Africa N°I : AD-PATRES ?

lundi 19 décembre 2016 Société & environnement


Les grandes sociétés ont ceci de particulier qu’elles savent reconnaître leurs faiblesses et lire à travers les signes leur mort prochaine. Si c’est ici le cas, pourquoi retarder les échéances et faire languir des mères et des pères de famille, des citoyens qui veulent depuis des années être situés sur leur sort et prendre chacun en mains leur destin pour ne pas qu’ils se disent qu’ils ont perdu du temps.

Ceux qui se sont intéressés à la « survie » d’Africa N°I et qui se sont souvent posés la question de savoir comment sortir la radio de la situation dans laquelle elle croupit depuis des années, se sont entendus dire qu’il y a espoir en l’avenir et que les autorités gabonaises dont le pays est le second actionnaire après la Libye jusqu’ici présente au capital du média africain, sont plus que jamais déterminées à lui redonner du souffle. Sauf que ces paroles mielleuses n’ont jamais été suivies de faits concrets, du moins jusqu’à ce jour, en dehors du fait que le Trésor public qui s’y emploie bon an mal an, est commis au financement de son fonctionnement et au règlement des salaires des agents dont le statut est confus, car n’étant pas fonctionnaires, ils ont aujourd’hui également du mal à savoir s’ils appartiennent à une société privée au vu du mode de traitement des questions relevant de leur gestion au quotidien.

Pendant ce temps, s’écroule l’édifice, s’émoussent les énergies, s’accumulent les cumulus nimbus, mais persiste le même message portant l’espoir de voir, comme s’il s’agissait d’un coup de baguette magique, « le Tam-tam africain » rebattre avec la tonalité des années 80 qui enchantait, réveillait, sortait de leur torpeur les africains dont elle solidifiait les relations. Certes, la radio du XXIème siècle n’a plus rien à avoir avec celle du siècle précédent du fait de l’usage de technologies différentes et de l’évolution des attentes des populations sur le continent et dans la diaspora, mais il s’agit beaucoup plus ici de remettre tout ce qui est afférent au fonctionnement d’Africa N°I au goût du jour. L’intérêt des autorités confrontées à la consolidation de leur image de marque par ces temps de crise socio-politique aigue, n’est pas, entend-on ci et là dire, dans la radio africaine, peut-être à cause de sa ligne éditoriale qui lui confère une trop grande liberté de ton pour les uns, un usage assez récurrent de l’équilibre dans le traitement des nouvelles pour les autres, mais dans des chaînes présentant l’exécutif et ses réalisations sous de beaux jours.

Cela se comprend pour qui se situe dans une logique nationale et non internationale, mais ne serait-il pas, au regard du contexte de mondialisation, important, voire judicieux, d’accompagner la lecture des évènements nationaux par les chaînes à vocation gabonaise, mais aussi par une ou d’autres à vocation africaine, sinon mondiale, pour lui donner un tant soi peu de crédibilité et de lisibilité, même s’il est plausible de reconnaître, que le fait d’avoir une montée satellitaire, assure à tous ceux qui en bénéficient, de meilleures conditions de suivi. Alors, Africa N°I doit elle mourir de sa belle mort ? Pour avoir réponse à la question ainsi posée, rapprochez-vous des auditeurs et de tous ceux qui croient encore en un idéal africaniste, dommage que les pères fondateurs ne soient plus de ce monde et que la thèse de ceux aux yeux de qui la radio revêt une certaine importance aient souvent été éclipsée par celle de ceux pour qui l’heure n’est plus aux « médias généralistes », mais plutôt aux « thématiques », encore faut-il savoir ce qu’il faut mettre sous chacun de ses qualificatifs.
Qu’à cela ne tienne, les agents veulent simplement savoir à quelle sauce ils vont être mangés, eux, qui pensent qu’il ne sert à rien de les maintenir dans un état de dénuement qui n’augure rien de bon, malgré les discours sans cesse déversés sur eux pour entretenir, disent-ils, leur moral pourtant déjà entamé, n’eut-été leur esprit d’abnégation, leur professionnalisme, leur bonne foi et leur volonté de servir le continent du mieux qu’ils peuvent.


Dounguenzolou

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