothèquent les perspectives de Graine.

Des écueils qui montrent le risque d’entreprendre un tel programme appuyé cependant, par une faiblesse de la « culture agricole » au niveau local et un problème de moyens financiers qui parfois, plombent l’effort entrepris pour parvenir au niveau actuel de position du programme. Graine est un « Plan Marshall » à la gabonaise qui doit prendre le relais du pétrole alors que le secteur subit une crise aigüe. Pour l’actuel ministre de l’agriculture, pas question de se laisser anéantir. Graine doit survivre. « Je voudrais réaffirmer à nos compatriotes que la Graine germera. Elle germera dans les neufs provinces de notre pays, qu’on monte ou qu’on descende, qu’il pleuve ou qu’il neige. Nous n’avons pas d’autre choix », affirmait le ministre lors d’une récolte des premiers maniocs du programme dans une localité du pays située au centre.

Un souhait formalisé

La conviction du ministre actuel de l’agriculture de faire avancer le développement de ce programme est d’autant plus immense qu’elle se traduit sur le terrain par une promotion accrue et des actions à même de promouvoir le bien fondé d’investir et de s’investir dans l’agriculture. Une question de transition économique qui est peut-être la clé de réussite de l’émergence à laquelle le Gabon aspire à l’horizon 2025 mais qui repose malheureusement sur des nouvelles sources de financement hors-pétrole comme l’agriculture.C’est donc, en reconnaissance des efforts de ce dernier que le Gabon vient de se voir décerner le prix Scaling up nutrition (Sun) par les ambassadeurs de la nutrition. Ce prix n’efface cependant pas la faiblesse de financement qui fragilise le parcours de Graine et qui pose l’urgence d’une remobilisation. « Nous pouvons redessiner l’aménagement de notre territoire et réparer ses déséquilibres historiques. Les enjeux sont trop importants pour que nous les négligions ou que nous les tournions en dérision », reconnait le ministre de l’agriculture.

64 milliards de francs CFA en soutien au programme

Désormais, les activités de Graine pourront être poursuivies en toute sérénité sur une bonne durée. Comme une réponse à la volonté du ministre de répondre aux enjeux de développement agricole actuel, le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) après plusieurs années de retrait dans le financement des programmes agricoles en Afrique, vient d’approuver l’octroi d’un financement d’un montant de 98,541 millions d’euros (64,6 milliards FCFA) pour le programme Graine sur son guichet public phase 1.
De l’argent destiné à soutenir et accélérer les actions du programme Graine, tout en contribuant au financement des infrastructures sociales et agricoles nécessaires à la promotion des coopératives et de l’entrepreneuriat agricoles des jeunes et des femmes, la promotion de la formation, l’organisation et la professionnalisation des bénéficiaires « agri-preneurs ».


Michaël Moukouangui Moukala

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs