Afrobasket 2017 : « (…) Aujourd’hui nous n’avons pas trois joueurs qui peuvent jouer à l’international à part quelques caciques habitués à défendre valablement le drapeau », d’après Marius Assoumou Kemp

jeudi 6 avril 2017 Sport


Ancien international gabonais ayant fait les beaux jours du basket gabonais dans les années 2000, Marius Assoumou Kemp déplore la récente et lamentable élimination des Panthères du Gabon en phase qualificative de l’Afrobasket qui s’est tenue au Cameroun.

Gaboneco(Ge) : Les Panthères sont sorties de la compétition avec trois défaites en autant de matchs aux éliminatoires de l’Afrobasket 2017, comment analysez-vous cette prestation ?

Marius Assoumou Kemp (MAK) : Je voudrai d’abord lever l’équivoque, je ne suis pas ancien international. Ce sont les gens qui gèrent le sport au Gabon qui veulent mettre dans la tête des athlètes que quand on a dépassé 30 ans, on ne vaut plus rien. Chez les autres, c’est entre 35 et 36 ans qu’on considère qu’on a atteint la maturité dans le sport. Ayant été un excellent joueur dans ma carrière, je suis actuellement expérimenté, mais malheureusement on veut me mettre de côté pour des raisons qui n’ont rien avoir avec le sport et l’amour du drapeau. Pour répondre à votre question, en tant que joueur j’ai été déçu de la manière dont les gars ont joué, quoique je n’étais pas surpris.

Ge : Quelles sont les causes de cette débâcle ?

MAK : Le plus souvent quand il y a ce genre d’échec, les dirigeants sont les premiers responsables, notamment le staff technique. Dans cette sélection, il y a des joueurs qui n’ont même pas encore fait leurs preuves en tant que joueur junior dans leurs championnats locaux. L’engagement physique et les solutions tactiques n’y étaient pas. Il n’y avait pas de leader. Je pense que pour sortir le basket gabonais de l’état dans lequel il se trouve, il faut que la Fédération mette en place un championnat, qu’elle apporte un appui aux différentes ligues, qu’elle mette sur pied un comité de suivi de gestion des moyens tant financiers, humains que matériels. Il faut aussi que la Fédération accompagne les associations qui font dans la vulgarisation du basket et qui font dans l’initiation et la formation des jeunes dans cette activité. A défaut d’organiser un championnat national, il faut que la nouvelle fédération reparte à l’ancien modèle où chaque province avait un championnat interne bien structuré et qui suscitait des regroupements deux à trois fois par an pendant une dizaine de jours pour jouer la Coupe du Gabon etc... Il faut aussi qu’il soit instauré un système de regroupement des internationaux locaux une fois tous les deux mois, pendant trois à quatre jours, avec des petites primes à l’appui pour valoriser ces joueurs. Il va falloir garder un contact permanent avec les staffs techniques des équipes de nos joueurs évoluant à l’étranger.

Ge : Les joueurs de l’équipe nationale étaient habillés en Olas, votre marque de vêtement, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

MAK : Non l’équipe nationale n’était pas proprement dit habillée en Olas. L’équipe nationale avait des tenues d’apparats, des maillots qu’on met pour des petites balades en sélection, pour les échauffements d’avant-match. C’est vrai que je les vends, mais pour le cas de figure, j’avoue que j’ai baissé les prix vu mon statut d’abord de basketteur et surtout lorsqu’il s’agit de l’équipe nationale. J’ai fait des propositions qui ont été acceptées et c’est peut-être le début d’une collaboration avec la fédération.

Ge : Nouvelle Fédération, nouvelle génération de joueurs, quel avenir pour les Panthères ?

MAK : Nouvelle génération de joueurs, nouvelle fédération, voir les choses de cette manière est une erreur qui peut faire en sorte que le Gabon soit à la remorque à l’international même pendant 10 ans. Sans être méchant, aujourd’hui nous n’avons pas trois joueurs qui peuvent jouer à l’international à part quelques caciques habitués à défendre valablement le drapeau. L’avenir de cette équipe repose sur l’association des jeunes et des anciens qui ont un vécu international et qui peuvent donner de la voix pour booster tout le monde et permettre aux uns et autres de se surpasser.


Propos recueillis par PIN

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