AFRICA N°1 : A quand « l’euthanasie » ?

mardi 11 décembre 2018 Economie


L’un des trois palliatifs des plus hautes autorités gabonaises, dans le cadre de la relance voire la survie de la radio Africa N1 (Ndlr : qui ne l’est plus que de nom), n’est autre que le plan de reclassement des salariés.

Vers le bout du tunnel pour les 60 employés que compte actuellement la « radio africaine » ? Pour l’heure, le personnel broie toujours du noir. Au moment où ces derniers qui n’ont pas encore fait le deuil de leur collègue, Lionel Gaston Ndombi Mbadinga, rappelé prématurément à Dieu faute de ressources financières pour s’acquitter des frais médicaux, les agents attendent désespérément le paiement de plus d’une année d’arriérés de salaires. Feu Matéké Wa Mulamba, le dernier correspondant en République démocratique du Congo avait d’ailleurs déploré en son temps l’indifférence des autorités. Lui qui espérait recevoir le paiement ses piges différées, pour une intervention chirurgicale, hélas. Actuellement, deux journalistes du desk gardent eux également des souvenirs amers de cette période.

L’obsolescence de la plateforme technique ajoutée à la suspension de l’unique fréquence pour raisons d’impayés n’est pas pour appeler de sitôt à l’optimisme. Ce d’autant plus que depuis peu, le comité ad hoc s’attelle à la régularisation des salaires et à une juste reconstitution des carrières à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Tout cela en corollaire au suivi du calcul des droits légaux. Là-dessus le ministre du Travail, Julien Nkoghe Békalé a tenu à mettre à la disposition du comité ad hoc, les experts en la matière. Julien Nkoghe Békalé qui avait d’ailleurs déjà répondu favorablement, à la récusation d’un inspecteur du travail par les employés. AFRICA N°1 demeure au creux de la vague depuis le départ en 2002 du capital du holding audiovisuel français la SOFIRAD (Ndlr : société de capitaux français aujourd’hui dissoute).

L’entrée du nouvel actionnaire la Libya Jamahiriya Broadcasting Corporation (LJBC) n’a pas garanti la relance escomptée des programmes à l’échelon continental. La succession de syndics judiciaires n’est non plus à minorer dans le désastre actuel. Marc Gondeth Bibang a succédé à Roger Valère Moussadji qui a eu des démêlés avec le pouvoir, au sujet de la gestion d’une enveloppe de 800 millions de francs CFA. La désignation de maitre Bibang était conforme à l’article 25 de l’OHADA, portant organisation des procédures collectives d’apurement du passif qui stipule que : « le débiteur qui est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible, doit faire une déclaration de cessation de paiement aux fins d’obtenir l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens, quelle que soit la nature de ses dettes… ».

La dernière rencontre à Libreville en l’absence du syndic judiciaire sous l’égide de la tutelle technique a donné l’occasion au secrétaire du comité de privatisation, Félix Onkéya d’égrainer les principales étapes de la crise qui s’articulent essentiellement autours du retrait de la partie libyenne en 2016 et de la prise en charge par le Trésor public gabonais des salaires et de la subvention inhérente au fonctionnement de l’entité. Outre, l’éclatement du conflit interne en Libye, l’intérêt de l’ancien régime de Mouammar Khadafi pour la radio AFRICA N°1 fort de ses 30 millions d’auditeurs, pouvait trouver un pan de réponse dans la thèse pour le doctorat en science politique présenté par Abdelgadir Abusita. La politique étrangère libyenne avait en effet subi l’influence de deux facteurs qui ont été déterminants quant à sa caractérisation.
L’environnement intérieur et extérieur ont en fait, autant représenté des contraintes qu’ils ont offert des occasions pour la politique étrangère libyenne.

Si la situation géographique du pays lui a permis de jouer un rôle déterminant dans les relations entre des zones stratégiques de l’Afrique et du monde arabe, le manque de population dans une superficie relativement grande a posé au pays de nombreux problèmes. Sa puissance militaire a pesé sur ses rapports entre le continent africain, ses richesses pétrolières ont permis à cette politique étrangère d’avoir une influence considérable au sein des pays africains, pour leur développement par des aides et des pets financiers.

Sur le plan international, le nouvel ordre mondial a fortement influencé la politique étrangère libyenne en réduisant considérablement sa marge de manœuvre. Soit, le comité de privatisation a par ailleurs préconisé l’arrêt du redressement judiciaire, un plan social pour le licenciement pour motif économique puis la mise en place de la nouvelle radio au format plus adapté à la conjoncture économique. Toutes choses pour lesquelles le ministre d’Etat, ministre de la Communication a fustigé les égarements dans la gestion du média. Guy Bertrand Mapangou s’est également fait fort en annonçant la création imminente d’un comité interministériel qui sera placé sous l’autorité du premier ministre Emmanuel Issoze-Ngondet.

Pour lui, le règlement du plan social est la réponse idoine, à l’opposé du respect du statut actuel qui tend à s’établir comme un véritable gouffre financier avec l’argent du contribuable. Le président du comité ad hoc de la radio AFRICA N°1, Moudouma Nzamba a salué cette initiative dans son intervention. Il a en sus, émis le vœu d’un paiement au plus vite des arriérés des émoluments dus aux agents et des droits légaux, non sans dénoncer l’attitude du syndic judiciaire dont les propositions pour une liquidation judiciaire de la radio africaine sont qualifiées d’être aux antipodes des attentes des pouvoirs publics par le comité de privatisation.


PB

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